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Full text of "Lettre à Monsieur Crapelet, pour servir d'appendice au Discours sour les publications littéraires du moyen-age; et de réponse à sa brochure intitulée Villonie litteraire de l'abbé Prompsault, éditeur des oeuvres de Villon"

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LETTRE 

A MONSIEUR CRAPELET, 

CHEVALIER DE LA LÉGION-d'hONNEUR, MEMBRE DE LA 
SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE FRANCE;. 

POUR SERVIR D'APPENDICE 

Al 

DISCOURS SUR LES PUBLICATIONS LITTÉRAIRES 

DU MOYEN-AGE, 

ET DE RÉPONSE 

A SA BROCHURE INTITULEE : 

VILLONIE LITTÉRAIRE DE L'ABBÉ PROMPSAULT, 

ÉDITEUR DES OEUVRES DE VILLON. 



PARIS. 

ÉBRARD, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 

»UE DES MATHUBItfS-SAINT- JACQUES , N. 24. 



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quelques exemplaires ont été tirés sur grand-jésus 
vélin. 

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LETTRE 



A MONSIEUR CRAPELET, 

CHEVALIER DE LA LÉGION-d'hONNEOR , MEMBRE DE LA 
SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE FRANCE. 



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Monsieur, 



Vous dites(i) que « si aivec leplus léger sentiment 
» de bonne foi, j'eusse annoncé un errata de 2,000, 
))4>ooo, 6^000, 20,000 (2) corrections , proposées 



(i) Avertissement, p. 3. 

(2) M. Crapelet pense sans doute que le nombre 20,000 est 
exorbitant. Je suis oblige de lui dire , afin qu'il comprenne que 
c'est dansTintérét des lettres, et non parmalice, que j*ai publié 



G LETTRE A M. CRAPELET. 

» par moi , fondées ou non , on ne m'en auroit pas 
» blâmé , et que mon travail auroit été estimé de 
» tous comme une œuvre inspirée des lettres au 
» lieu d'être blâmé comme une œuvre de malveil- 
)) lance (i). » 

J'ai fait beaucoup mieux : j'ai annoncé avec la 
meilleure foi du monde que la majeure partie des 
incorrections renfermées dans mes errata apparte- 
noit aux manuscrits originaux ; je l'ai répété pour 
qu'on fût moins porté à l'oublier. Vous auriez dû 
le lire; car l'avertissenient qui précède les correc- 
tions faites sur Eustache-des-Champs, commence 
ainsi : (c Le manuscrit original de ces poésies est 
» rempli d'omissions et d'incorrections que Von ne 
» peut attribuer quà V ignorance du copiste. » Vous 
auriez dû le lire ; car je l'ai insinué dans mon Dis- 
cours sur la Littérature du Moyen-Age , et dans 



mon errata, que si j'avois fait l'examen de ses publications d'a- 
près sa méthode, le nombre de 20,000 auroit peut-être été at- 
teint. 

(i)Je me suis abstenu volontairement et par égard pour 
M. Crapelet de faire ressortir le ridicule qui, Dieu merci, ne 
manque pas dans son commentaire sur les Dictons. Je n'ai rien 
dit de ses notices; j*ai diminué, autant quejel'aipu, le nombre 
des réflexions qui pouvoient blesser son amour-propre; je n'ai pas 
voulu m'occuper de sa traduction si infidèle, ni de son ortho- 
graphe si variable, si inconstante, et en plusieurs endroits si peu 
conforme auscnslittéral. Esl-ce là îa conduite d'un maheillant? 



LETTRE A M. CRAPELET. T 

l'avertissement qui précède V errata du Ronian du 
Châtelain de Coucf, Vous l'avez lu ; car dans la 
note dont vous citez un extrait en terminant votre 
Villorûe littéraire, se trouvent les phrases suivantes: 
« Le manuscrit original (du roman du Châtelain de 
» Goucy) est chargé de fautes qui appartiennent 
» visiblement au copiste. Il renferme plusieurs la- 
» cunes. Deux chansons entières y ont été omises.» 

C'est donc par suite d'une méprise dont je suis 
tout à fait innocent , que j'ai eu le malheur de per- 
dre votre estime. Cette pensée me consoleroit de 
l'avoir occasionnée, si je ne me trouvois dans la pé- 
nible nécessité de vous dire des choses dictées non 
par la malveillance , je n'ai jamais connu ce vice- 
là , mais par la vérité , et la vérité n'est pas toujours 
agréable à celui dont elle blesse l'amour-propre. 

Les publications que j'ai examinées sont au nom- 
bre de onze, parmi lesquelles neuf m'ont paru 
avoir besoin d'un nombre plus ou moins grand de 
corrections que j'ai eu soin d'indiquer, et vous avez 
(Ut que ce volumineur errata nétoit au fond 
quune volumineuse imposture, et, pour le démon- 
trer y VOUS avez composé votre Viïlonie littéraire (i). 
Quelle sera l'issue d'une lutte où vous vous pré- 
sentez avec des armes qui ne peuvent pas vous s'er- 



(i) Avertissement, p. 3. 



8 LETTRE A M. CRAPELET. 

vir? le voici : D'abord les malhonnêtetés demeure- 
ront pour votre compte : cette monnoie est de mau- 
vais aloi ; personne n'en veut. Ensuite on désirera 
connoître les observations que j'ai faites sur chacun 
des ouvrages dont se compose la Collection des an- 
ciens Monuments de V Histoire et de la Langue 
françoise , et lorsqu'on verra que je reproche 
i®à V Histoire de la passion de Je sus- Christ, d'être 
orthographiée d'après un système qui n'est ni celui 
du temps où vivoit Maillard , ni celui qu'il convient 
de suivre actuellement (i), 2^ à l'éditeur des Céré- 
monies des gages de bataille , faits par Querelle , 
d'avoir mis fréquemment dans l'ordonnance attri- 
buée à saint Louis^ des i pour des y et des u pour 
des p (2), 5^ à l'éditeur de Partonopéus d'avoir suivi 
trois systèmes d'orthographe tout à fait diffé- 
rents (3) , on se dira : et M. Crapelet , si délicat 
sur l'article des majuscules, des virgules, des 
accents, des cédilles et des traits d'union , qu'a-t-il 
répondu? Rien. 

Lorsqu'on verra soit dans le Pas de la Bergè- 
re (4), soit dans Eustache-des-Champs (5), une 



(i) Discours sur les publications liuéraires ^ p. i52. 
(2)/^., p. 141. 
(3)/^., p. 70, 
(4) /^.,p.i07 
(5)//^., p. 86. 



LETTRE A M. CRAPELET. 9 

foule de notes qui établissent d'une manière évi- 
dente que vous neconnoissez ni lerhythmedesvers 
que vous avez fait imprimer, ni les règles de notre 
vieille poésie , on se dira: et M. Crapelet, qui se 
moque si ingénieusement de V homme à la m.esu- 
rc [{)', qui se croit obligé de le renvoyer aux leçons 
de M. Raynouard, M. Crapelet qu'a-t-il répondu? 
Rien. 

Lorsqu'on verra que 2 1 articles extraits du glos- 
saire AePartonopéus, et une multitude innombrable 
de notes éparses dans tous mes errata, prouvent que 
vous ne comprenez pas la langue romane, même lors- 
que vous en parlez avec le plus de complaisance (2;, 
puisque vous êtes exposé non seulement à confon- 
dre les unes avec les autres les différentes espèces 
de mots (5j, mais encore à prendre des coiffures 
d'homme pour des caparaçons de chevaux (4); des 
armures de cou de cheval pour des croupières (5); 
des chevaux pour des armes (6); des rézeaux pour 



(1) Voyez la Villonie littéraire, p. i3 et p. 21. 

(a) C'est ce dont on pourra s'assurer en comparant les notes 
que nous avons mises à la suite des Proverbes et dictons avec 
les fastidieux et ridicules commentaires dont M. Crapelet les a 
quelquefois accompagnés. 

(3) Voy. tous nos errata, mois plus particulièrement celui du 
Pas de la Bergère et du glossaire de Partonopcus. 

(4) P. 109. 

(5) P. 82. 

(6) P. 83. ^ 



i 



10 LETTRE A M. CRAPELET. 

des rois (i); la voix des poules pour le grattement 
de leurs pieds (2); le bruit que font les charrettes en 
roulant pour des culbutes (5), et à faire bon nom- 
bre d'autres méprises tout aussi humiliantes, on se 
dira avec surprise : et M. Crapelet , qui , lassé de 
donner lui-même des leçons à un outrecuidant et 
malencontreux éditeur, le renvoie si lestement au 
glossaire de du Gange ; M. Crapelet qu'a-t-il ré- 
pondu? Rien. 

Lorsqu'on verra que l'éditeur des Poésies 
d' Eustache-des-Chanips ne s'est point servi du 
manuscrit de Saint-Germain, quoiqu'il nous assure 
l'avoir lu très attentivement comme tous ceux qui 
ont passé par ses mains; que celui des Prof^erbes 
et dictons n'a découvert que quelques variations 
insignifiantes entre les deux manuscrits dont il se 
servoit , tandis qu'il en existe un si grand nombre 
et de si remarquables (4), on se dira : et M. Cra- 
pelet, cet éditeur laborieux , qui a consumé tant de 
veilles à nous préparer ses publications; qui a feuil- 
leté si souvent et si minutieusement les manuscrits 
qu'il avoit sous les yeux (5); M. Crapelet qu'a-t-il 
répondu ? Rien. 

(i) p:83. 
(2) p. 117. 

(3) Ib. 

(4) Yoyez notre Errata^ p. 1 16 et suiv. 

(5) C'est du moins ce que M. Crapelet dit dans ses préfaces. 



LETTRE A M. CRÂPELET. Il 

Lorsqu'on verra que l'éditeur du Combat de 
Trente est accusé d'avoir fréquemment substitué 
des s aux z qui sont dans le ms., et de n'avoir pas 
reproduit toutes ses abréviations, comme il étoit 
obligé de le faire (i); celui des Poésies d'Eustache- 
des-Champs de n'avoir tenu aucun compte des 
rubi-iques marginales qui accompagnent le Miroir 
du Mariage; celui de Partonopéus de n'avoir 
point recueilli des accents qui ont dans le manus- 
crit une valeur nécessaire (2), et « qu'il est si pré- 
» cieuxderetrouverdans notre vieille poésie, comme 
» principe grammatical (3), » suivant la réflexion, 
cette fois-ci fort judicieuse, de M. Crapelet; celui 
du Châtelain de Coucy , d'avoir substitué des 
chansons prises vraisemblablement dans quelque 



(i)V. noire errata, p. i45. M. Crapeleta voulu reproduire 
le texte du maDuscrît du Combat des Trente avec ses formes an- 
ciennes, ce qui nous a donne' lieu de faire remarquer que les ca- 
ractères gothiques dont il s'est servi n'avoient aucune ressem- 
blance avec récriture du manuscrit. 

(a) On retrouve ces accents dans les manuscrits les plus 
corrects et les mieux écrits de ce temps-là. Ils se plaçoient ou 
seuls, sur la voyelle dont on vouloit faire ressortir la pronon- 
ciation, ou deux à deux, un sur chacune des voyelles jointes en- 
semble dans récriture et qu'il falloit séparer dans la pronon- 
ciation. 

(3) Villon ie, p. 17. C'est en parlant d'une correction dont il 
n*a pas compris la nécessité, que M. Crnpelet émet ce principe 
lout à fait conforme à ce que nous «ivions déjà dit nous-mêmes 






12 LETTRE A M. CRAPELET. 

livre imprimé, à celles du manuscrit unique qu'il 
reproduisoit (i), on se dira: et M. Crapelet qui est 
si consciencieux , M. Crapelet qui professe pour la 
lettre du manuscrit un respect si louable , M. Cra- 
pelet, que les principes les plus raisonnables épou- 
vantent au point que sans vouloir se donner la peine 
de les examiner, il conseille à l'instant « de suivre 
» les principes autrement élaborés , raisonnes et 
» raisonnables de M. Raynouard , sur le choix des 
» textes et des variantes , quand il existe plusieurs 
» manuscrits d'un même ouvrage , et, quand il n*y 
» en a qu'un seul , d'avoir autant de scrupule pour 
» la lettre même que M. l'abbé Prompsault en mon- 
» tre peu (2) ; » M. Crapelet qu'a-t-il répondu ? 
Rien. 



(i) Errata^ p. 45 et suiv. 

(a) Ce n'est pas ma faute si M. Crapelet ne me comprend 
pas. Voici ce qu'il a lu dans le Discours sur les publications 
littéraires du mojen-age, p. 17: « Le moyen le plus simple et 
i> le plus sûr en même temps de rendre à un texte ainsi altéré, 
» corrompu, défiguré, sa véritable lecture, sa pureté originelle, 
» ce scroit, quand on peut le trouver dans plusieurs manuscrits, 
» de choisir celui qui paroîtle plus correct et de s'aider des au- 
» très pour reformer les vers ou les phrases défectueuses qu'il 
>» renferme. » Et p. 3o: a Que l'éditeur respecte donc le texte 
» du manuscrit qu'il fait imprimer. Ce respect , qu'il con- 
» viendra quelquefois d'étendre jusqu'aux phrases vicieuses, 
» jusqu'aux mots corrompus , ne peut cependant l'autoriser à 
» nous le donner avec ses abréviations, etc. » M. Crapelet a 
pris toutes mes réllexions en sens inverse , et comme il n'a pu 



LETTRE A M. CHAPELET. 12 

Mais enfin qu'a-t-il donc ixîpondu? Comment 
a-t-il donc ddmonti'ë que le volumineux errata 
de l'abbë Prompsault nétoit au fond quune volu-- 
mineuse imposture ? 

Ici je prendrai la parole et je dirai à mon tour : 
j*ai composé pour le Roman du Châtelain de Coucy- 
un errata de cent-soixante-onze articles, que j'ai fait 
précéder d'un avertissement et de cinq chansons qui 
manquent à l'édition de ce roman. M. Grapelet s'est 
aperçu vraisemblablement que mon avertissement 
avoit raison et que les chansons dont il étoit suivi, 
étoient réellement celles qu'il auroitdii imprimer; il 
a eu la prudence de ne pas en parler ; pour mon 
compte je lui en suis extrêmement reconnoissant.Mais 
il a vu, d'un autre côté, que je m'étois abstenu d'or- 
thographier les vers que je reproduisois loi*sque 
l'orthographe étoit inutile à mes corrections ( i ). lia 



errer que de bonne foiy'\\ en résulte qu'il m*a prêté des ridicutoâ 
dont je n*ai pas plus besoin que lui , sans me laisser le droit do 
lui en demander compte. Que pensez-vous de M. Crapelel ? 

(i) Reproduire rorthographc d'un vers que je ne citois qu*«- 
fiu de rendre plus facile à reconnoître le mot dont je si- 
gnalois Tincorrection, nVtoit pas et ne pouvoit pas tUrc un do 
▼oir pour moi. Je m'en suis généralement abstenu pour ne pas 
paroftre approuver en certains vers une orthographe vicieuse, 
etdont je ne vouloispas m'occuper. S*il se rencontre des ac- 
cents et des virgules, c'est donc ou un oubli de ma pari» ou une 
correction de l'imprimeur , ou une orthographe qui fait partie 
elle-même de la correction du vers. 



U LETTRE A M. CRAPELET. 

vu que l'imprimeur, malgré son zèle et ses soins , 
avoit laissé en quelques endroits des traces éviden- 
tes de son apprentissage. M. Crapelet s'est dit : 
bon ! voici mon affaire. A l'œuvre , mes amis ! 

11 a fait un relevé de vingt-huit articles. Il re- 
proche à quelques-uns des mots que j'ai cités d'a- 
voir des accents , aux autres de ne pas en avoir ; à 
celui-ci de s'être emparé d'une majuscule , à celui- 
là de ne pas avoir conservé la sienne ; à une phrase 
d'avoir trop de virgules , à une autre de ne pas en 
avoir suffisamment. Tout cela est entremêlé d'iro- 
nies très ingénieuses , de plaisanteries de fort bon 
goût, d'allusions aussi spirituelles que celle du 
titre même de sa brochure dont vous n'aperceviez 
peut-être pas toute la malice. Tel est à peu près 
le relevé exact des 'volumineuses impostures que 
M. Crapelet a découvertes dans un errata qui au- 
roit pu dépasser le nombre de deux mille fautes (i ), . 
auquel nous nous sommes arrêtés , parce qu'enfin il 
faut s'arrêter quelque part. 



(i) Afin que M, Crapelet ne regarde pas ceci comme une fan- 
faronnade, je prends les dix premiers vers du Roman du Châte- 
lain de Coucy : c'est peut-être ce qu'il y a de mieux rendu dans 
la version. On jugera du reste. 

Amours, qui est principaument 
Voie de vie honnestement, 
M'a donné vouloir de retraire 
Un conte de très noble afaire 



LETTRE A M. CRÂPELET. 15 

Entrons en règlement de compte avec lui , afin 
(le réduire ses réclamations à leur juste valeur. 

Sur les vingt-huit articles dont il a fait choix , il 
en est treize (i) dont les corrections me paroissent 
admises par lui , un peu de mauvaise grâce , il est 



Pour les araoureus esjoïr 
Qui le voudront lire et oïr. 
Mauves ne se poet acorder 
A ouïr bien dire ou compter ; 
Et puis que oïrs li desplait, 
Li faires bien pas ne li plaist. 

VERSION. 

Amour, qui fait le charme de la vie (i), m'a inspiré le désir 
de raconter une histoire dont le sujet est aussi noble qu intéres- 
sant (2). Elle doit plaire aux cœurs sensibles qui voudront la 
connaître (i) 'y mais ce n'est pas aux méchants que de semblables 
récits peuvent cont'enir (4), et comme ils répugnent à les (5) en- 
tendre, ils ne sont pas mieux disposés à bien agir (6). 

(i)Les voici par ordre et selon le n° du vers : 253. 283. 
528. 672. 919. 934. 1198. 1569. 1985. 2191. 3274. 3382. 
ao36. 



(1) Le poëte ne dit pas que l'amour fait le charme de la vie, mais que 
Tamoar est principalement le chemin qui conduit à la vie honnête, c'est-à- 
dire k la politesse. 

(9) Le mot intéressant n'est sans donte là que pour arrondir la période. 

(3) Il y a dans le poème lire et oïr, deux actions dilTérentes et opposées 
qui ne peuvent être rendues par un seul et même verbe. 

(4) Mauves est en contraste avec amoureus qui de son côté répond à 
ridée exprimée par les deux premiers vers. M. Crapelet s'en est-il aperçu? 

(5) Les deux derniers vers ont un sens plus absolu. 

(6) Je fais grftce de retraire, rendu par raconter ; de conte , rendu par 
histoire; de dire et compter, rendus par récit. 11 y a plus de 8,000 vers 
dans ce roman et M. Crapelet s'est attaché surtoutà les reproduire fidèlement 



10 LETTRE A M. GRAPELET. 

vrai , mais enfin elles sont admises (t) et les obser- 
vations de M. Crapelet ne portent que sur des chi- 
canes qu'il n'avoit pas le droit de me faire, même à 
titre de récrimination. Nous y reviendrons. 

Le nombre des articles où les corrections sont 
contestées se trouve donc par le fait réduit à quinze. 
Or dans ce nombre il y en a six (2) que M. Cra- 
pelet repousse avec une fierté toute romaine, parce 
qu'il croit savoir tout ce que je ne sais pas. Nous 
verrons. Mais auparavant je vous demande la per- 
mission de citer fidèlement ses paroles ici et partout 
où il sera nécessaire de les citer. Il a tronqué les 
miennes pour me rendre ridicule , je ne veux pas 
imiter un pareil exemple , ni me venger de cette 
perfidie autrement qu'en reproduisant exactement 
les siennes. 

« Il veut , à toute force (c'est M. Crapelet qui 
» parle), élider des syllabes qui ne comptent pas 
» dans la mesure , ou les compter quand elles doi- 
» vent disparoitre par la prononciation. » P. 3. 



(i) Si M. Crapelet n'avoit pas voulu composer une brochure 
à tout prix, il auroit prudemment laissé de côté les articles dont 
les corrections lui paroissoient admissibles : car toutes les fois 
qu'il en reconnoît une , il prouve qu'il a eu tort de ne pas la 
signaler, et met ainsi lui-même à sa charge ce que j'avois voulu 
qu'on pût laisser à celle du Ms. 

(2) Voici les n"' des vers auxquels ils se rapportent : 200. 
701. 1092. 1866. 3877. 4216. 



LETTRE A M. GRAPELET. 1T 

M II ignore apparemment que la syllabe muette c 
» du mot dame ne compte pas dans la mesure.Cette 
» correction se trouve par centaines dans Terrata 
)i de M. Prompsault. » P. 6. 

« U supprime le s du mot geulles, voulant un 
» moyen d'élision pour la syllabe le qui ne compte 
» pas dans la mesure, n P, ^, 

« \S homme à la mesure (l'expression est polie) 
» supprime ces deux syllabes, parce qu'il ne sait 
» pas que le mot comme ne compte que pour une 
» syllabe dans ce vers, ainsi que le mot pooir, qu'il 
» faut prononcer /?ozr(i). Je marche de surprise en 
» surprise dans le relevé de tant de béi^ues , et je 
» n'en dirai pas la vingtième partie! » P. i5. C'est 
M. Crapelet qui fait cette réflexion. 

(c Encore une fois, et cent fois de suite , je vous 
» dirai que \e muet de dite ne compte pas dans 
» la mesure, parce qu'il ne se prononce pas, à 
.f» raison de la place que ce mot occupe dans le 
,^ij vers. » P. 17 (2). Yfio:) P.^8 inr^rnoi^i 

;l t>iip -n\u?.a^ mo « iï (iDiljriu ; 

(i) Non en vérité je ne savois pas que le verbe pooir à Tin fr 
nitiffûtun monosyllabe et dût se prononcer y»ofV. Lors(pie vous 
nous aurez montré cela parties preuves irrécusables, je vous 
dirai combien de corrections il faudra ajouter aux 2,000 de mon 
errata. 

(2) Ceci n*est pas exact, et M. Crapelet auroit dû s'aperce- 
oir lui-même que dans le vers mcinc qu'il cite 



i.S LETTRE A M. CRÂPELET. 

(( Plus j^avance dans ce fastidieux contrôle, plus 
» j'éprouve de dégoût pour la nullité des correc- 
» tions de M. Prompsault ; je regretterois le tenps 
» que je prends à les réfuter , si la cause de tous 
» les éditeurs ne me sembloit y être engagée. Ju- 
» gez, lecteur, s'il ne faut pas être aveugle, lorsque 
» le même exemple se représente tant de fois dans 
» un texte, pour ne pas s'apercevoir que la syllabe 
» muette au milieu du vers n'est pas comptée par 
» le poëte! Supprimez de, dit encore M. l'abbé, 
» et je dis encore au lecteur : Laissez de ; ne 
» prononcez pas Ve de chiere en scandant le 
» vers , et vous trouverez la mesure parfaite, » 
P. 19(1). 

De tout ce que vous venez d'entendre on peut , 
si je ne me trompe^ conclure deux choses : M. Cra- 
pelet a cru d'abord que la prononciation des ter- 
minaisons féminines dans les vers étoit facultative , 
erreur singulière dont il seroit difficile d'indiquer 
la source ; réformant ses convictions sans nous dire 
pourquoi , il a cru ensuite que la terminaison 



Quant ot dite ceste chançon cy 

si la dernière syllabe de dite est prise pour le milieu du vers, 
la seconde parlie aura une syllabe de trop. 

(i) Que dites-vous de celte dernière réflexion ? n'est-elle pas 
judicieuse? En vérité M. Crapelet est un homme rare. 



LETTRE A M. CKAPELET. 19 

féminine ne se perdoit qu'au milieu du vers, sen- 
timent qu'il appuie au reste d'exemples parfaite- 
ment choisis (i). 

La première de ces opinions est absurde , la 
seconde n'est pas vraie. 

L'habitude où Ton a toujours été de ne pas comp- 
ter la chute féminine dans la mesure des vers fran- 
çois , avoit donné lieu de penser qu'on pouvoit en 
agir de même au premier hémistiche des vers à 
césure, c est-à-dire des vers de dix ou de douze syl- 
labes. 

Ces sortes de vers^ qu'on auroit pu appeler vers à 
césure féminine , étoient très communs ou pour 
mieux dire se rencontroient dans tous les poèmes 
alexandrins, à commencer par celui à'Jlixandres, 
Ils se sont conservés dans notre poésie jusqu'au 
commencement du xvi« siècle où l'harmonie, plus 
forte que les règles , ne les toléra bientôt plus (2). 

Si M. Crapelet avoit pu se douter qu'il y avoit 



(i)En voici un: 

Si les erwoie par trestotcs ses marées. 

Selon lui la dei-nière syllalje de envoie ne doit pas être pro- 
noncée, parce qu'elle est au milieu du vers. 

(2) Gratian Dupont vouloit que cet usage fût conservé pour 
rendre la composition des vers plus facile. 



20 LETTRE A M. CHAPELET. 

dans sa collection un poëme tout entier (i), écrit 
d'après ce système, il se seroit évité la peine de 
chercher des exemples au loin , et il auroit vu en 
même temps que je n'avois pas l'habitude de cor- 
riger les hémistiches à chute féminine , d'où il au- 
roit pu conclure que je procédois avec méthode 
et non pas au hasard. 

Pour ce qui est des vers sans césure tels que ceux 
de huit syllabes et au-dessous , il n'a jamais été 
permis d'y souffrir des syllabes surnuméraires. 
M. Crapelet doit avoir dans sa bibliothèque les 
Poésies de Marie de France, le Roman de la 
Rose , le Roman du Renard , les Fabliaux de 
Barhazan; qu'il se donne la peine de les lire at- 
tentù>ement, qu'il consulte, s'il le veut, cette longue 
série de poèmes manuscrits en vers de six ou de 
huit syllabes, et qu'il nous montre des syllabes sur- 
numéraires qui ne doivent pas être attribuées à 
l'ignorance ou à la négligence du copiste (2), s'il 
tient à honneur de prouver que je ne suis pas en 
droit de lui renvoyer une partie des choses honnê- 
tes qu'il a bien voulu m'adresser. 



( 1) Le combat des trente Bretons contre trente Angloîs. 

(2) Les syllabes surnuméraires se rencontrent abondamment 
dans les poésies imprimées de Coquillart et dans celles de 
Guillaume Guiart. Mais dans Tun comme dans l'autre de ces 
recueils, elles appartiennent évidemment à ceux qui les ont 
copiés. 



LETTRE A M. CRAPELET. 21 

En attendant, nous croyons devoir maintenir 
nos corrections ; ce qui réduit la volumineuse im- 
posture , dont M. Crapeletnousmenaçoit , aux neuf 
articles que nous allons discuter. 

1°. V. 6i^.(( Il y a dans le ms. que (avec abré- 
» viation), et non que en. » Je persiste à dire qu'il y a 
que en dans le ms, ; parce que c'est ainsi que Ta- 
bréviation doit être lue. En supposant que le 
copiste auroit voulu écrire quen , il n'en faudroit 
pas moins lire que en pour retrouver la mesure 
du vers ; ainsi notre correction demeure. 

2°. V. 619. « Il y a dans le ms. consail, qui rime 
» suffisamment avec le mot merveil du vers précé- 
» dent.» 

Il ne s'agit pas de savoir ce qu'il y a dans le ms. 
Je dis que cette rime est peut-être la seule de ce gen- 
re dans un poème de plus de 8,000 vers. Le poëte, ou, 
pour parler plus exactement, le copiste n'étoit donc 
pas de ceux qui confondoient l'a et \e dans la pro- 
nonciation. 

D'un autre côté , consail est une dérivation vi- 
cieuse de consilium , et se trouve ailleurs convena- 
blement orthographié. Que faut-il de plus pour 
donner lieu de croire qu'il y a ici une faute de copiste? 

5°. V. 1 165. «M. \ ^\hédi -s ov\\x faire parade d'un 
» savoir qu'Une sait pas (i), et placer son mesire 

( I )Expressioii pillorcsquc. M.Crapelet ay.nnl voulu, p. G, cor- 



2â LETTRE A M. CRAPELET. 

» dans le vers, ce qui lui fait supprimer, pour la me- 
» sure (car il est très fort sur la mesure M.rabbé),(i) 
)) l'article de devant le nom Losengnon , contraire" 
» ment au ttz^. , contrairement à la qualité du per- 
» sonnage dont il est question dans le poëme , con- 
y) trairement au soin de l'auteur de ne pas omettre le 
» de qualificatif devant les surnoms des chevaliers. 
» C'est ainsi que M. Prompsault a altéré et dénaturé 
» tant de vers ('2) dans ses prétendues corrections. 
» Ce qu'il ne sait apparemment pas , c'est que mes 
)) signilioit seul mesire , sans qu'il fût nécessaire 
» d'écrire ou de prononcer le mot entier. » 

En voilà-t-il de l'érudition ! Ce que je sais moi, 
c'est que le poëte écrit habituellement mesire et 
non pas mes. 

C'est qu'alors le nom du Ueu étoit un qualificatif 



riger une expression dont il ne sentoit pas la valeur, je me crois 
obligé, pour ne pas être en demeure de procédés vis-à-vis de lui, 
de signaler au lecteur comme phrases modèles, celle-ci, celle qiii 
compose la première note de TAvertiss., p. i; la seconde de la 
p. II, et l'article entier que je citerai littéralement avant de 
finir ma lettre. 

(i) Preuve de plus qu'il y a compensation en tout, dans ce- 
monde. — Communiquer à M. Azaïs. 

(2) Puisque j'ai dénaturé tant de vers, M. Crapelet n'auroit- 
,*l pas dû, dans l'intérêt de ses publications, augmenter le nombre 

de ces impostures ? 



LETTRE A M. CRAPELET. 25 

auquel on attachoit moins d'importance que 
M. Crapelet ne paroît le croire (i). 

C'est que Fauteur n a pas toujours eu le soin de 
mettre le de entre le nom propre et le nom qualifica- 
tif; car on lit au vers 1042 : 

Dame Fayel : alon m*ent, 

M. Crapelet aura lu ce vers, je présume; il connoît 
sans doute aussi le Combat des Trente^ où le poète 
se dispense assez souvent de mettre le de , quand il 
seroit de trop dans la mesure, quoiqu'il ait comme 
M. Crapelet l'habitude de ne pas se montrer extrê- 
mement ybrf sur cet article. 

D après cela , le vers étant défectueux , et M. Cra- 
pelet ayant dans ses préoccupations doctorales oublié 



(i) Sans en chercher les preuves bien loin, M. Crapelet auroil 
pu lire dans son roman : 

Ne à Gautier t ne à Renaut. V. 1 349» 

Voilà deux personnages de qualité assez bourgeoisement dé- 
signés. Et plus bas : ^ 

Ou cilz de Chaufegni ^\so\\, V. ao47. 

Celui de Chauvigni pour le sire de Chauvigni î ce n%.st pas tenir 
scnipuleusemcnln la qualification de ses héros. 



24 LETTRE A M. CRAPELET. 

de nous proposer une lecture correcte, il faut main- 
tenir la mienne jusqu'à nouvel ordre. 

4«.V. i465. (f Prenez garde, M. l'abbé, vous 
» avez déjà fait bien des faux pas dans votre car- 
» riére littéraire (i), sans compter celui-ci. Vous 
» avez besoin de lumière; prenez du Cange aux mots 
» pennones, pannus et passas , et vous marcherez 
» un peu plus droit, s'il vous est possible. » 

Que c'est agréablement tourné ! Je n'ai pas l'ha- 
bitude , comme M. Crapelet , dont le savoir est si 
étendu , de puiser mes réflexions dans du Cange. 
Au reste du Cange ne peut pas avoir enseigné que 
pennones , pannus et passus fussent trois mots 
synonymes. Il s'agit dans le vers reformé d'une 
joute. Il y en a voit une en effet qui se nommoit 
pas d'armes ou pas , dans laquelle il paroît que 
le soutenant simuloit la défense d'un passage que 
X assaillant vouloit forcer. Il faut donc conserver ma 
correction et laisser les bannières, les pannes , les 
pennons et les pennonceaux pour le compte de 
M. Crapelet qui en a fait la découverte. 

4". V. 1475. « La virgule qu'il ajoute, fait assez 
» voir qu'il n'entend pas le sens du vers. » 

En effet je ne l'ai pas entendu. Voici le passage 
en entier tel que le donne M. Crapelet : 

(1) Ma carrière littéraire ne date que de i832, époque où j'ai 
publié Villon. M. Crapelet m'auroit obligé s'il avoit bien voulu 
signaler les faux pas que j'ai faits. 



LETTRE A M. CRAPELET. 25 

De ce ÉDmient s*aastissoient (i) 

De lendemain tel chose ftiire 

Vorroient qu'après bien retraire 

Pora on puis en festoiier; 

Et puis quant fit poins de couchier, 

A Fèrc refont grande joie ,. jà 

Que je ne quic que mais nulz voie ^ 

Nulle feste mins ordence, 

Ne si noblement démenée. niètn 

Il est bien permis de broncher quand on marche, 
même avec précaution , dans un pareil casse-cou. 

Cette phrase si extraordinaire est ainsi rendue 
dans la yersion Jidèle de M. Crapelet : 

(( Ces éloges excitent l'émulation de ceux qui ne 
» se sont pas encore mesurés dans le tournoi^ et 
» ils se promettent bien de fournir le lendemain 
M le même sujet de fête et de satisfaction (2). La 
M joie n*est pas moins grande à la Fère, où a été dis- 
» posée une fête magnifique et parfaitement ordon- 
» née. » 

Une lecture moins confiante nous auroit laissé 
apercevoir une lacune entre le vers 1472 et le 

(1) Ceux qui étoient à Venducl. 

(2) Il est bien prouvé par le peu de rapport qu'il y a entre la 
version et l'orthographe du texte, ici et ailleurs, que l'un et 
l'autre ne sont pas le travail de la même personne. Cette réflexion 
que nous avons eu souvent occasion de faire, nous avoit donné 
lieu de penser que M. Crapelet n'étoitque l'éditeur responsable 
des publications qui composent la Collection des monuments an- 
ciens de l'histoire et de la langue francoise. 



26 LETTRE A M. CRAPELET. 

vers 1473 qui n'ont ensemble rien de commun. 
L'un appartient au paragraphe où il est rendu 
compte de ce qui se passe à J^enduel, et commence 
une phrase dont le reste a été omis. L'autre doit 
être le premier d^un paragraphe tout nouveau où il 
est rendu compte, en termes différents, mais dans le 
même ordre, de ce qui se passoit en même temps 
à La Fére. 

Ce n'est donc pas le mot refont qu'il convient 
de corriger, c'est la ponctuation et la distribution 
de ces vers compris mal à propos dans une seule et 
même phrase par l'éditeur. 

6^ V. 2ii5. (( Il n'est pas plus question de valet 
» que de trompette blessé à la jambe.... Comment 
» peut-on se permettre d'énoncer si hardiment une 
» interprétation dénuée de la plus légère apparence 
» de sens et de vérité ? Il faut être M. Prompsault 
» pour offrir aux lecteurs dépareilles inventions.» 

Calmez-vous, M. Crapelet: tout en ira mieux. Le 
mot val ou valet avoit alors une signification un 
peu différente de celle qu'il a aujourd'hui. Il étoit 
synonyme de bachelier , de jeune seigneur, de sei- 
gneur sous la dépendance d'un autre , de cadet de 
famille. Le petit Jehan de Saintré, p. 2, c. 1 ; les 
Fabliaux de Barbazan, édit. de Méon, t. 5, p. 59 ; 
le Trésor des chartes, ordonnance de Philippe-le- 
Bel , décembre 1 507, vous fourniront «\ ce sujet 



LETTRE A M. GRAPELET. 27 

quelques-uns des renseignements que vous pourriez 
désirer. 

y**. V. 5o66. a Manois veut dire à Vinstant, de 
» même que desmanois.» 

Je le sais. Cela n'empêche pas qu'il ne faille lire 
ou (les-manoisy ou mieux encore desmanois, ainsi 
que vous le faites ordinairement, 

8*. V. 558g. « Éditeur /é/èZe avant tout, je me 
» garderai bien de changer une rime que donne 
» un manuscrit unique , quand je connois les li- 
» hertés que prenoient , à cet égard , nos trouvè- 
» res^ quand je sais que cette façon de rimer est 
» usitée dans leurs poëmes, et qu'elle est de celles 
» que Ton range parmi les assonances féminines, 
» telles que ces deux vers du Roman d'Ogier le 
» Danois : 

Il fist escrire el ses briès et ses chartes. 
Si les envoie partrestotes ses marées. 

M Voilà ce que ne sa voit assurément ^às M. Promp- 
» sault aidant de Va^^oir lu ici. » 

Le verbe sembacte qui rime ici avec le verbe 
sache , rime plus bas avec le même mot , et là au 
lieu A'embacte il y a embache , ce qui m'a donné 
lieu de dire non pas qu'il falloit lire embache, 
mais que « la rime demanderoit cette lecture, con- 
» formément aux vers 6o34 et 6o55. » 

La rime par r^^^nnnnr^ or, »-'ipr»r>fr'^ fnAR rovo_ 



28 LETTRE A M. GRAPELET. 

ment dans les poètes qui mëritoient alors quelque 
considération. On l'appeloit rime rurale ou rime 
de goret , ou rime de boute-chouque. 

Voici comment en parlent nos plus anciennes 
poétiques : « De rigme en goret et plusieurs autres 
» menues tailles ne font les rhétoriciens quelque 
» estime, pour ce qu'elles sont vicieuses et condem.- 
» nables. Mais qui voult practiquer la science 
» choisisse plaisans équivoques, termes léonismes , 
» et laisse les hergières des champs user de leur 
» rhétorique rurale. » ( Croy.) 

i( Une autre fort basse rithme , que l'on appelle 
» rithme de goret ou de boutechouque , qui garde 
» mesure en syllabes , mais en la rithme a peu ou 
» point de convenance , laquelle n'est approuvée 
» que entre ruraulx et ignorons qui en font les 
» dicts pour aller à la moustarde. » (F abri ^ 

9". V. 6492. « Il prétend qu'on lit ce vers 6492 
» comme suit dans le ms, : 

Et si me nioustrés grant amour. 

» Mais son inconcevable étourderie , aussi inexcu- 
>i sable ici qu'un mensonge , saute aux yeux. » 

M. Crapelet ! et les Chansons du Châtelain de 
Coucy , et vos Dictons ! Ne crions pas si fort , 
on pourroit nous entendre. Vous déclarez que ce 
vers n'est pas dans le manuscrit. Je vous crois sur 



LETTRE A M. CRAPELET. 29 

parole ; mais ce vers est imparfait. Après avoir écrit 
d'avance dans mes notes sa correction présu- 
mée (i), il me sera arrivé de le confondre avec l 
suivant en faisant la vérification sur le manuscrit. 
C'est une confusion dont je me reconnois coupa- 
ble. Mais cela empêchera-t-il qu'il ne manque un 
pied au vers du poème ? 

Moult me moustrés grant amour. 

Cela vous excusera-t-il de ne pas en avoir fait la re- 
marque vous-même? 

Ici se termine la longue série des méfaits litté- 
raires qui resteront à ma charge , comme on le 
présume bien. Passons aux méfaits typographi- 
ques (2) : ceux-là devroient rester, du moins en par- 
tie , à la charge de l'imprimeur. M. Crapelet ne le 



(1) M. Crapelet s'est imagine que j'avois malicieusement pris 
«es publications Tune après l'autre et que jejm'étois donné la 
peine de les coUationner vers pour vers avec leurs Ms. Ce tra. 
vail, j'aurois pu le faire. Il en seroit résulté un bien plus grand 
nombre de rectifications, et de celles précisément dont le blâme 
auroit pesé directement sur l'éditeur, ainsi que le prouvent mes 
notes sur les Dictons; mais je ne Tai pas fait, et cela pour deux 
raisons: la première, parce quejen'avois pas le dessein de prendre 
M. Crapelet à partie; la seconde, parce que mes occupations ne 
me le permettoient pas. J'ai donc lu dans mon cabinet chacun 
de» ouvrages de sa Collection, et c'est là que j'ai recueilli mes 
notes, lesquelles j'ai collationnées ensuite avec les Ms. 

(2)ViUonie, p. 2. 



50 LETTRE A M. CRAPELET. 

veut pas. Je lui dirois que j'ai pu , à tort ou à rai- 
son , me dispenser de reproduire une orthographe 
que je croyois défectueuse et dont je ne voulois pas 
m'occuper; que les vers où se trouvent les mots 
dont j'ai indiqué la correction comme nécessaire, 
n'ont rien de commun avec mes corrections elles- 
mêmes ; qu'il change volontairement et sciemment 
le terrain , afin de me mettre sous un feu que je ne 
suis pas obligé de subir ; que d'ailleurs plusieurs de 
ces prétendues altérations ne sont autre chose que 
des corrections dont il ne s'est pas aperçu (i), 
M. Crapelet ne voudroit pas m'écouter. Pour en 
avoir plus tôt fini avec lui, j'accepte ses conditions 
telles qu'il me les offre; si elles sont dures, tant pis 
pour lui. Parlez , M. Crapelet. 

« Ceci est un exemple de la plus notable incurie 
» qui se soit jamais rencontrée dans un livre , ou 
» de la plus insigne mam^aise foi de son auteur, 
» Qu'il vous plaise, outrecuidant et malencontreux 
» éditeur, d'altérer, changer, dénaturer, falsifier 
» même le texte d'un manuscrit (2) , à vous la 
» peine, à vous le blâme ! Mais le texte imprimé, que 
» vous rapportez pour l'amender, seroit-il aussi infor- 
>) me qu'il soit possible de l'imaginer, doit être sacré 



(1) Entr'autres celles de manière , p. 2.; de empéechic, p. 4; de 
mèsy p. 8, etc. 

(2) Je me suis permis de souligner les mots sur lesquels je 
voulois que rattention du lecteur se portât de préférence. 



. LETTRE A M. CR APELET. Si 

» pour vous , pour tous ; et en le reproduisant pour 
>; l'accusation, vous n'avez pas le droit d'y changer 
» une seule lettre , une seule ponctuation , un seul 
» accent; caries accents ont de la valeur lorsqu'on 
» les applique aux mots du vieux François , et vous 
» vous en êtes fait plusieurs fois une arme contre 
» mon texte , selon votre besoin ! 

» Quoique je sois plus disposé que personne peut- 
» être à faire une large part d'indulgence aux fautes 
» typographiques , il m'est impossible d'attribuer à 
» l'imprimeur, dans cette circonstance, les fautes 
» nombreuses qui se trouvent dans les vers rapportés 
I) par l'abbé Prompsault. C'est dans une impression 
M de cette nature que toute la responsabilité typogra- 
M phique pèse sur l'éditeur, qui doit avoir sous les 
» yeux le texte qu'il cite^ le suivre lettre à lettre, aBn 
» de donner à ses citations la correction la plus ri- 
» goureuse. Eh ! quel degré de confiance accordera' 
» tron jamais aux publications futures de M, V abbé, 
» reconnu incapable ( si ce n'est que de Vincapa- 
» cité^ de lire et corriger une épreuve , même d'a- 
w prés un texte imprimé ? » 

Quelle sévérité, M. Crapelet î Mais peu importe ; 
j'ai promis d'accepter vos conditions , je ne recu- 
lerai pas. Veuillez bien m'écouter à présent. 

Sur cent -soixante-quatorze vers qui sont cités 
dans mon errata , vous signalez trente-sept incor- 
rections dont quatorze ont dû vous paroître des 



32 LETTRE A M. CHAPELET. 

fautes d'impression, neuf accents omis ou déplacés, 
six virgules, autant de majuscules, une cédille et un 
trait d'union. C'est environ une incorrection sur 
cinq vers. Je conviens que c'est beaucoup, mais enfin 
je ne m'attendois pas à cette guerre ; ma profes- 
sion n'est pas celle à' imprimeur, et les presses 
dont on s'est servi ne pouvoient pas être indéfini- 
ment à ma disposition. 

Vous , Monsieur, vous avez cité de mon Errata 
ou de mon Discours trente-trois vers , cinq lignes 
et un certain nombre de notes très courtes repré- 
sentées par vingt -neuf lignes, soit, en tout, 
soixante-sept lignes sur lesquelles j'ai rencontré 
une faute de ponctuation et vingt - quatre mots 
entiers infidèlement reproduits (i) ; or, d'après vo- 
tre méthode , ces vingt-quatre mots forment un 
total de quatre-vingt-quinze incorrections , sans 
parler des fautes typographiques qui sont en dehors 
de vos citations (2). 



(1) Envoie! le relevé: Geoffroi, p. 8. Heaumes, p. 10. Suy, p. 
18. S'embate, p. 20. Sires s*en, p. 21. Li sires revint, p. ai. 
Revint li sires en sa maison, p. 22. Mille, ib. Des intentions de 
Téditeur du roman du châtelain de Coucy, p. 23. 

(2) Je préviens qu'il en est des fautes suivantes comme des 
incorrections dont se compose mon errata. Je ne les ai point 
cherchées ; elles se sont présentées d'elles-mêmes, ce qui donne 
lieu de présumer qu'une attention plus sévère pourroit en si- 
gnaler d'autres. Avertissement, p. 1. « p. ^9 de son édition «li- 
sez : 349; ib.j p. 4- " T)]i/ils et du saint esnerit. » L'«;p7 • ^'^- ■ 



LETTRE A M. CRAPELET. 33 

Ainsi, monsieur, le rapport entre vous et mon im- 
primeur est de 2 à 7(1), à peu de chose prés; entre 
nous deux, il reste le même qu'il étoit auparavant; 
c'est dire que vous possédez, sur la langue des trou- 
vères, sur leur poésie et sur la littérature du moyen- 
âge, des connoissances bien différentes de celles 
que j'ai péniblement acquises, cependant je n'en 
suis pas jaloux. 

Il ne m'est pas possible de terminer cette lettre , 
quelque longue qu'elle soit, sans vous remercier de 
l'attention obligeante que vous avez eue d'annoncer 
mon édition des œuvres de Villon. ,> 

Elle est, je le sais fort bien, précédée d'un long 
mémoire et surchargée de notes et de variantes , 
choses qui ne doivent pas être de votre goût. Vous 
avez lu tout cela! quelle complaisance! N'avez- vous 
pas trouvé que je vous avois fait par avance la par- 
lie extrêmement belle? Pourquoi ne l'avez-vous pas 



Villonie, p. 12, « brochure de i5o pages. » Lisez: i55; p. 19. 
M ^t\e fidèle Prompsault r.ipporte, etc.»M.Crapeletseul peut 
nous donner la correction de cette phrase que ses garçons d'im- 
primerie ont rendue plus malhonnête que les autres. 

(l) M. Crapelet est tout à la fois imprimeur et paléographe. 
Il y a huit ou dix ans qu'il imprime des ouvrages de celte na- 
ture, tandis que le mien est le premier, je crois , qui soit sorti 
des presses deM.Moquet.il n'y a à proprement parler que cinq 
ou six fautes typographiques qui résisteraient à une discussion 
sérieuse, même en adoptant les principes si sévères de 
M. Crapelet. 

5 



U LETTRE A M. CRAPELET. 

acceptée? Vous vous raviserez peut-être. En ce cas 
ayez soin, je vous prie, i" de ne pas me confondre 
avec mon imprimeur, car il me paroît que ma res- 
ponsabilité finit là où la sienne commence ; 2° de 
ne pas m'attribuer plus d'honneur que je n'en mé- 
rite (i); 5° de choisir vos armes (2) avec plus de dis- 
cernement que vous ne l'avez fait, et de bien mesu- 



(1) Il ne me souvient pas d'avoir jamais expliqué le jargon 
de Villon. Si j'ai allongé ou raccourci des vers, c'est en corri- 
geant le texte de Marot par celui des manuscrits dont il n'avoit 
pas soupçonné Texistence. ( F'oyez œuv. de Villon, p. 58 et 
p. 349.) 

(2) M. Crapelet, toujours malheureux dans le choix de ses ré- 
criminations, cite les vers suivants de mon édition de Villon : 

Au nom du père, 

Du fils et du saint-esperit, 

Et de la glorieuse mère 

Par qui, grâce, riens ne périt. 

J'ai commenté ainsi le dernier de ces vers : «< Qui ne permet 
» pas, ce dont nous devons la remercier, que le pécheur pé- 
» risse. » 1\ appeWe cela une interprétation lourde et inexacte, et 
il lui substitue celle-ci : Par la grâce de laquelle nul ne périt. 

M. Crapelet a sans doute oublié son catéchisme, et il pense 
que Villon, escollier de la Sorbonne, ne se le rappeloit pas mieux 
que lui. Marie n'est ni la source, ni la dispensatrice de la grâce. 
Penser et dire le contraire est une hérésie, ou en d'autres termes, 
une absurdité en matière de religion. Si je voulois traduire litté- 
ralement le vers que j'ai paraphrasé, je dirois: « Par qui, heu- 
» reusement, rien ne périt. » Soit ironie, soit piété, ce vers ex- 
prime la croyance du siècle et celle de la religion. 



LETTRE A M. CRAPELET. 35 

rer vos coups : à ces conditions je serai toujours 
là pour vous répondre. 

J*ai l'honneur d'être, 

Monsieur , 

Votre serviteur très-humble 
et très-respectueux, 

L'abbé J.-H.-R. PROMPSAULT. 

Paris, le 5 septembre i835 (i ). 



(i) Je n'ai connu la f^Ulonie littéraire de M. Grapelet que le 
35 du mois d'août. Mes occupations ne m'ont pas laissé la liberté 
de lui répondre avant le 3 septembre. 



DISCOURS 



stn 



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4 

DISCOURS 

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D'UN ERRATA 

coMrnniAHT r%is db^^OOO correciions ou rictifications a faire 

ftAWS LA COIXCCTIOII OR« «OWUIIUITS DB I.*HISTOIRK RT DR LA LITTÉRA- 
VVRB rRAHÇOISR POBLléE PAR CRAPILKT; 

PAR L'ABBÉ 

J.-H.-R. PROMPSAULT. 

Tire À au plut petit noaibrr d'ciemplairei que la colieciion de M. Crapeict. 






PARIS, 

ÉBRARD, LIBRAIREÉDITEUR, 

BUe DES MATHURINS-ST. -JACQUES, 24. 

SYLVESTRE, RUE DES BONS-ENFANTS, 30. 



105^. 



IM1>R1MERIE DE MOQUET ET Ce., rue de la Harpe, 90. 



DISCOURS 



SUR 



LES PUBLICATIONS LITTÉRAIRES 

DU MOYEN -AGE. 



»«>«^a04 



Personne n'applaudit, avec une reconnoissance 
plus sincère que la mienne, au zèle des hommes la- 
borieux qui ont le courage de dévorer la poussière 
des manuscrits où sont ensevelis les restes de no- 
tre vieille littérature, afin d'exhumer , en quelque 
sorte, ce qui mérite d'être connu et de nous en pro- 
curer la jouissance. Je sais qu'un pareil dévoue- 
ment, lors même qu'il n'auroit pas un résuUat 
aussi satisfaisant qu'on pourroitle désirer, mérite des 
éloges et des encouragements. Je le déclare ici, afin 
que le lecteur , sachant d'avance dans quel esprit 
sont faites les réflexions qui vont suivre , ne me 
prête pas des sentiments qui sont tout-à-fait en de- 
hors de mes habitudes. 



2 SUR LES PUBLICATIONS LITTÉRAIRES 

J'estime en particulier et je respecte tous ceux 
qui se livrent à des recherches paléographiques. 
Dans le nombre il en est plusieurs que je recon- 
nois volontiers pour mes maîtres. Je crois qu'ils sont 
tous animés du désir de se rendre utiles , et je leur 
suppose à tous assez d'érudition, de patience et de 
goût pour le réaliser. Mais il pourroit se rencon- 
trer que des jeunes gens , avides de célébrité , se 
jetassent inconsidérément dans la carrière, fissent de 
vains efforts pour arriver au but, et ne parvinssent, 
après des essais infructueux, qu'à embarrasser ceux 
qui voudroient courir avec eux ; c'est pour ceux-là 
que j'écris. 

Ayant besoin de justifier mes réflexions par des 
(exemples, et ne voulant nuire à aucune des entre- 
prises qui se poursuivent, en ce moment, avec 
beaucoup d'activité, je me suis vu dans la néces- 
sité de révéler quelques-uns des défauts que j'ai 
aperçus dans les ouvrages de ceux qui ne travail- 
lent plus, et en particulier dans la Collection des 
anciens monuments de l'histoire et de la langue 
françoise, tout récemment terminée. 

M. Crapelet lui-même ne peut pas me savoir 
mauvais gré d'avoir lu trop attentivement un recueil 
qui , sous le rapport typographique, ne laisse rien 
à désirer. S'il arrivoit que trop sensible au désagré- 
ment de me voir signaler des défectuosités là où il 
lui étoit cependant bien permis de ne pas en soup- 
il se crût obligé d'ouvrir la bouche et de 



DU MOYEN -AGE. 5 

me maudire ; pour toute réponse , je le prierois de 
vouloir bien consulter le volumineux eirata dont ce 
discours est accompagne. Il verra sans peine que 
j'aurois pu dire des choses plus désobligeantes, et il 
me saura gré d'avoir fait, en ami, la critique d'une 
entreprise dont il n'aura peut-être pas voulu décli- 
ner la responsabilité, et qui, malgré ses défauts, lui 
a bien certainement acquis des droits à la reconnois- 
sance de tous les gens de lettres. 

Parmi les réflexions qui m'ont été suggérées par 
la lecture des manuscrits et des différentes publica- 
tions que j'ai été dans le cas de lire ou de con- 
sulter, il en est qui regardent plus particulière- 
ment le paléographe éditeur; j'ai cru devoir les 
réunir , et, comme elles sont de nature à faire 
connoître les qualités qu'il est indispensable d'ac- 
quérir lorsqu'on veut lire correctement les manus- 
crits françois, j'en ai formé la première partie de 
ce discours. Je m'occuperai, dans la seconde, des pu- 
blications elles-mêmes qui , pour être utiles au pu- 
blic, ont besoin d'être faites avec discernement et 
accompagnées de quelques éclaircissements devenus 
indispensables de nos jours. 



SUR LES PUBLICATIONS LITTERAIRES 



PREMIÈRE PARTIE 



Un paléographe ne doit se rendre éditeur d'un ou- 
vrage françois^ composé et écrit au moyen-âge, qu'au- 
tant qu'il est en état de lire avec intelligence les ma- 
nuscrits qui nous l'ont conservé; car il faut qu'il soit 
en état ou de préparer lui-même son travail , ou de 
s'assurer, par ses propres yeux , qu'il a été préparé 
d'une manière convenable par ceux à qui il l'avoit 
confié : faute de quoi, il s'exposera inévitablement 
aux risques d'être accusé d'ignorance et convaincu 
d'infidélité (i;. Ceux qui n'ont des manuscrits 
qu'une connoissance superficielle croiront peut-être 
que je demande peu de chose : ils auront tort. 



(i) C'est à quoi se sont déjà exposés plusieurs éditeurs et 
cutre autres celui du roman du châtelain de Coiicy et de la 
dame du Fayel. Le manuscrit original est chargé de fautes qui 
appartiennent visiblement au copiste. Il renferme plusieurs la- 
cunes. Deux chansons entières y ont été omises. L'éditeur ne 
s'est aperçu d'aucune de ces imperfections, et à juger de ses in- 
tentions par la manière dont il a fait son travail , on seroit 
autorisé à croire qu'il s'étoit proposé d'en augmenter le nombre 
et de rendre ainsi la lecture de ce roman plus désagréable. 



DU MOYEN -AGE. 



Si de nombreux exemples n'étoient là, pour prou- 
ver, au besoin, que des hommes, fort habiles d'ail- 
leurs (i)^ n'ont pas su lire les i?oma^^ (2) qu'ils 
faisoient imprimer, je lui montrerois tout de même, 
pourvu qu'il eût la complaisance de m'écouter, que, 
s'il est permis à toute personne intelligente d'entre- 
prendre avec quelque succès la lecture des chartes 
et des manuscrits François (5), il n'en est pas moins 
vrai qu'une longue habitude, jointe à l'intelligence 



(1) Il est facile de s'apercevoir que nos vieux coulumiers , le 
coutuniier général, le nouveau coutumier général, les ordon- 
nances des rois de France, quoique publiés par des légistes fort 
estimables, sont chargés de mots mal lus et quelquefois entiè- 
rement défigurés. 

L'histoire de saint Louis, à laquelle Mélot, l'abbé Sallier et 
Capperonnier ont travaillé, celle de l'empire de Constantinople 
donnée par Du Cange^ et celle de saint Louis par le môme, ne 
sont pas exemptes des mêmes défauts. 

Le P. Mabillon n'a fait imprimer qu'un seul fragment des 
sermons françois de saint Bernard, et les dix premières lignes 
de cet extrait contiennent 17 fautes de lecture. 

(2) On donnoit en France le nom de roman au latin cor- 
rompu que parloient alors plusieurs peuples de l'Europe. Ro- 
mancer ou enromancer , c'étoit mettre du latin pur en roman. 
De là vient qu'on appela roman ces sortes de traductions , et 
ensuite les compositions mêmes qui étoient écrites en roman. 

(3) Ce que nous disons des manuscrits franoois convient à 
fort peu de chose près aux manuscrits latins. Si nous les met- 
tons, en apparence, hors de nos observations, c'est parce que 
les paléographes étant, pour l'ordinaire, plus familiarisés avec 
Ir latin qu'avec le roman, ils se trouvent parla môme moins 
exposés à commettre des erreurs en le lisant. 



() Sun LES PUBLICATIONS LITTERAIKES 

des mots et à des connoissances spéciales, peut seule 
procurer l'avantage de la faire correctement; et voici 
pourquoi. 

L'alphabet, à l'époque dont nous parlons, repré- 
sentoit, avec deux lettres de moins, le même nombre 
de voix et d'articulations qu'il représente aujour- 
d'hui ; de telle sorte qu'on pourroit dire avec le 
peuple , que les i étoient alors des / et les u des v : 
l'aspiration que le lecteur donnoità l'uneou à l'autre 
de ces lettres, selon le mot où il les rencontroit , 
changeoit leur articulation naturelle et formoit une 
prononciation équivalente à celle que nous avons 
attachée au y et au 'y (i). 

D'un autre côté, pour gagner du temps et écono- 
miser du parchemin , les copistes avoient ajouté à 
leur alphabet un certain nombre de signes qui, pla- 
cés soit au-dessus, soit au-dessous , soit à la fin du 
mot , annonçoient au lecteur ou la suppression 
d'une lettre, ou celle d'une syllabe entière. 

Ces abréviations, dont l'usage avoit déterminé la 



(i) Nous n'avons eu qu'à déterminer la valeur du j et du v. 
Ces deux lettres se rencontrent fréquemment dans les manus- 
crits les plus corrects et les mieux écrits du XII^ siècle comme 
variation arbitraire de IV et de Vu. 

Quand il se rencontroit , soit dans le corps, soit à In fin du 
mot, deux i de suite, on allongeoit assez ordinairement le der- 
nier. De là est venu le double t françois qu'on a eu lorl de con- 
fondre avec Vi grec, sa valeur étant tout-à-fait différente. 



DU NO^tN - AG£. 7 

forme, n admettoient d'autix^s variations que celles 
qui éloient occasionnées par l'inaptitude , ou par le 
peu de soin du copiste. Mais chacune d'elles avoit 
une valeur complexe ; de manière qu'après avoir 
annoncé dans un endroit la suppression d'une lettre 
ou d'une voyelle , ou d'une syllabe , elle pouvoit 
fort bien désigner ailleurs une suppression toute 
diflei*ente. Son appréciation étoit laissée à la sagacité 
du lecteur qui du reste ne pouvoit nullement être 
mise en défaut, attendu que toutes les abréviations 
comprises sous un même signe , avoient entre elles 
des rapports sensibles de prononciation ou de re- 
sonnance , et que la connoissance qu'il avoit des 
mots ne lui permettoit pas de se méprendre dans le 
choix des lettres ou des syllabes dont il devoit les 
composer. Lorsque la suppression portoit sur l'un 
de ces mots qui, se reproduisant moins souvent , 
auroit pu ne lui être pas familier, le signe particu- 
lier de l'abréviation étoit ordinairement remplacé 
par la voyelle môme qui caractérisoit la syllabe 
supprimée (i). 



(i) Ce que nous disons ici des abréviations qui se rencon- 
trent dans les manuscrits ordinaires, doit faire cumprcudre 
combien Tctude en scroit simple, si elle étoit bien dirigée. 

Un archiviste plus patient qu'éclairé s'est donné autrefois la 
peine de recueillir dans un vol in-4-o toutes les abréviations 
qu'il avoit rencontrées dans les chartes et dans les manuscrits 
qu'il avoit lus. Ce travail, (|ui n'est licii moins que complet, est, 



8 SUR LES PUBLICATIONS LITTLIIAIKES 

Une autre espèce d'abréviation , fort commune 
dans l'écriture ronde, consistoit à faire servir le 
même trait de plume à la formation de deux lettres 
différentes , ce qui mettoit quelquefois le copiste 
dans la nécessité de donner à ses caractères une 
conformation vicieuse. Il le faisoit sans scrupule ; 
car, dans ces siècles reculés, les manuscrits n'étant 
guère lus que par ceux qui les écrivoient , ou par 
un petit nombre d'hommes lettrés dont l'œil exercé 
ne pouvoit être ni égaré, ni arrêté par de pareilles 
agglomérations , on trouvoit sans doute naturel ce 
qui nous paroît bizarre, et l'on étoit bien loin de 
soupçonner qu'on pût jamais être embarrassé dans 
une lecture qui se faisoit alors avec beaucoup de 
facilité. 

C'est à cette disposition des lecteurs qu'il faut 
attribuer le peu de soin que les meilleurs copistes 
ont mis à distinguer les uns des autres quelques- 
uns de leurs caractères. Dans plusieurs manuscrits, 
qui d'ailleurs sont fort beaux , les c et les t , les w 
et les Tiy les in et les m, les ^ et les q, se présentent 
sous une forme tellement identique, que je ne crois 
pas qu'il ait jamais été possible de les reconnoitre 
à leur conformation. Les éditions modernes, de 
même que les anciennes , sont remplies des erreurs 



je crois, ce que Ton peut mettre de plus inutile entre les mains 
tl'nn jeune paléographe. 



DU MOYEN -AGE. 9 

que cette confusion a occasionnées, et je ne serois 
nullement surpris qu'elle eût contribué , pour le 
moins autant que la prononciation , aux substitu- 
tions qui ont eu lieu dans les mots de notre langue 
où le c étymologique , religieusement conservé par 
nos premiers romanciers y a été remplacé par 
un /. 

Il doit ê(re bien entendu que les difficultés dont 
nous parlons deviennent plus ou moins embarras- 
santes , selon que le manuscrit a été écrit par une 
main plus ou moins exercée, et se trouve aujour- 
d'hui dans un état de conservation plus ou moins 
parfait. Or, en supposant que le paléographe éditeur 
ait, comrme cela se pratique , l'attention de choisir 
parmi les manuscrits où se rencontre le texte qu'il 
veut faire imprimer, non pas le plus correct, mais 
celui dont la lecture est plus commode, il faudra 
toujours qu'il sache substituer à propos des y et des 
V aux i et aux u aspirés , remplir les abréviations 
d'une manière convenable, distinguer les lettres 
doubles, et reconnoître celles dont la conformation 
est vicieuse. Comment remplira-t-il une tâche pa- 
reille ? 

Si les mots dont se servoit le romancier n^avoient 
fait que vieillir, ou si chacun de ceux qui n'exis- 
tent plus avoit, en se retirant, laissé des traces de 
son passage , si Forthographe avoit toujours été 
constante et uniforme , si la prononciation n'avoit 
pas suivi la langue et partagé avec elle les différen- 



10 SUR LES PUBLICATIONS LITTERAIRES 

tes modifications qui l'ont mise dans l'état où le 
siècle de Louis XIV nous l'a montrée, tout homme 
intelligent et laborieux pourroit, avec un peu d'at- 
tention et beaucoup de patience (i), lire correcte- 
ment les plus anciens manuscrits François. Mais il 
n'en est pas ainsi. La langue romane est, sous plu- 
sieurs rapports , une langue morte. Ses mots ont 
fait plus que de vieillir : un grand nombre d'entre 
eux n'existent plus et n'ont laissé aucune trace sen- 
sible de leur existence , soumise à des influences 
dont il est facile de reconnoître l'effet, leur forme a 
été plusieurs fois modifiée et l'ignorance des copistes 
lui a bien souvent donné un aspect rude et sauvage 
qu'elle nedevoit pas avoir. Leur prononciation, ra- 
pide et fort douce dans l'origine (2) , a été soumise 
aux mêmes variations. On s'est si peu occupé de la 
connoître et elle me paroit tellement différente de 
ce qu'on la supposeroit au premier abord, que je 
crois pouvoir dire , sans blesser la vanité de per- 
sonne^ que le commun des paléographes l'ignore 



(1) \J Histoire de la Passion, d'Olivier Maillard, prouve qu'il 
faudroit à un éditeur l'une et l'autre de ces qualités pour lire 
correctement et d'une manière uniforme le François qui n*a 
fait que vieillir. 

(2) On peut en juger par la formation des mots. Waperire , 
on avoil fait : aûvréir ; de sequi^ séiiir ; de seculurrif secle ; de 
proximus^ proïsme ; âefacit, fait • déficit, féist ; de ficiebat, 
fesoièt, etc. 



DU MOYEN -AGE. 11 

complètement, et que les plus éi udits ne sont peut- 
être pas encore parvenus à en obtenir une con- 
noissance parfaite. Comment sortira de ce labyrin- 
the obscur celui que Texpérience, la connoissance 
des mots et de nombreuses observations ne mettront 
pas sur la voie ? 

Deux ou trois exemples feront ressortir l'embar- 
ras d'une pareille position. 

11 rencontre le mot aiue dans un manuscrit 
françois. Ce mot a été lu et orthographié de trois 
manières différentes : cdûej awe, aj'ue. De ces trois 
lectures il ne peut y en avoir qu'une seule de natu- 
relle. Laquelle est-ce ? comment la reconnoîtra-t-il ? 
Voilà précisément où est la difficulté. 

S'il est assuré que l'auteur dont il lit les œuvres 
faisoit venir ce mot d'adjui^amen , il faudra qu'il 
déclare vicieuses les trois lectures déjà reçues et 
qu'il en établisse une quatrième, ajùe. C'est en effet 
celle qui est indiquée dans plusieurs manuscrits. 

Mais aiue peut quelquefois aussi avoir été em- 
ployé dans le sens d'adjutorium. En ce cas, il lui 
sera loisible de lire awe ou ajue, mais jamais aiue. 
Dans le roman de Partonopeus , le poète , par- 
lant de l'impression que fit sur son héros la cou- 
leur du cheval qu'il rencontra à la porte du palais 
enchanté, dit : 

Mais tant «st noirs qu'il le soacenl. 
(V..1011.) 



i4L SUR LES PUBLICATIONS LITTERAIRES 

L'éditeur, qui probablement ne connoissoit pas ce 
genre d'abréviation , a pris Yi suscrit pour une 
correction ; il a lu so scient ; mais de si bonne foi 
qu'il a composé un article tout exprés dans son 
glossaire , pour un verbe qu'il venoit lui - même 
de créer. Il falloit so sérient. 

Il y a dans les poésies de Charles d'Orléans, im- 
primées à Grenoble : 

Les fais des amoureux sont tieux , 
Tousjours vont en assoubelnant. 
(P. 91. —V. 9.) 

L'éditeur auroit dû lire assouhti^ant. 

Ces exemples, qu'il seroit facile de multiplier, suf- 
fisent pour faire comprendre combien les difficultés 
que présente par elle-même l'écriture du moyen- 
âge, rendent difficile la lecture des mots que l'édi- 
teur ne connoît pas et dont quelquefois il ne soup- 
çonne même pas l'existence. 

Mais ces difficultés ne se présentent pas seules 
dans les manuscrits anciens. Celles dont je vais 
parler sont, à mon avis, beaucoup plus embarras- 
santes. 

Prenez au hasard le premier livre moderne qui 
vous tombera sous la main ; ôtez les points , les 
virgules, les apostrophes, les accents et tous 
les autres signes orthographiques auxquels nous 
sommes habitués ; jetez çà et là avec profusion et 



DU MOYEN -AGE. 15 

sans ordre les majuscules ; unissez la plupart des 
articles, des prépositions^ des particules, aux mots 
qui les suivent , de manière à n'en former qu'un 
seul tout ; faites-en de même pour les pronoms et 
pour plusieurs adjectifs ; retranchez ailleurs la 
première ou la dernière syllabe d'un mot, soit pour 
récrire séparément, soit pour la joindre à un autre 
mot; supprimez des expressions, des phrases, des 
paragraphes entiers; ajoutez quelques mots; défi- 
gurez-en d'autres; et remettez le livre ainsi mutilé, 
ainsi défiguré, à un homme peu familiarisé avec la 
langue françoise ; pensez- vous qu'il lui soit jamais 
possible, avec le temps seul et la patience, quelque 
intelligent que nous le supposions , de vous en faire 
une copie correcte ? Tel est cependant l'état dans 
lequel le paléographe-éditeur rencontrera un nom- 
bre assez considérable de manuscrits. 

L'orthographe connue au douzième siècle, ainsi 
que le prouve le précieux manuscrit des sermons 
françois de saint Bernard, parut sans doute trop 
assujettissante aux copistes qui jugèrent plus com- 
mode de ne pas s'en servir, et je conviens que leur 
marche fut, en effet, plus libre et par conséquent 
plus rapide que s'ils l'avoient traînée avec eux. 
D'ailleurs, pour orthographier un ouvrage, il sera 
toujours nécessaire de le comprendre, et parmi les 
copistes il y en avoit beaucoup qui manquoient 
d'instruction, et encore plus qui ne vouloient pas 
se donner la peine de réfléchir. 



-14 SUR I,ES PUBLICATIONS LITTERAIRES 

Leur plume alloit donc, à la garde de Dieu, jetant 
çà et là quelques points, sans ordre et quelquefois sans 
discernement, habillant les mots tantôt d'une façon 
et tantôt d'une autre (i), les unissant ouïes séparant 
sans scrupule , et laissant au lecteur le soin de re- 
connoitre et de mettre en ordre les phrases qu'elle 
reproduisoit. C'est ainsi qu'on lit dans le manus- 
crit du combat des trente Bretons contre trente An- 
gloisy dont l'éditeur a eu soin de conserver tous 
les défauts : 

Je croy bien amenterde que tu es défalu. 

(P. 18.--V. 4.) 

Ly un estoit un chesp et ly aultre ferré, 
Ly autre egresillons et ly aultere en celé. 

(P. 53. —V. 19.) 

Entente, dans le premier vers, renferme trois 
mots : à m entente, Egresillons, dans le troisième , 
en renferme deux : es et grésillons. Autre, répété 
trois fois en deux vers, est écrit de trois manières 



(i) Dans la fable du Loup et de l'Agneau, qu'on trouve dans 
les poésies de Marie de France publiées par Roquefort, le nom 
de Tagneau se rencontre sous les sept orthographes suivantes : 
aignel, aignaus, aignez , aigneles, aigneax , aingniel, engniel. 
Celui du loup n'en a que cinq : leu^ lox, luz, lus^ tous. Dans 
celle du Corbeau et du Renard, le renard est appelé : iverpilz , 
vorpilx^ gorpixj houpix. 



DU MOYEN -AGE. 15 

différentes dans le manuscrit. Un tient la place de 
la préposition em que le copiste avait mal lue. 

Ce désordre dut par la suite occasionner des 
méprises d'autant plus nombreuses que, l'articula- 
tion des mots devenant de jour en jour plus rapide, 
il arriva enGn que la plupart de ceux où se rencon- 
troient plusieurs voyelles placées immédiatement 
Tune à côté de l'autre, tels que : reine ^ veue , be- 
neie, etc. , qui se prononçoient : ré-i-ne , vé-u-e , 
bé-né-i-€, etc. , comme l'exige la mesure des vers 
dans les plus anciennes poésies, et comme l'indi- 
quent d'une manière positive plusieurs manuscrits, 
perdirent une de leurs syllabes par la contraction 
des voyelles qui avoient eu d'abord une prononcia- 
tion distincte (i). 

Je suis donc persuadé que pour retrouver la me- 
sure dans un vers où se rencontroient des mots 
dont la prononciation avoit été abréviée , on pre- 
noit quelquefois la liberté d'y introduire des syl- 
labes surnuméraires ou d'y faire des substitutions 
de mots qui n'étoient pas toujours heureuses. Ce- 
pendant la majeure partie des altérations^ des subs- 
titutions et des lacunes doit être attribuée à l'igno- 
rance du copiste, ou à l'infidélité de la mémoire 



il i:.q 

(i) Les imparfaits avoient d'abord conserve dans la pronon- 
ciation les deux syllabes de la terminaison latine. On tcrrvoit 
fesoieni, et on \)vo\\o\\cp'\ifes'ni-ent. 



-16 SUR LES PUBLICATIONS LITTERAIRES 

qui le secondoit dans son travail. Car la mémoire 
ëtoit souvent la seule bibliothèque où on eût 
conservé le fahel ou le roman qu'il cherchoit. 
C ëtoit à elle qu'il demandoit ce qu'il vouloit 
transcrire ; c' ëtoit sous son inspiration qu'il tra- 
vailloit ; de là les nombreuses lacunes qui existent 
dans le seul manuscrit qui nous reste du Roman du 
châtelain de Coucf, dont deux entre autres com- 
prennent chacune une chanson toute entière. De 
là les altérations innombrables dont est chargée la 
seule copie complète que nous ayons des poésies 
d'Eustache-des-Champs ; on pourra par la suivante 
apprécier le savoir du copiste et l'intelligence de 
l'éditeur. 

Par un Iwres que l'on doit avoir chier 

Dont nommez est Charles li jeunes roys, etc. 

La véritable lecture ne peut être que celle-ci : 

Par sept lettres que l'on doit avoir chier, etc. 

Le nombre sept ëtoit probablement écrit en chif- 
fres romains, P^II; le copiste , ayant lu un, se crut 
obligé de remplacer Vi et les deux i du mot suivant 
par un e et un u aspiré, et rendit de cette manière 
absurde le vers qu'il vouloit corriger. 

Le moyen le plus simple et le plus sûr en même 



DU MOYEN -agi;. 17 

temps de rendre à un texte ainsi altéré , corrompu, 
défiguré, sa véritable lecture, sa pureté originelle, ce 
seroit, quand on peut le trouver dans plusieurs ma- 
nuscrits, de choisir celui qui paroît le plus correct 
et de s'aider des autres , pour reformer les vers ou 
les phrases défectueuses qu'il renferme. Il est rare 
de rencontrer deux copies où le même texte soit 
identiquement reproduit , et il est encore plus rare 
d'en trouver deux où il soit fautif au même endroit. 
Quand le manuscrit est unique, il faut alors que, à 
la connoissance des mots, l'éditeur joigne celle des 
choses. Il ne lui suffit plus d être lecteur, il faut qu'il 
devienne lecteur intelligent : qualité qui suppose 
la connoissance des mœurs et des usages alors reçus ^ 
celle des différents genres de littérature connus, et 
celle des règles que suivoit la langue dans sa forma- 
tion et dans ses développements. 

L'éditeur du Pas d'armes de la Bergère, qui 
avoit l'avantage de faire imprimer un manuscrit 
aussi remarquable par sa correction que par la ri- 
chesse de ses rimes, ne l'auroit pas rendu inintelli- 
gible dans le passage suivant, s'il avoit mieux connu 
les usages du temps où ce poème a été composé : 



Et puis après Robert du Fay vint 
Sur ung destrier grisou, housse de gris, 
Déloqueté ci frappé^ entre vingt ^ 
De blanc, etc. (V. 625.) 



-jj^ SUR LES PUBLICATIONS LITTÉRAIRES 

Pensant je ne sais à quoi , car il ne me paioît pas 
possible de donner la raison de ce qu'il a fait , il a 
écrit son troisième vers de cette manière : 

De loquete et frappe entrevint. 

Il n'auroit pas, en plusieurs endroits, corrompu la 
rime par une lecture vicieuse, s'il avoit su que, dans 
ce poème , elle devoit nécessairement porter sur une 
résonnance parfaite. 

L'éditeur des poésies historiques et morales 
d' Eustache-des-Champs se seroit aperçu qu'il man- 
quoit des vers à quelques-unes des ballades, et il 
n'auroit pas confondu, comme il l'a fait, les couples 
régulières et uniformes dont se composoient alors 
les laiSf s'il avoit mieux connu les règles auxquelles 
étoient assujetties les poésies qu'il avoit sous les yeux. 

Celui du roman du châtelain de Coucy et celui 
du roman de Partonopeus auroient eu soin d'indi- 
quer à leurs lecteurs les voyelles qu'il falloit articu- 
ler dans les syllabes où elles ne s'articulent plus , et 
le dernier n'auroit pas adopté un système d'ortho- 
graphe qui est en opposition même avec les usages 
reçus , s'ils avoient mieux connu les règles de la 
prononciation et celles de la formation des parti- 
cules et des mots composés (i). 



(i) Voyez l'avis qui précède Terrata du roman de Parto- 
nopeus. 



PU MOYEN -AGE. 19 

Celui du combat des trente Bretons contrée trente 
Anglois , qui, laissant à ses lecteurs le soin de de- 
viner toutes les abréviations qui étoient dans le ma- 
nuscrit , a cru cependant devoir constamment en 
remplir une seule , auroit sans doute lu messir au 
lieu de messire , s'il avoit mieux connu les régies de 
la mesure poétique, et le soin avec lequel on les 
observoit, même à cette époque. 

Méon n'auroit peut-être vu, dans le roman du 
Renard, qu'un assemblage informe de plusieurs fa- 
bliaux composés par différents troiwères , et n'ayant 
entre eux d'autre rapport que celui d'être bizarre- 
ment mis à la suite les uns des autres par un copiste 
ignorant , s'il avoit pu s'apercevoir qu'il n'y avoit 
dans ce poème ni uniformité de style, ni unité d'ac- 
tion. 

Il est donc nécessaire que le paléographe éditeur, 
dans la supposition même où il voudroit ne nous 
donner que des textes , possède des connoissances 
très-variées , d'abord afin qu'il puisse lire correc- 
tement le manuscrit qu'il a sous les yeux, et en se- 
cond lieu afin qu'il puisse nous signaler les défec- 
tuosités qu'il y rencontre. 

N'oubliez pas que je parle des productions litté- 
raires du moyen-âge dont la plupart sont en vers, 
et dites-moi de quelle utilité peut réellement être une 
édition pareille à quelques-unes de celles que nous 
possédons ? Les romanciers métrifioient et rimoient 
pour l'ordinaire avec beaucoup de soin. Si la me- 



âf) SIR LES PUBLICATIONS I-ITTiîhAIKKS 

sure dans leur vers est trop longue ou trop courte , 
si la rime est défectueuse , c'est une preuve que leur 
travail a perdu de sa régularité primitive en passant 
par les mains des copistes. Nous le donner dans cet 
état , ne point corriger , ne point signaler les alté- 
rations qui le défigurent , en accroître quelquefois 
le nombre , ce n'est certainement ni le moyen 
de nous faire connoître le poète , ni celui de 
nous donner une idée exacte de la littérature de 
son siècle. Et si, avec de pareilles éditions, on croit 
rendre aux lettres un service important , on se 
trompe. 

Vous me présentez un poème mutilé , où je ne 
découvre ni rime, ni mesure, et vous me dites ; voyez 
et jugez ; voilà un des chefs-d' œuvres de nos vieux 
siècles littéraires: vous abusezde ma confiance. Cette 
poésie que vous m'invitez à lire n'est pas plus celle du 
temps auquel vous la rapportez que celle du poète à 
quivousl'attribuez.C'esttout simplement la vôtre(i). 
Présenté tel qu'il devroitêtre, ce poème n'auroit pas 
été plus intéressant peut-être , mais il auroit eu le 
mérite de caractériser une époque , celle où il a été 
composé, et de marquer avec précision les progrès 
de la langue et la marche de la littérature Françoise ; 



(i) Les raaiiiiserits qu'on peut regarder comme originaux , 
c'est-à-dire écrits par Tauteur ou sous ses yeux, sont d'une cor- 
rection et d'une pureté admirables. Tel est le ms. du Pas d'ar" 
mes de la Bergère. 



DU MOYEN -AGE. 2i 

je l'aui'ois accepté avec reconnaissance. Td qu'il 
est. Une sert à rien , et sa médiocrité le rend diffor- 
me à mes yeux ; je n'en veux pas. 

Le tort que ces sortes de publications font à la lit- 
térature du moyen-âge est trés-difiicile à réparer. 
Ces longs et interminables récits, quejequalifîerois 
peut-être mieux si je les appelois bavardage poé- 
tique , pouvoient être trés-amusans pour nos pères 
dont la rustique simplicité étoit fort peu exigeante ; 
mais à coup sûr ils seront toujours sinon en- 
nuyeux , du moins insipides pour nous. Si les édi- 
tions qu'on en fait entrent dans toute autre bibliothè- 
que que dans celle du savant, ce ne peut donc être 
qu'à titre de curiosité littéraire, d'où il résulte qu'une 
fois imprimés le plus grand nombre le seront pour 
long-temps, et quelques-uns , pour toujours. 

La plus mauvaise excuse que puisse donner l'édi- 
teur, c'est de dire qu'il s'est proposé de reproduire son 
manuscrit et rien de plus. Car ce n'est pas le texte 
de tel ou de tel manuscrit qu'il nous importe de 
connoitre , c'est celui de l'auteur. Du reste , ce qui 
montre que les éditeurs dont je parle pensoient en 
ceci comme je pense moi-même, c'est qu'il n'en est 
aucun qui n'ait signalé quelques défauts, en très-petit 
nombre il est vrai ; mais enfin ils en ont signalé : ils 
nous ont fait connoitre ce qu'ils avoient remarqué 
<le vicieux, et ce certificat de savoir qu'ils ont voulu 
se donner, devenu par le Oiif nii (crtilicatd'iiicapa- 



S2 SUR LES PUBLICATIONS LITTERAIRES 

cité, prouve qu'ils auroient corrigé le texte entier, 
s'ils avoient su le faire. 

Avant de faire imprimer des manuscrits, que le 
paléographe, pour son honneur et pour notre uti- 
lité, se mette donc en état de les lire correctement. 
Quand il aura acquis les qualités nécessaires pour 
cela, il lui restera encore l'obligation de travailler 
avec discernement et de rendre ses éditions intelli- 
gibles pour le commun des lecteurs. Comme cette 
proposition ne me paroit pas de nature à être con- 
testée, je m'occuperai de la développer plutôt que 
d'en fournir les preuves. 



DU MOYEN - AGE. Si5 



SECONDE PARTIE 



li sufliroit au paléographe de faire imprimer des 
textes et de les faire imprimer correctement, pour 
remplir les devoirs qu'il s'est imposé en devenant 
éditeur, si tout ce qui a été écrit au moyen-âge étoit 
susceptible de voir le jour, si les mœurs et les usages 
de l'époque étoient bien connus des lecteurs , si le 
langage de l'écrivain leur étoit familier ; mais si 
nous supposons au contraire qu'il y ait beaucoup 
d'inutilités dans les productions littéraires de cette 
époque, et que le commun des lecteurs ne puisse con- 
noitre ni les mœurs de ces temps reculés, ni un lan- 
gage qui ne se parle plus, il faudra dès lors que 
toutes les publications de ce genre soient non seu- 
lement correctes, mais encore choisies, mais ortho- 
graphiées et imprimées d'une manière convenable , 
mais accompagnées ou d'une version moderne , ou 
d'un glossaire, ou de notes, à quoi il faudra joindre, 
quand cela se pourra, un mémoire ou une disser- 
tation. Je vais, dans cette seconde partie de mon dis- 
cours, traiter de chacune de ces choses prises sépa- 
rément. 



Î24- sur. LES PUBLICATIONS LITTERAIRES 

Quoique la fécondité littéraire du moyen-âge n'ait 
rien eu de comparable avec celle de notre siècle, ce- 
pendant comme les monuments qui nous en restent, 
comprennent tout ce qui, durant l'espace de cinq 
cents ans, avoit mérité d'être mis en écrit et soigneu- 
sement conservé dans les bibliothèques des particu- 
liers , il en résulte que, malgré les pertes considé- 
rables occasionnées soit par les ravages des guerres 
civiles ou nationales , soit par le peu de cas que 
l'on faisoit d'un siècle à l'autre d'un manuscrit 
qu'on ne savoit plus lire et dont le style n'étoit plus 
reçu , le nombre en est encore considérable ; et 
nous pouvons dire avec vérité que nous sommes 
riches en ce genre de compositions. Vouloir faire 
tout imprimer seroit une entreprise qui rencontre- 
roit des obstacles de plus d'une espèce, et qui d'ail- 
leurs présenteroit dans ses résultats plus d'embar- 
ras que d'utilité. 

La science à cette époque parloit encore latin. Elle 
se tenoit dans les cloîtres qui nous l'ont conservée 
et qui nous ont empêché ainsi de retomber dans la 
barbarie. La langue romane étoit la langue du vul- 
gaire ignorant. Si les prédicateurs de l'évangile 
consentoient à la parler pour mettre les vérités de 
la religion à la portée de l'intelligence grossière de 
leurs auditeurs, ils consentoient rarement à l'écrire : 
au contraire, ils s'élevoient fortement contre les 
compositions en langue vulgaire et contre ceux qui 
en étoient les auteurs. 



DU MOYEN -AGE. 



Frappés d anathème , les troiwèresy espèce de 
compositeurs ambulans qui alloient de château en 
château , amusant les châtelains oisifs , du ré.cit ou 
du chant de leurs inventions trop souvent licencieu- 
ses (i), se vengeoientdu clergé par des satires; mais 
ils ne purent jamais refaire leur réputation, et don- 
ner â leur profession un caractère honorable qu'elle 
ne pouvoit pas avoir. Ce ne fut qu'avec beaucoup 
de peine et en se mettant au dessus des préjugés, 
que les romanciers proprement dits , après avoir 
commencé d'abord par enromancer les mauvais 
poèmes latins que le siècle de Charlemagne avoit 
laissés entre les mains de tout le monde, parvinrent 
cnCn à composer eux-mêmes ce que nous appelons 
des romans, et à donner du crédit à notre langue 
méprisée, préparant de cette manière le siècle de 
François I^^ 

Cet aperçu rapide étoit nécessaire. Il fera com- 
prendre pourquoi jusqu'au XV"" siècle les produc- 
tions littéraires sont presque toutes marquées du 
même caractère de médiocrité ; pourquoi, pendant 
trois ou quatre cents ans, elles portent l'empreinte 
de la première enfance de l'art avec son igno- 



(i) Il est probable que le lecteur françois ne demandoit pas 
encore à cire respecté ; car non seulement on appcloit parleur 
nom les choses que la pudeur et Thonneteté ont toujours dé- 
fendu de nommer; mais on se pcrmetloit encore de composer 
de petits poèmes dont elles faisoicnt elles seules le fond. 



2(3 SUR LES PUBLICATIONS LITTERAIRES 

rance, moins sa naïve simplicité. Le goût demeuroit 
en quelque sorte stationnai re ; la langue seule mar- 
choit. Les mots se corrompoient de jour en jour, 
et c'est à l'aide de cette corruption que le génie se 
préparoit lentement à former ce langage souple, 
coulant, claii", précis, que parlèrent les sublimes 
écrivains des siècles derniers , et que nous finirions 
bientôt par hurler, si leurs chefs-d' œuvres, qu'il est 
permis d'imiter, mais qui ne seront jamais surpas- 
sés, n'étoient là pour arrêter le débordement du 
mauvais goût. 

La littérature romane n'est donc à proprement 
parler qu'un fumier, et encore un fumier trop aride 
pour fertiliser notre littérature. Il faut le remuer 
sans doute ; il faut y fouiller avec soin, car jusqu'à 
présent on s'est contenté de jeter un coup d' œil dé- 
daigneux sur sa superficie. On y trouvera des pro- 
ductions où sont comme perdus des faits précieux 
pour l'histoire. On y trouvera des romans histori- 
ques qui méritent peut-être autant de confiance que 
quelques-unes de nos chroniques. On y trouvera de 
temps à autre des productions qui, malgré leur bar- 
barie apparente, portent l'empreinte visible du gé- 
nie, et serviront à caractériser la littérature de l'épo- 
que. On y trouvera des productions qui feront con- 
noître les mœurs, les usages, et les différents genres 
de littérature dont on charmoit les loisirs de nos bons 
aïeux. Voilà des monuments précieux qui méritent 



DU MOYEN -AGE. 2T 

d'être exhumés ; ceux-là sont, à mon avis, les seuls 
qu'on doive donner au public. 

Sous le titre àe fabliaux et contes, Barbazan, pa- 
léographe habile, a publié non pas un choix, mais 
un recueil de fabliaux. Trouvant qu'il étoit pluscom- 
commode d'être piquant qu'utile, il n'a fait entrer 
dans cette collection que ce qui, à ses yeux, avoitune 
apparence de singularité, ou ce qui pouvoit attacher 
le lecteur par l'attrait dégoûtant d'une licence à qui 
tout alors étoit permis. Sous ce rapport, son ouvrage 
est essentiellement mauvais. Méon, après s'être don- 
né la peine d'en publier une nouvelle édition corri- 
gée, et augmentée, lui a joint deux volumes de sup- 
plément. Je ne vois pas pourquoi de nouveaux paléo- 
graphes, ensuivant le même plan, ne continu croient 
pas à grossir un recueil qui étoit déjà trop volumi- 
neux. Ce n'est certainement pas la matière qui man- 
queroit. 

La collection que M. Crapelet a donnée au public 
sous le litre de Collection des anciens monuments 
de ifdstoire et de la littérature françoise, est, si l'on 
veut, composée d'ouvrages qui appartiennent tout 
à la fois à l'histoire et aux lettres ; mais elle n'est au 
fond ni une collection historique, ni une collec- 
tion littéraire, ni une collection historique et lit- 
téraire. Il y a même quelque chose de fort singu- 
lier dans ce recueil : les deux monuments les plus 
précieux, l'un pour l'histoire, l'autre pour la litté* 
rature, je veux dire k*s œuvres d'Eustache-des- 



28 SUR LES PUBLICATIONS LITTERAIRES 

Champs et les mémoires de Salmon, n'y figurent 
que par extrait. 

Le travail que nous demandons paroît avoir été 
commencé par le libraire Coustelier, mais il n'a pas 
été continué. Il n'existe donc pas encore : il seroit 
nécessaire cependant : la tâche est honorable ; quel 
est le littérateur qui aura le courage de s'en charger? 
quel est celui dont le nom, déjà avantageuse- 
ment connu, procurera à une pareille entreprise la 
faveur du public ? qui pourra nous promettre de 
la conduire à sa fin ? Car, si je ne me trompe, il fau- 
droit tout cela , et rien de moins pour en garantir 
le succès. Je sens que c'est trop demander à un 
homme seul. Aussi je voudrois que l'Académie des 
Inscriptions et Belles-Lettres , dans les attributions 
de laquelle ces travaux me paroi ssent rentrer tout 
naturellement, fût chargée, par le gouvernement qui 
les encourage, de leur surveillance et de leur direc- 
tion. Ils seroient faits avec plus d'intelligence; on 
les accueilleroit avec plus d'empressement ; et ce 
corps illustre, qui n'a rien à gagner sous le rap-^ 
port de l'estime et de la considération, acquerroit 
par là des droits nouveaux à la reconnoissance 
nationale. 

Quoi qu'il en soit du vœu que nous venons d'ex- 
primer, il sera toujours vrai pour quiconque connoît 
la littérature françoise du moyen-âge , qu'un pa- 
léographe ne doit pas publier indistinctement tout 
ce qui lui tombe sous la main. Il est nécessaire 



DU MOYEN -AGE. 29 

qu'il fasse avec discernement le choix des ouvrages 
dont les hommes de lettres peuvent retirer quelque 
utilité. Dans ce nombre il y en aura vraisembla- 
blement qui seront d'une longueur fastidieuse. Quel- 
ques-uns peut-être auront été indignement mutilés. 
Il doit nous les donner tels que l'auteur a su les 
composer ou tels que l'ignorance nous les a laissés, 
sans se permettre ni retranchement, ni interpo- 
lation. 

Dans un ouvrage bon, tout, à mon avis , est sus- 
ceptible d'être utilisé et mérite par conséquent d être 
connu. Qui dira à l'éditeur que, avec des connois- 
sances plus variées que les siennes, avec un œil plus 
exercé et un goût plus sûr, on ne mettroit pas à 
profit les choses qu'il jette au rebut ? D'ailleurs nous 
sommes méfiants, et l'on ne doit pas nous en savoir 
mauvais gré, car nous avons souvent de fort bonnes 
raisons pour l'être. Nous supposerons toujours^ lors- 
qu'on nous présentera un extrait tel, par exemple^ 
que celui du poème à'Eustache-des-ChampSy qui 
fait suite à ses poésies morales et historiques, 
que les coupures ont été faites au hasard, et nous 
blâmerons celui qui aura cru pouvoir se les per- 
metti'e : nous le blâmerons lors même qu'il auroit eu 
le soin de remplacer les passages supprimés par 
une courte analyse, ce qui nous donneroit au moins 
l'assurance qu'il a lu dans son entier l'ouvrage dont 
il ne nous offre que des lambeaux. 

Onmanqueroitdegoûtplutotquedediscernement, 



30 SUR LES PUDLICATIONS LITTERAIRES 

si l'on introduisoitdans letexted'un manuscrit, pour 
en remplir les lacunes ou pour en régulariser les par 
ties , des fragments plus ou moins considérables pris 
dans un autre manuscrit évidemment amplifié et 
d'un style tout-à-fait différent. Dès l'instant où des va- 
riantes utiles détruisent l'harmonie qui doit toujours 
régner entre les parties du même ouvrage, leur place 
est marquée : on ne peut les donner que sous la 
forme de notes. Si l'on veut juger du mauvais effet 
que des bigarrures semblables peuvent produire, 
qu'on lise sans interruption le roman dePartono- 
peus. 

Que l'éditeur respecte donc le texte du manus- 
crit qu'il fait imprimer. Ce respect, qu'il convien- 
dra quelquefois d'étendre jusqu'aux phrases vicieu- 
ses, jusqu'aux mots corrompus , ne peut cependant 
l'autoriser à nous le donner avec ses abréviations, 
comme on l'a fait pour celui du Combat des 
Trente, ou bien sous un système d'orthographe 
qui n'est ni celui du temps où nous vivons, ni celui 
du temps où vivoit l'auteur , comme cela a été pra- 
tiqué pour Y Histoire de la Passion, d'Olivier Mail- 
lard; ni en caractères gothiques, ce qui, sottement 
associé avec notre manière d'orthographier , offre 
de plus un anachronisme typographique dont un 
habile imprimeur ne devroit jamais se rendre cou- 
pable ; car il est aussi mal de multiplier sans rai- 
son les difficultés que la lecture de ces écrits et leur 
intelligence offrent au commun des lecteurs, que de 



DU MOYEN -AGE. 31 

leur faire subir à demi des modifications auxquelles 
il est maintenant indispensable de les assujettir. 

On me dira sans doute , pour ce qui regarde les 
éditions gotbiques, qu'il faut lorsqu'on fait imprimer 
un livre, en assurer le débit, et que la singularité de la 
forme est employée ici pour faire passer le fond. Cette 
excuse seroit vraisemblablement celle quedonneroit 
aussi M. Crapelet, si on lui faisoit le reproche d'a- 
voir imprimé avec trop de luxe, et tiré à un trop 
petit nombre d'exemplaires les ouvrages dont sa 
collection est composée. Je reconnois volontiers au 
paléographe le droit d'user d'un artifice innocent 
pour assurer l'écoulement de ses publications, mais 
encore faut-il qu'il en use convenablement ; et alors, 
bien convaincu que les livres de 1 uxe sont presque tou- 
jours perdus pour la science, je regretterai que l'édi- 
teur ne puisse pas assurer par son mérite person- 
nel le succès de ses travaux, et qu'il ait besoin de 
les habiller ainsi pour fixer l'attention capricieuse 
d'un très petit nombre d'amateurs. 

Au reste, quoi qu'il en soit du fond, de la forme 
et de la publicité, il ne me paroît pas qu'on puisse au- 
jourd'hui faire imprimer un vieux manuscrit fran- 
rois, sans raccompagner de quelques éclaircisse- 
ments. Le public les demande, et l'éditeur doit être 
en état de les fournir. Il peut, à cet effet, disposer de 
divers moyens dont le meilleur à ses yeux ne sau- 
roit être douteux. Ce sera toujours celui qu'il croira 
le mieux fait pour répondre aux besoins des lec- 



52 SUU LES PUULICATIONS LITTERAIRES 

teurs , parce que c'est probablement celui dont il 
saura le mieux se servir pour aplanir les difficultés 
du texte. 

Malgré cette latitude que je crois devoir laisser>au 
paléographe, je ne puis m'empêcher de lui dire que 
l'usage où l'on est de réunir sous la forme de glos- 
saire les mots qui ne sont plus reçus, favorise beau- 
coup l'ignorance et n'est assez souvent, pour le 
le lecteur, que d'une bien foible utilité. 

Sûr de n'être pas pris en flagrant délit, le glossa- 
teur ne craint pas de se mettre à son aise. Il use large- 
ment de la faculté qu'il a de n'insérer dans ses com- 
pilations toujours faciles, que ce que d'autres ont la- 
borieusement préparé. S'il rencontre des mots qui 
n'aient pas été expliqués par ses devanciers, ou bien 
il fait comme s'il ne les avoit pas vus (i) , ou bien, 
s'il juge convenable de s'en occuper, tranchant les 
difficultés avec une hardiesse téméraire, il donne 
à tort et à travers des explications fausses , ridicules 
et même absurdes , ainsi que chacun va en juger 
par les articles suivants tirés du glossaire dont le 
roman de Partonopeus a été enrichi. 



(i) lien est peu qui, comme l'abbé Lenglet du Frenoj , 
dans son édition du roman de la Rose, aient la modestie de 
mettre dans leurs glossaires les mots dont ils ignorent la vérita- 
ble signification, et de renvoyer le lecteur aux différents passa- 
ges où ils les ont rencontrés, afin qu'il puisse s'en aider pour 
les comprendre lui-même. 



DU MOYEN -AGE. OJ 

j4rios vient du latin ars , artis , et signifie litté- 
ralement habile dans les arts; au figuré, bien élevé, 
poli , honnête ; ici , on le fait venir de artus, les 
membres du corps , et Ton explique mal-artos par 
mau- joint. 

Brost est un substantif qui, dans le roman, sert à 
désigner la partie de l'arbuste nouvellement crue ; 
on dit ici que c'est l'action de brouter. 

L'adjectif campel établit une différence entre les 
combats livrés en rase campagne , et ceux qui se 
faisoient en champ-clos ; on le rend ici par un 
substantif auquel on donne la signification de duel, 
combat, bataille ; de sorte que la bataille-campel 
dont il est parlé dans le roman seroit ou une ba- 
taille-duelf ou une bataille-combat, ou une ba- 
taille-bataille, 

Oire, corruption de erre, voyage, est employé 
par le poète pour désigner le pèlerinage d'outre- 
mer ; les expressions chies d'oire et chiej^ d'oire 
désignent la terre ou la ville sainte : ici on dit que 
Voire est une rivière, que chies d'oire est Y embou- 
chure de toire et que chief d'oire est la capitale 
du pays d'oire. On peut, après avoir lu ces expli- 
cations lumineuses, trouver que l'auteur a raison 
de se demander : « Mais qu'est-ce que l'oire? » 

Le Roncis étoit un cheval de fatigue et l'on di- 
M)ii /aire traire à ronds , littéralement faire tirer 
avec des chevaux , pour faire écarteler ; ici on dit 

3 



5>i SUR LES PUBLlCATIO^S LITTERAIRES 

que à ronm signifie par la force des armes (i). 

Ne croyez pas que ce glossaire soit le seul où 
l'on rencontre des méprises pareilles. De tous ceux 
que j'ai vus il n'y a que ceux de Barbazan qui en 
soient peut-être exempts. Je dis peut-être parce que 
les définitions données par ce savant paléographe 
paroissent manquer quelquefois d'exactitude , et 
souvent de précision. 

D'un autre côté, le lecteur qui aperçoit le sens 
d'une phrase, ou qui croit l'apercevoir, aime souvent 
mieux rester dans le doute, et ignorer la véritable 
signification du mot qui occasionne son embarras, 
que de suspendre sa lecture pour consulter le glos- 
saire qu'on s'est donné la peine de lui composer. Or, 
comme cette indifférence tient à un sentiment d'im- 
patience et de curiosité qui est naturel à tous les 
hommes, il faudra, pour ne leur laisser aucun pré- 
texte, que l'éditeur, s'il se détermine à composer 
un glossaire, ait l'attention de le reproduire à la suite 
de chacun des volumes dont son ouvrage sera com- 
posé, afin qu'on puisse le consulter plus commodé- 
ment. Il faudra qu'il en prépare les définitions de telle 
manière qu'elles puissent présenter, en fort peu de 
mots, un sens clair et précis , afin qu'on reste 
moins de temps à les consulter ; qu'il y mette tous 
les mots dont la signification est ou perdue, ou dou- 



(i) Pour les autres vices (le ce glossaire, consultez mon er- 
rata, article Partonopeus, 



bu MOYEN - AGE. S5 

teuse, ou difficile à saisir, afin qu'on ne le consulte 
jamais en vain (i). 

Un glossaire qui réunira ces qualités sera tou- 
jours bon, mais il ne sera pas toujours suffisant. Il 
est des romans dont le style est si peu en rapport 
avec le langage actuel , que le lecteur se trouvera 
peut-être autant embarrassé par la combinaison 
des mots, que par leur signification. Dans ce cas 
une version moderne est indispensable. Je dis une 
version, parce qu'on doit rarement se permettre 
de traduire ou de paraphraser un texte qui de- 
mande seulement à être rajeuni. 

Ce travail, si nous en jugeons par les défauts qui 
se rencontrent dans celui dont M. de Roquefort a 
accompagné les poésies de Marie de France, doit 
être d'une exécution extrêmement difficile. Je prends 
les huit premiers vers du prologue, pour ne pas 
être accusé de choisir malicieusement ma citation : 



Ki Deus a doué en science 
De parler la bone éloquence. 
Ne s'en deii talsir, ne celer, 
Ainz se deit voliinters mustrer. 



(i) Si on met dans un glossaire tous les mots qui doivent 
y prendre place, il arrivera quelquefois qu'il sera plus volumi- 
neux que le texte, ainsi qu'on peut le voir dans les stances sur 
la mort. C'est un des inconvénients des glossaires. Il faut le 
subir ou prendre un autre moyen d'cclaircir le texte. 



50 SUR LES PUBT-ICATIONS LITTERAIRES 

Quant uns granz biens est mult oïz. 
Dune a per mesmes est-il fluriz ; 
E quant loez est de plusurs, 
Dune ad espandues ses flurs. 

La version littérale seroit, je crois^ celle-ci : 
Celui à qui Dieu a donné le talent de parler con- 
formément aux règles de la saine éloquence, ne 
doit ni taire ce qu'il sait, ni demeurer dans l'obscu- 
rité; il doit au contraire se montrer volontiers. Lors- 
qu'une belle action est beaucoup ouïe (divulguée), 
elle est par cela même mise en état de fleurir, et 
lorsqu'elle est louée de plusieurs, c'est alors qu'elle 
a répandu ses fleurs. 

Voici maintenant la version de M. de Roquefort : 
a Ceux à qui le Ciel a départi le talent oratoire, 
» loin de cacher leur science , doivent au contraire 
» révéler leur doctrine et la propager. L'homme qui 
» publie les bons exemples, est alors bien digne d es- 
» time ; aussi est-il loué de tous dés T instant où il 
» les met en pratique. » 

Elle n'est, comme on voit, ni littérale, ni fidèle, ni 
même exacte. M. de Roquefort possède en paléogra- 
phie des connaissances que je ne veux pas lui con- 
tester. Aussi je n'attribue qu^à la difficulté même de 
l'entreprise, les défectuosités qui rendent sa ver- 
sion au moins inutile, et je m'autorise de son exem- 
ple pour dire à ceux qui comme lui voudroienl 
moderniser, ( je demande grâce pour ce mot) le 



DU MOYEN- AGE. 57 

Style de nos vieux romanciers : prenez garde à ce 
que vous allez enti'eprendre ; éprouvez vos forces , 
et si vous croyez pouvoir vous charger d'un sem- 
blable travail , ayez soin de ne reteindre , de ne re- 
couper, de ne changer T étoffe que vous aurez entre 
les mains que lorsqu'il ne vous sera pas permis de 
faire difféi-emment. 

Les productions du XII^ siècle sont peut-être les 
seules qui aient besoin quelquefois d'être accompa- 
gnées d'une version moderne. Celles des siècles pos- 
térieurs, s'éloignant beaucoup moins du langage ac- 
tuel, pourront toujours, si je ne me trompe, devenir 
intelligibles à l'aide de quelques notes marginales. 

Ces notes seroient littérales ou historiques : litté- 
rales, quand elles donneroient le sens des phrases 
et des mots ; quand elles présenteroient des varian- 
tes ; quand elles signaleroient des incorrections ; 
historiques, quand elles auroient pour but de faire 
connoître des faits, de rappeler des usages, de com- 
muniquer au lecteur les connoissances dont il a 
besoin pour s'identiûer en quelque sorte avec le 
compositeur, et lire son ouvrage avec profit. 

Les premières supposent de la part du paléo- 
graphe qui les fait l'intelligence des mots , les se- 
condes exigent de plus une idée bien nette, une 
connoissance bien positive de l'histoire politique , 
morale et rehgieuse du temps et des lieux où vivoit 
l'auteur. Faute de quoi on s'exposeroit à prendre, 
comme Téditeur du Pas d'armes de la Bergère, des 



58 SUR LES PUBLICATIONS LITTERAIRES 

substantifs pour des verbes, des verbes pour des 
substantifs, une coiffure d'homme pour un capara- 
çon de cheval ; erreurs qui déprécient nécessaire- 
ment les travaux de l'homme le plus habile, et 
qui jettent par fois du ridicule sur sa personne. 

Les unes et les autres doivent être courtes, clai- 
res, précises, placées avec discernement et avec 
uniformité, partout où leur présence est réclamée. 

Du Cange étoit sans contredit un paléographe 
distingué. Nous avons de lui une édition in-fo- 
lio des Mémoires du sire de Joiwille , où à la 
suite de i5o pages de texte se trouvent 407 pages de 
notes. Quel est celui qui s'arrêtera à la fin ou au 
milieu d'une phrase pour lire une note qui , à elle 
seule, renferme une dissertation toute entière ? Et 
si , rebuté par leur longueur, on continue la lecture 
du texte sans faire usage des notes qui l'accompa- 
gnent, quel est celui qui aura la patience de revenir 
sur ses pas et de reprendre par ordre, une série 
de réflexions détachées qui, étant destinées à lever 
les difficultés du texte , deviennent fort peu inté- 
ressantes lorsqu'elles en sont séparées ? C'est pour 
obvier à ces inconvénients que je recommande la 
brièveté et la précision. Pour ce qui est de la clarté, 
on doit la trouver partout, mais ici elle doit paroî- 
tre dans toute la pureté de son jour. 

Je dis ensuite que les notes doivent être placées 
avec discernement et uniformité là où leur piésence 
est réclamée. Je ne comprends pas la conduite 



DU MOY£>-AGE. 59 

d*un éditeur qui jette çà et là au hasard quelques 
remarques insignifiantes, quelques corrections 
sans importance, dans un ouvrage plein d'incorrec- 
tions et de phrases obscures. Je ne la comprends 
pas mieux lorsqu'il met des notes dans un endroit, 
et n'en met pas dans l'autre, ainsi que l'a fait celui 
des poésies morales et historiques d' Eustache-des- 
Champs, Dans l'un et dans l'autre cas, c'est, à mon 
avis, faire preuve d'ignorance et de maladresse. Il 
auroit été plus sage de donner le texte sans aucune 
espèce d'accompagnement, que d'autoriser le public 
à penser, ou que l'on n'a compris que ce que 
l'on explique, ou qu'on a dérobé en secret des 
observations qui apparoissent de temps à autre 
sans ordre, et quelquefois sans nécessité. 

Je crois que les notes doivent être réunies au bas 
de chaque page et ne pas être disséminées sur la 
marge extérieure comme celles de Y histoire de saint 
Louis par Capperonnier. S'il arrivoit néanmoins 
(ju'elles dussent occuper trop d'espace, ce qui ne 
peut avoir lieu que pour les variantes et les notes 
historiques, il conviendroit alors de les mettre à la 
suite du texte. 

Les variantes font partie du texte et on ne doit 
jamais se dispenser de nous les faire connoître. J'ai 
acquis la certitude que l'auteur d'un ouvrage cor- 
rigeoit, refondoit souvent lui-même son travail, en 
le faisant recopier. Or, comme à cette époque il n'y 
avoit rien de stable dans la langue, et que d'un 



40 SUR LES PUBLICATIONS LITTERAIRES 

autre côté la prononciation, l'orthographe, le style, 
tendoient avec une rapidité inconcevable à se dété- 
riorer pour se perfectionner, il est toujours présu- 
mable , je dirois presque certain , lorsqu'il s'agit 
d'un manuscrit contemporain à l'auteur, que les 
corrections, les amplifications et les autres varian- 
tes quelles qu'elles soient lui appartiennent(i). D'ail- 
leurs, seroit-il prouvé que ces variantes sont dues 
à une main étrangère ? comme celui qui les auroit 
faites vivoit dans un temps où il étoit possible de 
mieux apprécier que dans le nôtre le texte qu'il 
reformoit, il seroit toujours bon de nous faire con- 
noître les rectifications qu'il avoit jugé convena- 
ble d'y introduire. 

Les notes historiques ne peuvent être suppléées ni 
par un glossaire, ni par une version littérale. Il est 
quelquefois utile de les réunir, et d'en former une 
espèce de dissertation qui, en ce cas, pourra servir 
d'introduction au texte dont elle suppose un exa- 
men sévère et raisonné. On méprise les bavards en- 
nuyeux qui, après avoir vu, pour ainsi dire à vol 
d'oiseau, un ouvrage qui demandoit une attention 
réfléchie, prennent la plume et composent, à l'aide 
de quelques lieux communs, des notices, des dis- 
cours, des dissertations où ils mettent toute sorte 



(i) On a tort de croire que le plus ancien manuscrit d'un ou- 
vrage est toujours celui qui rend le mieux la pensée de TaMlcur, 



DU MOYEN -AGE. 41 

d'inutilités, faute de savoir y mettre ce qui devroit 
s'y trouver. 

On n'aimera pas davantage celui qui accoleroit 
des superfluités, ou des hors-d' œuvres aux romans 
dont il se fait l'éditeur. Le joli poème du Pas d'armes 
de la Bergère est accompagné de la description du 
carrousel donné à Saumur en 1828, pièce fort mé- 
diocre, et digne tout au plus de figurer dans le 
feuilleton d'un journal sérieux. Chacun des ouvra- 
ges qui composent la collection des anciens monu- 
ments de l'histoire et de la littérature françoise est 
précédé d'une description fort circonstanciée du ma- 
nuscrit que l'éditeur s'estdonné la peine d examiner, 
le pied à la main. Je ne sais quel a été son but en 
nous donnant la dimension exacte des couvertures 
dont ces vieux parchemins sont en ce moment re- 
vêtus, mais, pour mon compte, je n'ai pu lire ces es- 
pèces de notices sans me rappeler l'observation 
judicieuse du maire qui me délivra un passe-port 
pour venir à Paris : il avoit aperçu mes lunettes, 
il mit à l'article signes particuliers : u Portant des 
lunettes. » Il pouvoit ajouter : « et des pantalons 
noirs. » 

Ici se terminent mes réflexions sur les publica- 
fions littéraires du moyen-âge. Mon dessein étoitde 
ne rien écrire dans ce genre, avant d'avoir terminé 
le glossaire auquel je travaille constamment depuis 
plus de six ans. Cet aveu me tiendra lieu d'excuse 
auprès du lecteur si mes réflexions ne lui paroissent 



42 SUR LES PUBLIC. LITTER. DU MOYEN- AGE. 

pas assez mûries. Dans le cas où quelques-unes 
d'entre elles seroient utiles aux jeunes littérateurs 
que des encouragements distribués avec sagesse in- 
vitent à exploiter une mine ingrate et à cause de cela 
trop long-temps négligée , je les prierois d'adresser 
leurs remercîments à l'imprimeur qui a retardé in - 
volontairement , je pense , l'impression de mon 
errata. Ce n'est qu'en le retirant d'entre ses mains 
après 7 ou 8 mois d'attente, que je me suis enfin 
déterminé à le faire précéder d'un discours qui pût 
lui servir de préface. 



CORRECTIONS 



ET 



RECTIFICATIONS 

A FAIRE 
DANS LA COLLECTION DES ANCIENS MONUMENTS 

D£ l'hISTOIRJE ET DE LA LANGUE FRANÇOISE , 
DE M. CRAPELET ; 

PAR J -H.-R. PROMPSAULT. 



HISTOIRE 



DU CHATELAIN DE COUCY 



ET DE LA DAME DE FAYEL. 



Outre un grand nombre d'inexactitudes qui 
nuisent au sens ou à la quantité, nous avons re- 
marqué qu'il manquoit à ce roman deux chansons 
fort intéressantes, à en juger par les circonstances où 
elles auroient été composées. Dans la première , 
dont la place est entre les vers 49^^ ^^ 49^9^ le 
châtelain, après avoir été surpris à l'un des rendez- 
vous que lui donnoit la dame de Fayel, se consoloit 
en pensant que cette triste mésaventure pourroit 
fort bien ne pas avoir toutes les suites fâcheuses 
qu'elle promettoit à son amour. La seconde, com- 
posée durant son retour de la Terre-Sainte , et 
quelques instants avant sa mort , devoit être une 
espèce de testament amoureux ; sa place est mar- 



^(j CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

quée avec non moins de précision que la première 
entre les vers 7587 et 7588. 

Nous avons fait des recherches inutiles pour 
remplir cette lacune. Aucune des chansons attri- 
buées au châtelain de Coucy ne présente le carac- 
tère particulier à celles-ci. 

Un pareil oubli de la part du copiste est assez 
difficile à expliquer ; je pense néanmoins , vu les 
inexactitudes nombreuses dont son travail est char- 
gé , et les omissions qui paroissent avoir été faites 
en d'autres endroits > qu'on ne doit l'attribuer qu'à 
sa négligence et à son peu de savoir. 

Les six autres chansons se trouvent dans le ma- 
nuscrit chacune à leur place. L'éditeur a dû les y 
rencontrer, mais il ne s'est pas donné la peine de les 
lire, jugeant plus commode, peut-être, de se servir 
d'un travail déjà fait. La différence entre le manus- 
crit et le roman imprimé est ici tellement considé- 
rable, que nous sommes forcés de reproduire ces 
chansons à peu près intégralement ; on verra que la 
sixième , celle à la vérité qui s'éloigne le plus du 
texte, sur 52 vers, n'en a que cinq de conformes 
à ceux du manuscrit. 



LE CHATELAIN DE COUCY, 47 



CHANSON r. 



I. 

Pour verdure, ne pour prée, 
Ne pour fueille, ne pour flour, 
Nulle diançon ne m'agrée, 
Se ne vient de bonne amour. 
Mais li faingnant priéour, 
Dont ja dame n'iert amée. 
Ne chantent fors en pascour ; 
Dont se plaingnent sans dolour. 

IL 

Dame tieng à esgarée. 
Qui oit (2) faus du ventéour : 
Car honte à longue durée, 
Qui avient par tel folour ; 
Et joie n*a (3) point s'amour, 
Qui en tel lieu est gastée. 
Celle a tant à lui valour, 
Qui cbace sa deshonnour. 

III. 

U) 

Ne jà s*amours n'iert celée 
Que ne le sacent pluisour. 



m 



(i; i'ag. »3, vers 364. — (a; Ms. ooit. —(3) Ma, joie a point. (/,) Ces 
àtnx Tcn manquent dans le m*. 



48 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

Mes a (lame de'valour, 
Belle et bonne et acesmée, 
Qui ne croit losenge'our, 
Doit on penser nuit et jour. 

IV. 

Bien m'a amours atournée 
Douce paine, et dous labour. 
Ne jà, pour riens qui soit née, 
N'oublierai ceste honnour 
D'amer toute la meillour 
Qui par les bons soit louée; 
Mes de tant sui en errour 
Conques n'araai sans paoùr. 

V. 

Bien s'est amours a fermée 
En mon cuer, a lonc séjour ; 
Car g'i ay haute pensée 
Plus que cil autre araéour. 
Mes li autre enquéréour 
Font éuvre mal-éurée 
Que inde (i) mainte coulour, 
Pour tourner joie en tristour. 

ENVOI. 

Dame , celle part me tour 
Que m'amour ne soit doublée, 
Et mon desconfort greignour : 



(i) Ce mot inde^ owvide^ ou nide^ car onpeat lire l'nn tout aassibien 
que l'autre, ne présente pas de sens, et le vers est imparfait. Je pense 
qu'il faut lire que indé^ ou mieux qu' indue, revêt. 



Lt CHATELAIN DE COUCY. 49 

Dont je roourai sans retour, 
Se par vous ne sont ménour. 



CHANSON II'. 



I. 

La douce vois dou rousignol salvage, 
Qu'oy nuit et jour quointoier et tentir, 
Me radoucist le cuer, et rassouage : 
Or ai talent que cLaot pour resbaudir. 
Bien doi chanter^ puisqu'il vient à plésir, 
Celui que jai de cuer lié fait hommage. 
Si doi avoir grant joie à mon corage 
S*elle me veult à son ces retenir. 

II. 

Onques vers li n'oy faus cuer, ne volage : 
Si m'en devroit par temps mius avenir. 

(2) • . 

Car sa biautés m'a fait si esbahir 
Que je ne say devant li nul langage, 
Ne regarder n'os son simple visage. 
Tant en redoubt mes iex à départir. 

III. 

Tant ai en li assis tout mon corage 
Qu*aillours ne pens, et Diex m'en lest joïr ; 

(l) Page a8, Ttri 8ao. — (») Cei d«i« reri manquent dans le Mi. 



50 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

Conques Tristans qui but le buveraige 
Si loiaunieni n'ama, sans repentir : 
Car je y mas cuer et corps et désir , 
Force et povoir, ne say se fas volage, 
Eiicor me doubt qu'en trestout mon cage 
Ne puisse assès 11, ne s'amour servir. 

IV. 

Confoj'me au tns» 

ENVOI. 

Chançon, va-t-en pour faire mon message 
Là où je n'es ( i) trestourner, ne guencir ; 
Car tant redoult la folle gent follage 
Qui devisent, ains qu'il puist avenir, 
Les biens d'amour ; Diex les puist maléir ; 
A maint amant ont fart ire et domage ; 
Mais j'ai de ce moult cruel avantage 
Qui mi estoit seur mon gré aveoir. 



CHANSON IIP. 

Elle est conformera ms., excepté le troisième vers 
qui est ainsi conçu : 

Et les dous chans menus des oizillons. 

(l) Ms. Je n'ose. — (2) Page 8;, vers a6o4. 



LE CHATELAIN DE COUCY. 5l 



CHANSON l\\ 

I. 

Au re nouvel de la douchour d*eslé 
Qui resclarcliist la vois et la fonteinne, 
Et que sont vert bois et vergiet et pre's, 
Et li rosiers florist en moi et grainne , 
Lors chanterai ; car trop m'ara duré 
Hairs esmois qu'avoie au cuer procheinnc* 
Mes fine amour à tort m'achoisonnés , 
Et moult (a) souvent de legier m'effraés. 

II. 

Bien voi qu'amours outre loi fn*a mené' ; 

Mes moult m'est bel qu'à son voloir m*ainainne. 

Mes se Dieu plesl, encor m'en sara gré 

De mon travail, et de ma longue paine 

Mes paour ay que ne mait oublié 

Par le conseil de la fausse vilainne, 

Dont li corps est connéus et prouvés, 

Qu'à paines sui sans morir eschapés. 

m 

Douce dame (3) pour Dieu car m'otrios 
Ln douzregart de vous en la semaine. 
Si atendrai en celle séurté 
Joie et scias, se fins éurs Tamaine. 



(i) Page 198, vers 5974. — (î) M». Est nioiiU. — (3) Ms. E. donc» 



2 CORRECTIONS ET RECTIFICATIOWS. 

Ne membres vous com laide cruauté 
Fait, qui ocist son lige homme demaine. 
Douce dame d'orguel vous deffendés ; 
Ne traïssiés vos biens ne voz bontés. 

IV. 

Tant ai d'amours mon fin cuer esprové 

Que jà sans lui n'auraie joie certaine, 

Et si sui tous si à sa volente' 

Que nulz travaus mon de'sir ne refraingne. 

Quant plus me truis pensis et esgaré , 

Mieus me confort es biens dont elle est pleiune : 

Et vous, seigneurs, qui priés et ame's, 

Faites ainsi, se jouir en voulès. 

V. 

Douche dame, trop m'ont oquoisonné 

Faus losengiers, par lor parole vaine : 

A mon déliait m'ont il desconforté ! 

Près ne m'ont mort: Diex lor doint malle estrainn' 

Mais maugre' eulz vous ai mon (i) cuer gardé. 

Près (2) d'un amour qui jà n'en ert lointaine : 

Si finement s'est envers vous prouvés 

Jà plus n'iert ne mes quis, ne trouvés. 

ENVOI. 

Le manuscrit nen a point, 

(i) M». Non cuer. — (2) 11 faudroit pent-être: Ton pris amoar, elc. 



LI CHATELAIN DE COUCT. 55 



CHANSON V'. 

Conforme au ms. Elle nest que de 7 % 

CHANSON VP. 



A vous avient mius qu'a nulle autre gent , 

C'est bien raison que ma doulour complaingne ; 

Car il m'estuet partir outréement , 

Et desevrer de ma douce compagne. 

Mes quant la perc n'est riens qui me remengne. 

Mes sachiés bien amors séurement 

Sans nul morir , avoir le cuer dolent. 

Ja n'ert par moy que de mon cuer ne l'ains. 

IL 

Biau sire Diex, dont ce doit , et comment 
Conviendra-il qu'en la fin congié preugne î 
Ouil , par Dieu , ne peut estre autrement : 
Aler m'esluet sans lui en terre estrange (3). 



(i) Page i3j, vers 7o35. — (2) Page j44, ver» 7383. — (3) Il faut 
lire titra ngne. 



54 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

Si ne quic nous qui (i) grant bien m'en soumeingne , 
Car je n*ay mes confort n'aligement , 
Ne de[ nulle autre avoir joie n'atent 
Se de lui non , ne sai se c*iert jamais , 

III. 

Par Dieu , amours , grief m'est à conserer 
Les dous soûlas , et de la compaingnie 
Qui me souloit si biel samblant moustrer. 
Mes quant recors sa simple courtoisie , 
Celle qui miert dame , compagne , amie , 
Et les dous mos qui seult à moy parler, 
Comment me puet li cuers el corps durer 
Qu'il ne me part ? Certes moult est mauvais. 

IV. 

Or voi-je bien qu'il m'estuet aceter 
Tous les déduis qu'ay eu en ma vie : 
Nel me volt diex pour noient pardonner. 
S'ai grant paour ses louiers ne m'ocie. 
Et sacliiés bien , sains fist Diex vilonnie 
Que vilains fait les âmes desevrer. 
Ne je ne puis de li mon cuer oster. 
Si me convient que je ma dame lais. 

v. 

Or sont tout lié li fol losengéour , 
Qui il pesoit des biens qu'eu avoie , 
Que ja vers eulz bonne volenté aie 
Si en puis bien perdre toute nia joie. 
Que tant de mal m'ont fait li traitour. 



(i) Je pense q^u'il faudroit lire que grant bien. 



LE CHATELAIN DE COUCY. 55, 

Se Diex voloit qu'il éuissent mal jour , 
M'ame porroit carger plus pesant fais. 

VI. 

Je m'en vois , dame , à Dieu le créator 
Vous cornant je , en quel lieu que je soie. 
Je ne sai se (i) venres en mon retour ; 
Aventure est que james vous revoie. 
Mè& je vous pri que ou que mes cuers traie » 
Que raes couvens d'amours vous me teingniés* 
Si prie Dieu qu*ausi m'envoit honnour 
Corn ']ç vous ai esté amis et vrais. 



Confc 



ENVOI. 



orme au ms. 



CORRECTIONS. 

V. fS. — Ainsi graciaient amours. 

GracioierU est de quatre syllabes. 

V. 25. — Et de ccus qui es roumans et dis. 
Supprimez le premier et qui est de trop pour la 
mesure et pour le sens, ce vers se liant au aS". 

V. 46. — Les faiseurs et les diffament. 
Lisez : faiseurs y trois syllabes. 

(i) Ms. SejiiDe*. 



56 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

V. 63. — Omques Gauwains ne Lancelos. 
Lisez : oncques. 

V. 76. — L*ot amours jà à son œs pris. 
Lisez : oès, deux syllabes ; de même au vers 837. 

V. 200. — Vostre manière vos nobletés. 
Il y a dans le ms : vostre manière et vo nobletés. 
Le ^< a été graté. Lisez : vo manière et vo nobletés, 

V. 253. — Dist la damey'oj conter. 
Lisez : fofy deux syllabes, et marquez Yf d'un 
tréma. De même aux vers : 4i^> ^67, 691, 1 157, 
i5i2, 2388, 2716, 38io, 4180, 4570, 555o, 6770, 
727g. On trouve oye formant deux syllabes au vers 
'^754, et ailleurs oy monosyllabe ; il faudroit écrire 

Of\ 

V. 263. — G'on face le lit del chastelain. 
11 faudroit lire : c on face lit el chastelain. C'est- 
à-dire : qu'on prépare un lit pour... 

V. 349. — La dame souvent ooit. 
Lisez : oïoit , comme au vers 554- 

V. 283. — Que ne le sacent plaisour. 
Lisez : pluisour, 

V. 415. — Fu puis en maint lieu par li. 
Lisez : lieû^ deux syllabes. 

V. 516. — Dame se par vous ne Vay. 
Lisez : le ay\ 

V. 523. — Venus en s\x\ jusque au mourir. 
Lisez: jusquau. Cette correction est nécessaire 
parce qu'il y a des endroits où l'élision ne doit pas 



LE CHATELAIN DE COUCY. 57 

avoir lieu. Faites de même aux vers iioo, i5o6, 
1900, 2725, 5415, 4255, 49^2 > 5659, 6395, 6408. 
6858, 8o5o. 

V. 528. — Se muir vostre ame en péeckic. 
Ms. epééc/ue scvec une abréviation sur le premier 
e. Lisez: empéechie, 

V. 532. — Oye et vostre volenté. 
Lisez : oye^ trois syllabes. 

V- 559. — Vous fait gerres à moi qu'en tient. 
Le ms. porte en marge griefs. Cette correction 
est fort ancienne. 

V. 577. — Ces deux raisons ont fait que fui 
yostresy dame, que serai et sui. 
Lisez : vo, 

V. 614. — Ha amours î qu'en grant esmay . 
Lisez : que en, comme dans le ms. 

V. 619. — Si n'en say ou prendre consaiL 
Lisez: conseil, 

V. 672. — Droit entre le Ftre et Venduel. 
Dans le ms. il y a le ferre,- on a gratéun r ici, et 
au vers 920. 

V. 701 . — Certes ma dame vous dites voir. 
Lisez: certes dame ; supprimez ma. 

V. 761. — Ainssi desespoirs la conseille. 

Lisez: Vaconseilley un seul mot. 

V. 708. — Tous jours serons en vostre aye. 
Lisez: ayey trois syllal)e8. 



58 CORRECTIONS ET RECTIFICATIOKS. 

V. 796. — Par quoy nulz blâmer vous ose. 
Lisez, je pense :jà vous ose ; ou jà blâmer, 

V. 845. — Et dessus toutes et amer et cremir. 
Lisez : toute. 

V. 860. — Quant o fait ledit chant. 
Il manque deux pieds. Je pense qu'il faudroit lire: 
quant eu p a? fait ledit chant. 

V. 884 De tous lès venoit li harnais. 

Lisez : barnois de préférence à harnois. 

V. 915. — Qui moult gentement se condindrent. 
Lisez: contindrent. 

V. 919. — Qui fu helhy plaisant c/honneste. 
Supprimez la conjonction et. 

V. 933. — Simplement sans mener orguel. 
Mettez une virgule après orguel à la place à\jt 
point. 

V. 934. — Li quens Phelippes de Namur. 
Ms. i< Li quens de Namur Phelippes de Namur. ». 
Le premier iVamwr est en effet de trop. 

V. 955. — Mesires Phelippes de Jascelle. 
Lisez : d'Iascelle. 

V. 958. — S'orent \ox» femmes et lor amies. 
Lisez :y^mm^. 

V. 966. 
Transportez le point qui est à la fin de ce vers 
après le mot cloche qui est dans le vers suivant. 
V. 995. — Taime loiaument. 
Ms. s'aimment loiaument. 



LE CHATELAIN DE COUCY. 59 

V. 997. — Et pour ce le di qu'il ont mainticu gent. 
Il faut supprimer la conjonction et» 

V. 1029. — La dame dïst quelle est faite. 
Lisez : que elle. 

V. 1061. — Qu*à merveilles yôn/ à ouir. 
Lisez : sont. 

V. 1092. — Cou vers de geulles à un liepars. 
Lisez : geulle, 

V. 1140. — De celle cop quant elles le virent. 
Lisez : de ceV cop y comme au ms. 

V. 1165. — Mes geffroi de Losengnon 
A Tescu briilet au lion. 
Lisez dans le premier : u mesire Geffroi Losen- 
gnon, » Dans le second vers, lisez : burlet. 
V. 1198. — Ja ert en son chief son heaumes. 
Lisez: heaumes, de même vers i653. 
V. 1286. — La manche ridée et déliée. 
Lisez: ride. 

V. 1465. — Cil de fere, et \e\xY pan tenu. 
Lisez: pas. 

\. 1473. — A fere re/ôn/, grande joie. 
Lisez : reifont. 

V. 1569. — En celjour gaulas de moy. 
Lisez: moj" de même au vers i6i5. 

V. 1673. — Et la dame de Faicl. 
Lisez : Faiély trois syllabes. De même aux vers 
1042, SgiS, 5832. 

V. 1765, — Mainte dame /^^or^rc^f forment 
Lisez : plorent. 



60 COnRTCTIOPfS ET R£CTIFICATI0I«8. 

V. 1 769. — La voiour la manière gente. 
Il faudroit peut-être ^dalour. 

V. 1779. — Que voie je contant. 
Manque deux pieds. Lisez peut-être: mes que 
voie y encor contant^ ou mieux mes que vole j'adonc 
contant, » 

V. 1859. — Si comme d'un pais estoieni. 
Mettez un point après eslolent; mettez-en un pa- 
reillement à la fin du vers 1 865, et supprimez celui 
qui est au vers 1862. 

V. 1866. — A toux comme seigneur de grant pooir. 
Supprimez a tous. 

V. 1909. — Si lor est et corps empraintes. 
Lisez empraintes f quatre syllabes. 

V. 1963. — En seroie se Dieux m'a//. 
Lisez; m'ajt, deux syllabes. 

"V. 1985. — Peussiez à privé ont/. 
Lisez: àmj'f c'est-à-dire, à moi. 

V. 1997, — Dont vinrent dames et chevalier. 
Lisez: dame, 

V. 2003. — Seur tous li sires de Chauvegny . 
Supprimez le de, 

V. 2086. — Qui sera par maintes fois retrait. 
Supprimez par, 

V. 2088. — Par le renom de vous recort. 
Lisez : vo. 

V. 2113. — Sera \di jambe Duval. 

Lisez: du val, c'est-à-dire du valet. Il manque un 



LE ClIAItl Ai:^ I)t COUCY. Gl 

pied à la mesure tle ce vers. Je pense qu'il faudroit 
lire ïambe au lieu de jambe. 

V. 2170. — De vo bras s*ou corps vo dure. 
Lisez : se ou, 

V. 8191. — Li chastelainsmouU.f'<rj/oj. 
De ces parollcs qu'il oy. 
Lisez: esjo)' etoj. 

V. Ml 4. — Ce vnuH serait contors grauii. 

Liiez: seroie. 

V. Si3S.— De \y naray jà duutancc. 
Lisez: nearajr. 

y. 9316. — Se li liuis n'en deffreinés. 
Lisez: ne ert, ou mieux niert. 

V. S361 . — Car moult mesmen^cUl par m'aine. 
Lisez: mesmerveille. 

V. 2i50. — E ! mûres douce dame ami. 
Lisez : emi! très douce dame à mi, 

V. 969t. — Hélas !y« ne sais conmcnt. 
Il faudroit lire: Hélas ne sais niie comment. 

V. 9699. — Pf'ert pour moy ; viegnc s'il veut. 
Lisez : ne ertpar moi, 

V. 9757.— Espoir on nous a dit mensonges. 
Lisez: mensongnes, 

V. 9010. — Qu*à Chauvigui rovmt en ariére. 

Supprimez en, 

V. 3070. — Ou mors sui yVr.sa V d«? iy. 
Lisez: je le, 

V . 3099. — Des or mais la con/orteres. 



62 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

Lisez : des^or-mais V aconjorlerés , 
V. 5107. — Et vous afaii deviserës. 
Lisez: à fait, 

V. 3126. — Dont plus seva joiaus et baus. 
Lisez : joians. De même au v. 3388. 

V. 5140. — En un po^ de parchemin clos. 
Lisez : plof, 

V. 3151. — Ce// que amours abandonne. 
Lisez : celle» 

V. 3176. — Dont ne vous tiégne nulle sonne. 
Lisez ; nul essonne. 

V. 5218. — Lors en destour se assist. 
Lisez; s'asséist, 

V. 3268. — Hyraus crioient, jà lachiés. 
Lisez : hyraus crioient j à Vachiés , faisant de l'a- 
chiès un substantif et supprimant la virgule qui est 
après crioient, 

V. 3274. — Cuer et volenté de Béance. 
Mettez un et à la place de de, 

V. 5510. — Mes nient plus ne le remoUvoient. 
Lisez: nel, 

V. 5548. — Un autre tournoy cùevfisent. 
Lisez '.firent, 

V. 5582. — Mes autre fois esté y avoit. 
Supprimez l'accent du mot esté, dont Ve doit s'ë- 
liderpour la mesure du vers. 

V. 341 â. — Tant que dens laissiet l'ait. 



LE CHATELAIN DE COUCY. 63 

Lisez :l« Tant que dans Yuïsset le ait. » Jusqu'à 
ce qu'elle l'ait fait entrer. 

V. 351 5. — Car tresdoni que premiers vo vi. 
Lisez : très'dont, 

V. 3552. — Pieça a que cuers et corps et ame. 
Supprimez la première conjonction. 

V. 5570. Travail ne sentent ne haschie.* 
En cest mont. 
Mettez après le mot mont les deux points qui sont 
après le mot haschie, 

y. 3800. — Fa sage estoit et malicieuse. 
Supprimez \et qui commence le vers. 

V. 3869. — Jaim bien laiaument. 
Lisez : Loiaument. 

V. 3877. — Quant ot dite ccste chancon cy. 
Lisez : dit. 

V. 3899. — De donner robes et garnemens. 
Lisez: robe. 

V. 3985. — îlt li varies le stm adès. 
Supprimez le pronon le, 

V. 4006. — Le saiel et la lettre esgarda. 
Remplacez la conjonction par une virgule. 

V. 4036. — Mes de loing un po le Suj. 
Lisez : suf, de même au v. 4o3g. 

V. 4O64. — Di, va, conte qu'as-tu trouvé? 
Lisez: dii^a, un seul mot. 

V. 4076. — Et cilz li dist qu'il n'en seroit plus. 
Supprimez le et qui commence le vers. 



64 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

V. 4087. — N'ot menée si privéement. 
Lisez: mené. 

V. 4216. — Ne faites chière de courouchies. 
Supprimez le de , courouchies est adjectif. 

Y. A'îlQi^. — Qu'il a très-grande besoingne. 
Lisez : que il. 

V. 43^1. — Car quel essoingne qui //aviegae. 
Lisez : qui ou quil pour qui lui. 

V. 4387. — Que par luy ne seront acusé. 
Lisez : nestront pour n esteront. 

V. 4530. — Venra li cliastelains yci. 
Lisez : icf. 

V 4615. — Que ceste damoiselle. 
Il manque deux pieds à ce vers qu'il faudroit, je 
crois, lire ainsi : Que amer ceste damoiselle. 

V. 4647. — Qu'il me mais ci sus maintenant. 
Lisez : mesj du verbe mettre. 

V. 4650. — Pour moi estes venu et aie. 
Lisez : Pour moi venu este et aie. 

V. 476?». — Amours déduit ne legerie. 
Lisez : lecherie. 

V. 4890. — Et de parolles a queillie. 
Lisez : aqueilli, de verbe aqueillir. 

V. 4910. — Qu'endure'e a pour sonc amour. 
Lisez : soue. 

V. 5066. — Lors fist aprester des manois. 
Lisez : desmanois. 



LE CHATELAIN DE COUCY. 



V. 5092. — Ma dame que estes la riens ne'e. 
Lisez: qu estes, 

V. 5136. — De grosses pierres sont li bouton. 
Supprimez le c^^pour rétablir la mesure. 

V. 5178. — Se fier se poroit nullement. 
Lisez : nulment. 

V. 5205. — Ne m// , ne deulz ne saroie nommer. 
Lisez : ne un deulz saroie nommer. 

V. 524^2. -^ Car à nxiXfue ne Fanieroie. 
Lisez : fuer. 

V. 52T3. — El elle li ;x fiante. 
Il faudroit peut-être lire fiancé ici et au vers 
55o4, ou tout au moins fiauté. 

V. 5281 . — Quaveu lui a asses à parler. 

Ce vers devroit être lu de cette manière; Que 
vers lui asses à parler, 

V. 5292. — v/j/ Dame non par ma foy. 
Lisez : fl^*. 

V. 5505. — Ei comment il pourchassera tour. 
Supprimez la conjonction et. 

V. :j')(30. — Certes j'en ducli grant paine en prendre. 
Lisez: emprendre. 

V. 5579. — Que mes maris par nul en sens. 
Lisez : entens, 

V. 5589. — En un lieu ou nulz ne s'embau* 
!^ rime dcmanderoit embache, conformt5ment l\ 
t!i»He qu'on trouve vers 6o54 et 6o55. 



G6 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

V. 5655. — Amis j'ai eu dennis. 
Lisez, je pense : Demanois. 

V. 5765. — Nulz tant sache bien eschuir. 
Lisez : eschuïr. 

V. 6214. — Moustre par batre tant est sage. 
Lisez : moustrer, 

V. G^AÂ, — Gom faitement elle exploitera. 
Supprimez le pronom elle, 

V. 6285. — Désire la main et soir f;jmonte. 
Lisez : désir Va. 

Y. 6512. — Et la dame Derraine y entra. 
Supprimez la conjonction et, 

V. 6^456. — Tant a pensé qu'il Tavise. 
Lisez : que il, 

V. 6465. — Dame, dist-il, passé a longuement 
Supprimez dist4l, 

V. 6473. — Moult y ara grant chevalerie. 
Supprimez moult, 

V. 6485. — Non pourquant ne failli mie. 
Lisez : ne li failli. 

V. 6492. — Moult me mouslrés grant amour. 
Lisez comme au ms.: Et si nie moustiês gisant 
amour, 

V. 6550. — Adont viegne en abit de mercier. 
Je présume qu'il faut supprimer le mot adont 
pour retrouver la mesure. 



LE CHATELAIN DE COUCY. 67 

V. 6565. — Ferai ce qu'en ce brief a escrit. 
Supprimez a. 

V. 6572. — Tant que li sires s'en fu aies. 
Lisez : sire en. 

V. 6586. — Li sires ret^int en sa maison. 
Lisez : Reifintlisire en sa maison, 

V. 6607. — Quelle Tôt mandé quist son tour. 
Lisez : QueV Tôt mandé quist son atour. 

V. 6647. — Le plus grant aleure qu'il pot. 
Lisez : aleuri, trois syllabes. 

V. 6657. — Lors Taproche et li a demande. 
Supprimez lors. 

V. 6660. — Moult save's ore venir à point. 
Lisez : or. 

V. 6730. — Car tout enquis tire a tire. 
Lisez : car a tout. 

V. 6765. — Car un petit me dient li chies. 
Lisez: dieiit, 

V. 6879. — Que il meisme se croisera. 
Lisez: qu'il méisme. 

V. 7006. — La Dame ossi en i\y%joiaus 
Qui de ce estoit desiraus. 
Lisez i joians et désir ans. 

V. 7012. — Sa pensée ne monstre esperte. 
Lisez : aperte. 

V. 7069. — Si nous en coûtaient consirer. 
Lisez: confient, de même aux v. 7154, 7328^ 

7355,7741. 



f)8 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

V. 7255. — Li ciiers est vostres car ne pouroie. 
Lisez : est vo, 

V. T259. — Que de vous yo/rat encore. 
Lisez : jofraj', trois syllabes. 

V. 72G8. — Que je vous jurerai fermement. 
Supprimez y^. 

V. 7^74. — Faire ne le poroie a nul fuer. 
Supprimez le pronom le, 

V. 1Â0% — Car vilaines fait boine aniors desevrer 
Supprimez car. " 

V. 7456. — Si les reçurent à cuer joieulz. 
Lisez : siV. 

V. 7459. — Mestier orent de leur aye. 
Lisez: aye, trois syllabes. 

V. 7456. — Pour ce ne lifu pas prouesce. 
\À%e:L: faut pas, 

V. 747 5. — Treiches ouvrées de fins d*or. 
Lisez ijius d'or, c'est-à-dire fils d'or. 

V. 7516. — L'enchaus lessierent, si V emporter rut. 

Lisez : IJenchaus lessient si emportèrent, 

Y. 7530. — - El dedens vingt jours sera. 
Lisez : et que dedens, 

Y. 7540, — Ses corps ^^jmiVMous et Ton'. 
Lisez, je peu se : desainist, 

Y. 7557, — Ce commanda il si acurc» 
Lisez : à eure, deux mots. 

Y. 7589. — Moult li estoit adoni joie lontaiuc. 



LE CHATELAIN DE COUCY. 69 

Supprimez adont. 

V. 7655. — Pour ce queye ne puis ains ma mon. 
Supprimez je. 

V. 7663. — Et la mindre entre les millours. 
Lisez : miudre, 

V. 7680. — Que quant elle sera déviée. 
Lisez : quant eV. 

V. 7768. — Largesse , courtoisie et bontr. 
\À?»ez: courtC^se et. 

V. 7795. — Qu amours les prende de sa raesnie. 
Lisez : en sa, 

V. 7818 — Pour confesser car sans demeur. 
Lisez : demour, 

V. 8076. — Et // dist : dame crées sans faille. 
Supprimez //. 

V. 8164. — Puissedi tant com il dura. 

Lisez ; puis se di, ou mieux encore , puis ce di, 

V. 8184. — Belle response biau saluer. 
Lisez : beV. 



'c HHtM ii 



iPiiia ïP(î)ï3 (DiPia W8 

DE BLOIS. 



L'éditeur de ce poéme-roman a adopté, pour cer- 
taines expressions abréviées, une orthographe qui 
est opposée au génie de la langue Françoise. Il a eu 
le tort de ne pas la suivre constamment, et celui 
plus grand encore de lui substituer, dans son glos- 
saire, Torthographe ordinaire. 

On disoit sil, pour si le; sin, pour si ne; nés, 
pour ne les , etc.; au lieu d'écrire siV, sin y nes\ 
etc, comme il a été en quelque sorte contraint de 
le faire dans plusieurs vers, ou s'il, sin, nés, etc., 
ainsi qu'il la fait dans son glossaire; il écrit ordinai- 
rement, si'l, sin, ne s, etc., isolant la dernière let- 
tre qui devient alors un signe muet, car notre 
langue ne reconnoît point aux consonnes la propriété 
de représenter à elles seules une idée quelconque. 

D'ailleurs il en est de ces mots comme des parti- 



1» 



PARTONOPELS D£ BLOIS. 71 

cules des , du, au, aux, que personne n'aura jamais 
la fantaisie d'écrire ainsi : d'es, d^u, aux, au. 

Il faut donc corriger les mots suivants dans les 
vers où nous les avons relevés et partout où on les 
rencontrera. 

\.6oi'^. cil iestu. Lisez: chi-es-tu ou chies-iu. 

V. 7074. jci'l» Lisez : jaV, 

V. 8546.7V/. Lisez :yV/'. De même v. 8552. 

V. i652. jVs. Lisez: j'es. De même aux vers 6094, 
7808. 

V. 8499. '''^^- luisez: mer ou mel. 

V. 1748, mes. Lisez: mes, 

V. 259. ne s. Lisez : nés. De même aux vers 62 1 , 
i556, 225o, 2710, 2938, 5i63, 5969, 6474^ 681 5, 
7105, 7185, 7655, 7992, 8452. 

V. 7557. que'l. Lisez : quel ou quel\De même aux 
vers 8282, 85oo. 

V. 1978. qui'L Lisez: quit. De même aux vers 
5119, 5io4, 5454, 8935. 

V. 7 157. quin. Lisez : quin ou quin. 

V. . quist. Lisez : quist. 

V. 1004. qui' s. Lisez: qiUs, De même aux vers 
8393, 8774, 9574. 

V. 5377. sel. Lisez : sel ou sel , De même 5579, 
.^^561, 4245, 4264, 4357, 4414, 7620, 7947, 7957, 
8i5i, 8215, 8267, 8295, 8522, 8809, 8958. 

V. 461. se' s. Lisez: ses. De même aux vers 622, 
1990, 2010, 7597, 8o58, 8177, 84i3, 8771. 



72 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

V. iii8. sil. Lisez: sil ou sil\ De même aux vers 
9i5, 5798, 7790, 8046. 

V. 49^9* ^^^^' Lisez: sin ou sin. De même aux 
vers 5o i o, 6000, 7 1 1 1 . 

V. ^279. si' s. Lisez: sis. De même aux vers i856, 
2212, 79iî^, 10145. 



CORRECTIONS. 

▼ ProlOGNE. 

Lisez : prologue. 

V. 5. — Beneois soit li buens Jhésus. 

Lisez: Bénéois, De même au vers 7. 

V. 23. — Le sien cant eussons moult chier . 
Sele en seust faire dangier. 
Lisez : éussons et séust, 

V. 4^2. — L'on <io\i pour veir cointement. 
Lisez -.pour^éir, 

Y. 63. — Por la saison qui .... bêle. 
L'existence des lettres ^<272....^ annonce qu'il faut 
lire ainsi : por la saison qui tant est hele, 

V. 65. — Et je smsjouenes et engignos. 
Lisez xjouene. 



k 



V. 116 — Se ins nel connoist en son pensé. 



PARTONOPEUS DE BLOIS. 73 

Il y a s'eins dans le ms., et c'est ainsi qu'il faut 
lire. 

V.1 78. — Fait justice de son règne. 

Lisez : régné. De même au vers 258. 

V. 206. — Por Troiens qu'il tant doutoit. 

Lisez : Troîens. De même au vers 400. 

V. 339.— Tôt a veue l'ont traï.. 

Lisez : -y^M^" comme au ms. 
V. 321 . 
11 semble que ce vers devroit être le premier d'une 
nouvelle section. 

V. 239. — Et el fu dusque la seuc. 
Mais ne fu pas aconseue. 

Lisez : séue, et aconseue, comme au ms. 

V. 359. — Et il la fist ardoir en re 
Lonc la costaine du règne. 
Lisez : ré, et régné, 

V. 362. — Tos les plus nobles paissans. 
Lisez: paissans. De même vers 5 17. 

V. 405. — Lor batailles et lor fuisses. 
Lisez: juïsses. 

V. 422. — Qu'il ne li meuscent consens. 
Lisez : meuscent, 

V. 442. — Fu fors rois et poeisteis. 
Lisez : poéstéis. 

V.458. — Qui puis deiut de lui partir 

Buens cevaliers d'autres règnes. 
Lisez: déust et régnés. 



74 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

V. 4G6. — Et déduis d*escu et de lance. 
Lisez, je pense: es, etc. 

V- 489. — Si mist pais et crestienté. 
Lisez : crestienté. 

V. 542. — Qui tant eust en soi beautés. 
Lisez : éust, 

V. 565. — Bouce a petite, grosse lèvre te. 
Il y a un pied de trop, je pense qu'il faut lire pe- 
tit% au lieu de petite. 

V. 568. — Moult bien assis et bien veus. 
Lisez: véus. De même aux vers i58o, i65i. 

V. 575. — Et a longe laforceure. 
Lisez : forcé ure* 

V. 690. — Del travail et del geuner. 
Lisez : géuner, 

\. 728. — N'en peut avoir nule veue. 

Lisez : véué, comme au ms. De même aux vers 
864, 144^? 1590. 

y. 754. — El tôt la lowrc de la nef. 
D'après le glossaire même, qui en cela est con- 
forme au ms., lisez: latowre, 

V. 797. — La veissiés tant belle entaille. 
Lisez : veissiés. 

Y. 821 . — De liois; est blanc coni y voire. 
Je pense qu'il faut lire , del joïs, des Juifs, des 
«nnemis de Dieu, et mettre après ce mot un point 
€t une virgule. 

V. 897. — Nus ni mangue y nusîii sert. 



PARTONOPEUS DE BLOIS. 75 

Lisez : mangue. De même aux vers 994, 99^, 
3837, 449 «• 

V. 899. — Ni a empereors^ ne rois. 
Lisez : empéréors, 

V. 908. — Ne harpe oie, ne viele. 
Lisez : oie, comme au ms. 

V. 927. — Que el cief de tote la cité. 
Ms. quel; c'est ainsi qu'il faut lire. 

V. 985. — ()}Xd,nX. essuies a ses mains. 

Lisez : essuies. 

V. 1087. — Un escarboncle a el pumel. 
il seroit mieux de lire : escarboucle, 

V. 1145. — Ico que est virgene Marie ? 
Lisez : qu'est. 

V. 1819, — Puis vos donrai ^ewr conduit. 
Lisez : séur. De même au vers i555. 

V. 1223. — U trais en serés à ronds. 
Pour la rime il faudroit lire roncins, qui du reste 
est plus usité que ronds. 

V. 1255. — Deus totes daines beneie. 
Lisez : benéièy quatre syllabes , comme au ms. 

V. 1370. — Si arivai droit al troisporis. 
Ms. trois port. Lisez : trois-port. 

V. 1571. — C'est uns hat^cnes de Normendie. 
Lisez : lun^eues, deux syllabes. 

V. 1576. — Et tos si écles vos i anioit. 
Lisez : siècles y comme au ms., un seul mot, et 
de deux 8vllal>es seulement. 



é 



76 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

V. 1589. — Desdoutdu.squor me sui tenue. 
Lisez; des-clont, comme au ms. 

V. 1401 . — La VOS eusce fait servir. 
Lisez léusce. De même aux vers 1706, 1754, 
2585, 261 1, 5 148, eu y ainsi que porte le ms. 

V. 1450. — Murs et cevaîs rices et beaus. 
Fores plentewes rivières. 

Lisez : muls, et plentéwes. 

V. 1506. — Mais nature toslans fera. 
Lisez: tos-tans. De même aux vers 1945, 4^10? 
et ailleurs. 

V.1551. 
Dans le ms. ce vers est le premier dune section. 

V. 1611 . Mais tant est noir qu'il le soscient. 

Ms. ôoscent. Cet i suscrit est ici l'abréviation 
de la syllabe n. Lisez : soscrient , verbe composé de 
la préposition sos, et de criendre, 

V. 1827. — S'en vont li chiens as trieslres droit. 
C'est ainsi qu'il faut lire , et non astriestres , 
comme on le trouve dans le glossaire. 

\. 1869. — Et Damel-Dex qui ne menti. 
Lisez : dam-el-dex. De même aux autres endroits 
du poème où le même mot se rencontre. 

V. 201 5. — De VOS caindre premiers l'espée. 
Lisez: caindre, 

V. 2071 . — Corn li avoitfremés noveals. 

Il faudroit pour la rime lire noç>eaus , changeant 



PARTONOPEUS DE BLOIS. 77 

/en w. La même rectification seroit à faire aux vers 
5598, 7289, 9725.. 

V. âS57. — Partouopeus trosquel val. 
Ms. trosque el. C'est ainsi qu'il faut lire. 

V. 228ti. — Trosqu'il lyott son arier-ban. 
Lisez : voie , comme au ms. 

V. 258b. — Et lor force est sor nos creiie. 
Lisez: cf'éué, comme au ms. 

V. 2453. — Ce doit estre quanses me die. 
Lisez, je pense: quanses, 

V. 2474. — Tant ert il plus asseurés. 
Lisez : asseurés, 

V. 2651 . — Coin a ma cort mesconseille. 
Lisez : mesconseillwy ou mes-conseillie ^ comme 
au ms. 

y. 2678. — Qu*il vos feist tels amisties. 
Lisez : /eist. De même au vers 5396. 

V. 5012. — A lui violt joster il marcis, 
Ms. Il, C'est ainsi qu'il faut lire. 

V. 5057. — Lieve sa main sel fiert en // aume. 
Lisez : l'iaume, comme au ms. , un seul mot de 
deux syllabes. 

V. 5098. — Mais que de moi l'ait couneu» 
Lisez : connéu, 

V. 5278. — qu*il n'en puet avoir nule aiue. 
Lisez : ajué, 

V. 5297. — Or est desus ore est desos. 
Li.sez : ore. 



78 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

V. 5520. — Devant le heut Tespée brise. 
Lisez ; heurt, 

V. 5855. 
Ce vers, de même que le v. 4o5 1 , ne commencent M 

point de sections, dans le ms. 

V- 4063. — Qui en son cuers'amor recote. 
Lisez: recelé. 

V. 4^4^58. — Et moult bien de lui parler. 
Lisez: elde moull. 

V. 4461 . — Quil soit trop espoente's. 
Lisez : que il. 

V. 4538. — Dont est regieres al plorer. 
Je pense qu'il faut lire ; rechieres , retombant, i 

récidivant. 

V. 4549. — Mains me grevast de ma grant perde. 
La rime veut qu'on lise : perle, 

V. 4941 . — S' un poi aviés de ma cure. 
Lisez: se un, 

V. 4944. — ^oey conforte qui n*a mal. 
Lisez : soèf, 

V. 5000. — Que c'estui prendrés a espous. 
La rime veut qu'on lise : espos, 

V. 5058. Cens qu'il yà porta li las. 
Ms. / a. C'est ainsi qu'il faut lire. 

r V. 5259. — Et quil est bien nuiz oscure. 

Lisez: que il, 

V. 5262. — Par foi, fait il ni entrerai. 
Lisez : entrerez. 



PARTONOPEUS DE BLOIS. 79 

V.5310. 
De ce vei^ au v. 5320, il y en a quatorze au lieu de 
dix. 

V. 531 4. — Ne pardoiez si angoissox. 
Lisez : parsoiez, ou mieux encore par-soiez. 

V. 5590. 
Au lieu de 53g5 qu'on trouve en marge, lisez 5590. 

V. 5424. — Alii con ies ( contraliosse.) 
La rime voudroit qu'on lût: contraliouse, 
V. 5489. — Ce sont clergastes qui en mesdient. 

Ms. quin. C'est ainsi qu'il faut lire, ou mieux 
encore, queriy pour qui en. 

V. 5554. — Ne cuide revenir des mois. 
Lisez : desmois y un seul mot. 

V. 5752. — Guitares et serpenz et de malfez. 
Lisez: guwre. 

V. 5803. — Fuiz s'en est trusqu*à la mer. 
Lisez : fuïz. De même au vers 6126. 

V. 6202. — Moult Ven haitent et aliegissent. 
Lisez : ienhaitent. 

V. 6258. — Enfrume et fiere od mcdeheré. 
Lisez: enfrume. 

V. 6547. — De la Pentes te en un an. 
Lisez : Pentecoste, 

V. 6655. — Quanquil ont soz ciel à vendre. 
Lisez : quanque il, 

V. 6983. — Lebuen, le bel, Vumele, le pros. 
Lisez : iumle. 



80 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

V. 7167. — Et puis m'aconta vint trois. 
Le nombre est en chiffres dans le ms. Lisez : vint 
et trois, 

V. 7522. Sil ains et mal ore a sordois. 
Je pense qu'il faut lire: est sordois, rêveur, sour- 
nois. 

V. 7887. — Et Gondres li viols lairos. 
Lisez : laïros, 

V. 7928. — Si en fièrent deux al encontrer. 
Lisez : s'en, 

V. 8658. — Et bloi Gaudin qui nel olblie. 
Il me paroît établit par ce vers, que le mot blois 
qui accompagne le nom de Gaudin, est un simple 
adjectif, et non pas un surnom ; il faudroit en con- 
séquence changer la majuscule partout où l'on ren- 
contre répithéte//Z>/m.y ajoutée au nom de Gaudin. 
V. 8734. — Bien l'a fait a ceste rescouse. 
La rime exiger oit, rescorse, 

V. 8973. — Ferant aloitle margari. 
Lisez : mar-gari, 

Y. 9599. — Et quant e/e s'est mesmarie. 
Lisez : ele est, 

V. 9401 . — Et sil l'en sort desconvenue. 
Lisez : s'il en, 

V. 6960, — Et environ en ordene assis. 
Supprimez et, 

Y, 9775. - - La u li magrais gisoit. 
Lisez: mar^garis. 



l'ARTONOPEUS DE DLOIS. 81 

V. 9811. hehranl cnsacr isnelcment. 
Lisez : en sace. 

V. 1034. — Por moi ahnitemenl atraire. 
Lisez: à haitement, 

V. 105()6. — Parmi percié a fil «l'or mis. 
Lisez : par mi, 

V. 10(357. — De trecheors fais soutilement. 
Lisez : sou t liment, comme au ms. 

V. 107(U. — Tresfos d'un grant aordene assis. 
Je pense qu'il faudroit lire a ordene, et comme le 
vers auroit un pied de trop, supprimer l'a. 

V. 1071 < . — Or vont les dames a le glise. 

Lisez : \ église. De même au vers 10795. 

V. 1976:2. — Tôt aoidené paisiblement. 
Ms. tôt a ordene. Lisez : lot a ordené paisiul-- 
ment. 



GLOSSAIRE 

DU ROMAN DE PARTONOPEUS 



ARTOS. (( Ce mot est-il synonyme de membru , 

» (tu de joint, assemblé ; mal-arto s, maujoint? » 

Cç n'est ni l'un, ni l'autre. Ârtos signifioit ins- 

6 



32 <:0UUECT10NS ET lUCCTlFICATlOINS. 

truit dans les arts libéraux; savant, éclairé, poli, 
honnête. Mal-artos exprimoit des idées contraires. 

BROST. Le brouter, V action de brouter. 
Ce mot, dans le vers 55o, signifie la partie de l'ar- 
buste nouvellement crue. 

CAMPEL. Combat, bataille, duel, 

Campel e%i un adjectif et non un substantif. Ba^ 

taille campai signifie bataille aux champs, sur le 

terrain. 

CHIEFD'OmE. Capitale de rOire, 

CHIES-D'OIRE. Chiite ou embouchure de VOire, 
Ces deux expressions sont les mêmes, et signifient 
Tune et Tautre, si je ne me trompe, la capitale des 
lieux d'outre-mer, où l'on alloit en pèlerinage. 

COLIEllE. Coliete, croupière , partie de la crou- 
pière, .^ 

Ce mot se trouve dans le vers 9646, et signifie ] 

l'armure du cou du cheval. . 

ENCIIISER. Frapper comme sur ur.e enclume. 
Le sens du vers 5320, où l'on trouve ce verbe, 
est que l'arme de l'un coupe et brise l'arme de l'au- 
tre. C'est notre verbe inciser. 

ENCROUTEMENT, aliàs ANGROTEMANT. 

Etre malade, tomber malade. 

Ce mot est un substantif et non un verbe. 11 ne 



PARTONOPEUS DE BLOIS. 85 

se trouve, je crois, qu'une seule fois dans ce roman. 
Sa signification véritable est : suffocation produite 
par les croûtes qui glissent difficilement dans le go- 
sier. 

HUES. Clameur, cris de chassé. 

Dans le premier vers cité par le glossaire : 

Sis a tos al saingler hues, ^ 

C'est le verbe huerlx la troisième personne du pré- 
térit. 

Dans le second : 

. C'este en ai a mon hues choisie. 

C'est un substantif qui a même origine et même si- 
gnification que le mot oès qu'on trouve ailleurs. 
Il vient de votum, 

RÉ. « En réj en roi, » 

Dans les deux endroits où ce mot est employé, il 
l'est dans la signification de rez^rézeau, C'étoit une 
toile incombustible, dans laquelle on enveloppoit la 
personne de distinction que l'on vouloit brûler, afin 
de pouvoir conserver ses restes. 

RONCIS. Par la force des armes, 

U trais en serès a ronds, v. 1 2^4. 

i?OAic« est ici |)Our roncins, espèce de cheval. Le 
sens de ce vers est: ou bien vous seroz écarfelé. 



i-li COlUtECTIONS ET HECTJFIC AÏIONS. 

RUIS. Rulsery de reiisare, réussir. 
Mais ne mis al gaaing partir. 

Dans ce vers , mis vient encore de rogare. Fn- 
ruis doit former deux mots dans le vers suivant: 
Car tant ai mal que plus n'en mis. 

S'AÇOIS. Si ançois. 

sire sacois 

Si /listes vos j'à autre Jois. v. 8705. 

Lisez^ comme dans le texte , sacois ; sachez que. 

S'AIRER. (( Faire serment ^ jurer ^ s'engager. » 
Ce mot est un de ceux qu'il ne me souvient pas 

d avoir vu dans le roman. S'aïrer veut dire se mer- 

tre en colère, s'animer. 

SIÈCLE ou SIECLES. Tout le monde, les gens 
du pays, du temps , etc. 

C'est plutôt ce que nous appellerions aujom - 
d'hui les séculiers; les hommes du monde pai' op- 
position aux personnes relig^ieuses ou ecclésiasti- 
ques. 

SOSCIENT. 

Ce mot n'existe pas dans le roman. \ . Correc- 
tions, V. 161 I. 

TOIVRE. u Atoi^^re, appareil. » 
Il hut Vire V a toiiue et non pas la toivre, dans le 
vers 754 . 



.':. 



PARTONOPEUS DE BLOIS. 85 

TRECHEORS, TRECHEURE. 

Ces deux mots ne sont point du tout synonymes, 
Le second signifie un ajustement de tête, et le pre- 
mier une partie de cet ajustement. 

TRIES, ASTRIESTRES. Derrière, en arrière. 
Ces deux mots ont une origine et une significa- 
tion tout-à-fait différentes. Le premier, venant de 
irans, signifie jusqu'à, par delà, vers, e(c. 

Le second, qu'il faut lire en deux mots, as et 
triestres, est notre substantif tertre , écrit tel qu'on 
le prononooit alors. 

1 KOIN . C e mot vietil-il de terra rotunda ? 
Non, il vient de leg-run , pour tegumen rotun- 
dnin . la voûte des cieux. 

VIOL ou MOLS. Fil, vilain. 
Ce mot, dans les endroits où je l'ai vu, signifie 
vieillard. 

VOlSOS. Foyant, clairvoyant. 

Ce mot signifie prévoyant, prudent, sage. 



IP (DISIEZ 

MORALES ET HISTORIQUES 
D'EUSTACHE-DES-CHAMPS. 



€ 



Le manuscrit original de ces poésies est rempli 
d'omissions et d'incorrections, que Ton ne peut at- 
tribuer qu'à l'ignorance du copiste. 

Ces défauts ont été assez fidèlement reproduits 
par l'écrivain qui, dans le siècle dernier, fit la copie 
que possède auj o urd' hui la bibliothèque de l' Arsenal , 
où se rencontrent de plus quelques omissions nou- 
velles, et des fautes en très grand nombre. 

Le manuscrit provenant de la bibliothèque de l'an- 
cienne abbaye S. Germain, a été fait avec plus de soin. 
Nous y avons trouvé la pièce de vers intitulée : d'un 
notable enseignement , deux lay, et deux ou trois 
ballades. On verra, en examinant les notes qui ont 
rapport à cette partie de notre travail, combien il est 
à regretter que ce ms. ne soit pas complet. 

Indépendamment des corrections du texte, nous 



POESIES D*EUSTACHE-PES-CeAMPS. 87 

avons été dans là nécessité de rétablir la distribution 
de deux virelay et de deux lay\ 

Le poème intitulé k miroir du mariage, est ac- 
compagné de mbriqtié^ marginales, que Tédifeur 
n'a pas jugé convenable de reproduire, et que nous 
avons également négligé de relever , croyant qu'il 
suffisoit de signaler au lecteur ce défaut d'exacti- 
tude. 



CORRECTIONS. 

Eu S tache Deschamps . 
Il faut lire: des-champs , 

P. 1 . bal. 1 . V. 1 7. — Las î ma terre est détruitte et rayneuse. 
Lisez: ruyneuse, 

V. 19. — Fuir nn*en fault ma demeure est doubteuse. 
Lisez .-yaiV. De même ballade 29, p. /^.\, ballade 
3o, p. 45, ballade 32, p. 45, ballade 66, p, 116 
l3allade84, p. i45, et p. 170; ailleurs monosyllabe. 
V. 20. — Je ne sui d'aucun réconforté. 
Lisez: et je, 

P. 2. IniL 51» V. 3. — Cest un seul Dieu qtii eât souveràifi. 
Lisez : ce est, 

V. 10. — Qui ne le craint sert et aime en reçoy. 
Lisez : recoy. 



88 CORRECTIONS El RECTIFICATIONS. 

Y. 20. — Leurs titres n'est qu'ainsi comme larroy. 
Lisez : la noj\ 

P. 5. bal. 4. 
Dans cette ballade et les autres, le mot aage est 
constamment de deux syllabes. 

P. 6. bal. 5. V. 6. — Pour vivre non dissemblablement. 

Lisez : dissemblableement, ou peut être disseem-- 
hlablement ; faîtes une correction semblable au 
vers 12. 

V. 14. — Souven tes fois, se font mainte injure. 
Il seroit peut-être mieux de lire : et se font, 

P. 8. bal. 6. V. 6. — Et a mouvoir Je cliaucle .ndc. 

Lisez : cole^ comme au ms. 

V. 17. — Couvent tenir est la hautesse 
De cuer, de homme de vaillance. 
Se va rendre en une forteresse 
Prinsonnier. 
Lisez : le homme, et remplacez la virgule qui est 
après CM^r par un point et virgule. Au 19^ vers li- 
sez -.fortresse, 

V. 21 . — D\ii retourner et est pour ce. 
Il faut, pour trouver la mesure, lire ou de en , ou 
ice, 

P. 9. bal. 7. V. 29. — A tiers jours sabmedy saichent luit. 
Lisez; tuït, deux syllabes. De même ballade 32, 
p. 4^, V. 25. 

P.ll.b.S. V.16. — Fais ce que doizetadviengnc cequepuet. 
Il faut supprimer le et. 



POESIES d'eustache-des-champs. 89 

p. 15. bal. 9. V. 1 . — Qui tous les lieux plaisans et agréa- 

[bles. 
Il y a ^«^rdans le ms., mais c'est une faute de co- 
piste ; lisez : sur, 

V. 26. — Aler partout sa leste liève et dreste. 
Il V a dresce dans le ms. C'est ainsi qu'il faut 
lire. 

P. 16. bal. 11. V. 51. — O curial tant es court d'envie- 
Je pense qu'il faut lire : es encourt, 

P. 17. bal. 12. V. 27. — De robes veslus, pour ce ne le per- 

[ dras. 
Il faut refaire ainsi ce vers qui est trop long, et 
qui n'a pas de sens : Se robes vest, pour ce ne le 
perdras, 

P. 19. bal. 13. V. 9. — Jusqu'à six ans que notre enfance 

[endure. 
Lisez : seize ans, 

V. 17. Lors croist et s'cnforce \\ honi. 

La mesure exige qu'on lise : croist et se enforce, 

P. 20. bal. 14. V. 9. — Ainsi pour bien va mal guerdonnant , 
Lisez: gue redonnant, 

V. 12. — Car doctrine leur est trop haineuse. 
Lisez: haineuse, 

V. 13. — Et aujourduy se stxxXcnX enclinez. 
11 y a dans le ms. encUner, C'est ainsi qu'il faut 
lire. 

V. 29. — Or prangnc chascun ci chastiment. 



90 i:ORKtc:TIONS ET KECTIFICATIOÎVS. 

Lisez: ore, 

P. 21. bal. 15. V. 6. — A l'aide à'oultrecutdance. 
Lisez : d'oultrecuïdance, 

P. 22. bal. 16. V. 26. — Avarice dait haïr mortelemenl. 
Lisez: mortelment. 

P. 25. bal. 17. V. 5. — Par un livres que Ton doit avoir chier. 
Dont nommez est Charles li jeunes 

[roys. 

Lisez de cette manière ces deux vers qui n'ont 
aucun sens : 

Par sept lettres, que l'en doit açoir chier ^ 
Dont nommez est Charles li jeunes roys. 

P. 24. bal. 18. V. 14. — Vignes , bois et terres etpraeries. 
Lisez: bois a, comme au ms., etpraeries. 

P, 26. bal. 19. V. 20. — Que vons soiez indigent. 
Lisez: ne soiez, 

V. 21. — Et s'il vous vient aucun accident. 
Supprimez vous, 

V. 22. — Cas pour^^eus vous secourra. 
Lisez : pourçféus, 

Y. 18. — Qui en eaue fut par plour couvertie. 
II faut donner à eaue trois syllabes. 

P. 28. bal. 21. V. 1. — Tant de périlz sont a suir la court. 

Lisez : suir. De même ballade 52, p. 45, lay p. 59^ 
ballade 68, p. i ig^ vers i3. 



POESIES d'eustache-des-champs. 91 

p. f>9. bal. ':2S. v. 12. — Visaige d'ange portez mais la peii- 

[sée. 

11 y a un pied de trop. 

V. 20. — Ou temps jadis estoit et Angleterre. 

Lisez : n'. 

P. 32. bal. 23. v. 9. ^ Chascuns doubte son rreatour. 
Lisez: créatour, 

P. 35. bal. 25. v. 9- — Car tous ces peins doit tous bons 

[princes scavoir. 
Lisez : doit bons, en supprimant tous, 

P. 37. bal. 2G. v. 1. — Un gouvernement fut en une maison. 
Lisez : goui^ernent, 

P. 38. bal. 27. v. 25. — Estre vaillans sa guerre poursuir. 

Lisez : poursuîr. De même ballade 44? P* 76. v. 
S5; ballade 58, p. 10^, v. 21, ballade 68, p. 119, v. 
i3, p. 171, V. 2. 

P. 40. bal. 28. v. 26. — Les trois estas en bonnes meurs re- 

[pringne. 
Lisez : repraingne, comme au ms. 

P. 41 . bal. 29. V. 16. — Deux mille frans et plus lui a cousté. 

Ce vers ayant trois pieds de trop , je pense qu'il 

faut lire mily au lieu de mille, et supprimer et plus, 

P. 43. bal. 30. V. 11. — A grans desrois «< puis quant virent 

[yssir. 
Remplacez la conjonction et par une virgule. 

V. 12. — Les gens César entreulx restrains. 
Lisez: entr eux furent restrains. 



4i 



02 CORRECTIONS ET RKCTIFIC ATIONS. 

P- 44. bal. Ô1 . — Cognoissance, force, bonté cl vertu; 

Supprimez le et, et remplacez le point et virgule 
qui est après vertu par une virgule. 

V. 15. — Bien doy estre déboutée et esbahie. 

Je pense qu'il faut lire : déboute. 

P. 45. bal. 32. V. 23. — Sanz guerdon qui si lient c'est folie. 
Lisez : gueredon. 

V. 4. — Noble et puissant acreu par vaillance. 
Lisez : acréu. 

P. 48. bal. 34. v- 25. — Dames à qui je vueil dire de chiere 

[lie. 
Lisez : dame a qui vueil. 

P. 51. bal. 56. V. 2. — Arbre ^ n'csglantier ^ tant ait dou- 

[ceur en lui. 
Lisez : n arbre esglantier. 

P. 55. bal. 39. v. 10. — Pour ce est trop foulz qui encuidier 

[se fonde. 
Lisez : pour c est, 

P. 59. lay. 
Page 6i, au vers troisième, doit commencer une 
couple, ou double stance, dont la seconde partie 
commence avec le vers treizième. 

Soies aux mauvais crueux. 

Il n'est peut-être pas inutile de prévenir que le 
premiers vers de la page 6o est aussi le premier 
d'une stance ou A'^mx-couple . 

P. 60. V 20. — De lui le soir cl le main. 



POESIES d'eUSTACHE UES-CHAMPS. 93 

Lisez : ne le y comme au ms. S. G. 

P. 00. V. :à6. — N'aten pas jusçues au demain. 
Lisez : jusque au, 11 \2i jusque a dans le ms. S. G. 

P. 61 . V. 1 . — On en parle ne gronche. 
Lisez : OU, comme au ms., et ne en gronclie, 
La rime exige de plus que dans ce vers et le pré- 
cédent on W^^froucke, au lieu de /ro^cA^ , et grou- 
che, au Heu de gronclie. 

P. 62. V. \A. — Sans prandre mal goulée. 
Lisez: maie gaulée, comme au ms. 
. P. 68. V. 12. — Sansprendre riene/z la nue. 
Lisez : à la nue, comme au ms. S. G. 

P. 61. V. 21. — Et que les estas soient tienlx. 

Ms. S. G. Et que ton estât soit tieulx. 

P. 62. V. 21 . — Sus chascun sa saison. 

Lisez : à sa, comme au ms. S. G. 

P. 62. V. 22. — El puis en son hc^el ault. 
Lisez : haulty comme au ms. S. G. 

P. 65. V. 10. — Se paix puet avoir .«'la quiere. 
Supprimez le 'av, comme au ms. S. G. 

P. (jG. V, 10. — Tant que ii grant et li inenour. 
Remplacez le et par une virgule . 

P. 67. bal. 40. v. 9. — Et si leur doit toute seurle querre. 
Lisez : seuî^etéy comme au ms. 

Vil. VoMv hestail, pour chevaulx ftt roncins. 
Lisez : hestiaL 

V . \A — Que la pluie ne puet gaires empesciiier. 



94 coRRE^.TIO^s et rectifications. 

Lisez : gaire. 

V. 22. — Del'autrui son fait et ses affins. 

Ms. soit fait. Ce vers est incomplet et pour le sens 
et pour la mesure. 

V. 32. — On ne treuve on fourragier. 
Lisez ifourragiè'r, quatre syllabes. 

P. 69. bal. 41 . V. 28. — Que li prodomme ancien leur acqui- 

[rent. 
Lisez : prodoms. 

P. 71 . bal. 42. V. 19, — Maint l'ont veu et pour ce je tesmoi- 

[gne. 
Lisez : "véu. De même ballade 4^, p. 78, v. i. 

V. 23. — Car les François et Anglais enfin. 
Lisez: et les Anglois, 

V. 29. — Encor faulra chascun sa broingne. 
Lisez: chascun prendre sa, 

V. 49. — Tel paix a eulx qui voulra? Si /n^perdoin- 

[gne. 
Sup[)rimez me, 

P, 74. bal. 45. v. 40. — La damoiselle leur donra ce dit-on. 
Lisez : le damoiseL 

P. 76. bal. 44. v. 22. — Avecques se parassault acquerre. 

Il faut répéter le mot se ; le premier servant de 
régime à la préposition avecques. et le second tenant 
lieu de si. 

V. 37. Et de tout Vost amer et cremir. 
Lisez: toute. 



POÉSIES d'eustache-des-cuaiops. 95 

V. Ai. — Autrui profit ne vous cliaille (t acquérir. 
Supprimez le d qui est devant acquérir. 

P. 78. bal. ^5. — Pourvoir aux gens et non pas à l'office. 

Ms. pouïvir à chaque huitain, et à l'envoi pour- 
vuir. 

B^ SI. bal. IT. V. 18. — ie vous pry que me faites secours. 
Lisez : prie, ou pr^e. 

P. 83. baL 48. v. %l. — A uies homs laiz ma petite chevance. 
Je présume qu'il fout lire hoirs, au Heu de homs. 

P. 84. Virelay. 

V. 17. — Puisque j*ay passé le lis, etc. 
Mettez un point à la place de la virgule, et sup- 
primez le etc. La stance finit avec ce vers. 

V. 18. — Quant il pleut nulz n*/ dance. 
Lisez: nej\ 

V. 2(3. — Trop iDauvaisr fait, quant g'y pense. 
Supprimez le premier^-. 

V. 28. — PikisquQ palpasse It» Us, etc. 
Supprimez le etc., et foi tes suivre ce ver&de celuaH" 
ci seulement : 

Je serai gais et Jolis. 

V. 30. — J*ai esté entrepris:. 
Je pense qu'il fout lire : en terre pris. 

V. 33 et U. 
Au lieu de prins, reprins, lisez : pri^y repris. 



9() (JORHKCTIOIVS ET UECTIFICATIONS. 

Vir. 2. p. 86. 
On peut remarquer la composition régulière de ce 
virelay, renfermant six couples de deux quatrains 
chacune, le premier quatrain ayant pour refrain le 
premier vers de la réclame, et le second le dernier. 
D'après cela je pense que les etc, qui accompagnent 
le dernier vers de quelques quatrains, sont des fau- 
tes de copiste. 

P. 92. bal. 49. V. 2. — Qui soit prodoms et saiges par le pais. 
Je pense qu'il faut lire prode, au lieu de pro- 
doms. 

Y. 7. — Mieulx que fait n'a Jehannin varlet Eustace. 
/<pA«^72m n'a que deux syllabes. 

V. 15. — Sa maie aussi li face, 
11 manque quatre pieds à ce vers , dont le sens 
est incomplet. 

V. 1 6 — Et bien sembloit qu'il fust desconfis . 
Lisez : que il, 

V. 1 7. — Quant Braqueniont de ses gens avance. 
11 manque un pied. Je proposerois de lire aifec, 
au lieu de de, 

P. 95, bal. 50. v. — Quant jeunes sont tout ruent en tas. 
Lisez : en ung tas, 

P. 94. bal. 51. V. iâl. — Et li cahuant soir c^main. 
Lisez :^ main, 

P. 98. bal. 54. V. 12. — Mannette blanche cow fleur de lis. 
Lisez : comme. 



POESIES D*£USTACHE-DES-CHAMPS. 97 

Au lieu (le « double chançon. royal, » lisez : en- 
voy\ 

P. 100. bal. 55. V. 26 Beau sire dieux pourquoy luema- 

[riage. 
Lisez : niariai-ge, 

V. 34. — Ne qui sceut respondre à son langaif^e. 

Lisez : scéut. 

p. 101 . bal. 5f). V. 27 ~ Jusqunu ventre chascun s*i embat. 

Lisez : jusque au. 

Le sixième vers de la troisième slance de cette 
ballade manque. 

P. 104. bal 58. ▼. 13. — Cler engin a bien versifié. 
Mettez une virgule après a, et lisez : versifie. 

P. 107. bal. GO. V. 5. — De haines, de peuples mocion. 
Lisez: haines. 

V. 12. — C'est tout néant des choses de ce onde. 
Lisez: monde, 

P. 113. bal. (U. V. 5. — Dix-sept ans nourrie et goaverne'e. 
Lisez: dix et sept, 

P. 114. bal. 65. V. 21. — Conquise Ta et Bretons mis àTcs- 

[poe. 
Je pense qu'il faudroit lire : conquise Va, Bretons 

mist à Vespée, 

P. 117. bal. 67. V. 5. — Des chevaliers qui print mainte 

\^forleresce, 
Lhez: /art resce. De même ballade 72, p. 126. 

V. 0. — Sur les Anglois jadis mareschal de France. 

7 



98 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

Lisez : inarchaL 

P. 124. bal. 71 . V. 20. — Qui puis la gardé et gouvernance. 
Lisez : la garde, 

P. 129. bal. 74. V.1 . — Puis quom impctre mes offices par 

[ mort. 
Eto/i les donne sur tele qualité. 

Pour retrouver la mesure de ces deux vers, il faut 
mettre les pronoms om et on après le verbe. 

P. 130. bal. 75. v. 22. — Des biens empeschiez eiparceaulx. 
Ms. par ceaulx, 

V. 25. — Soient non obstant appeaulx. 
Lisez : appeaulx, 

P. 152. bal. 76. v. 2. — Et d*espées de Clermont. 
Lisez: Cleremont, 

P. 135. bal. 78. v. 21 . -- Et senlis y ont a plain failli. 
Supprimez f, 

V. 34. — A Pontoise quom li vent. 

Lisez : que om. De même aux vers suivants, et 
p. i59,v. 24. 

P. 138. bal. 79. v. 16. — Faire inimisté et desraison. 
Lisez: inimisté, 

P. 142, bal. 82. v. 15. — Je vous pry que me faites secours. 
Lisez : supplf, comme au ms. S. G. 

P. 144. bal. 83. v. 2. — De homme et femme en un lit cou- 

[chier. 
Lisez: d'homme, 

V. 4. — Faitmieulx ce me semble à périsier. 



POÉSIES d'eustache-des-champs. \^ 

Lisez : ptisiei\ De même au vers suivant. 

V. '» et 6. 
Entre ces deux vers, il en manque un, dont le 
ens est : il doivent coucher. 

y. 26. — En son lit aifu font li saige. 
Lisez: ainsis, comme au ms. 
P. \n. bal. 85. V. 5. ^ Chacun deust son estât retenir. 
Lisez : deust. 

V. 19. — Le peuples ouvioit lors si comme je lui. 
Lisez: peuple, 

P. 150. bal. 87. ▼. 10. — Car nulz ne tent<7M'« emplir sonc 

[sac. 

Lisez : que à. De même, vers 20, 3o et 34. 
P. 151. Lay. 

Page i56. Les dix derniers vers doivent être écrits 
de suite , comme ne formant qu'une seule stance. 

Page i58. Le second vers est le premier d^une 
stance à laquelle manque le premier ou le second 
vers. 

Page 160. Le septième vers doit être le premier 
d'une stance. 

Page 161. Le vers huitième doit commencer une 
sLince. 

Page i6a. Il ne faut point d'intervalle entre les 
vers 20 et 21 , cette stance devant être de 22 vers 
comme la précédente. 

P. 152. V. 15 — Et en mer mieulx se gouvernoit. 
Mieux c|U*onques Dyonides. 



1(K) CORRECTIOIVS T.T RECTIFICATIONS, 

Supprimez mieulv dans le premier vers, comme 
au ms. S. G., et marquez d'un accent grave la der- 
nière syllabe de Dyonldes, de même que celle à' A- 
ckilles dans le vers i 2. 

P.155. V. 11. — Pour \?i paresse. 

Lisez : presse, comme au m s. S. G. 

P. 155. V. 22. — Fistprandre wxdiinic forteresse. 
Lisez i/brtresse. De même p. i56, v. ï5. 

P. 1 5G. 
Au lieu de: s'einprinsey prinse, pourprinse, (car 
c'est ainsi qu'il faut lire, et non pour prinse), met- 
tez : s^ emprise j, prise y pourprise, 

P. 159. V. 19. — Mist-il. La chose est sceiœ. 
Lisez : scéuè, 

P. 159. V.25. 
Le mot qui manque dans ce vers est mal ëcrit 
dans les deux mss. On pourroit peut-être lire : 
ajuie, 

P. 163. notable enseig. v. 9. — Ypocras, clare et garnache. 
Lisez : claï^é. 

P. 163. V. 17. — Choux j pois ne gros potaige. 
Lisez: ne choux, ne pois, ne, etc. 

P. 164. V. 1« — Ne usez car trop font mal et paine. 
Lisez : n'usez, 

P« 164. V. 5. — De douce eaue cschrez ceulx. 
Lisez : esc/içez, ou eschuez. 
P. 164. V. 14. — Qui sanlrun petit son levain; 



POESIES D'EVSTACHE-rtS-CHAMrS. 101 

Lisez : sente j comme au ms. S. G. 

P. 165. V. 15. — Oade gencvre faictcs fumée. 
Il faut supprimer ou, 

P. 165. V. 1^. — Par Tair gros en l'o.f/rccbeiiiinée. 
Lisez : t;o, comme au ms. S. G. 

P. 165. V. 24. — \oy\sfacicz tant y faciez pe'.it. 
Lisez : vous vient ^ comme au ms. S. G. 

P. 165. V. 30. — User car je vous n'y couvent. 
Lisez : ay comment, comme au ms. S. G. 

P. 166. V. 2. —Et s'après disner vous prandre sorne. 
Lisez: prand, comme au ms. 

P. 166. y. 7. — Remue fleume et maint autre mal. 
Lisez : reniu, 

P. 166. V. 26. — Qui soient gras entassé. 
Lisez : et entassé, comme au ms. S. G. 

P, 167. V. 13. — Plaiz, rogez abries paroles. 

Lisez : a hriefs paroUes, comme au m. S. G. 

P. 168. V. 6. — Que le cresson, pour les portés. 
VâS/ei: parées y comme au ms. S. G. 

P. 168. V 17. — Redouble qui santé dHine. 
Lisez : qui sa santé, comme au ms. S. G. 

P. 169. V. 11 . — Maint sont morl (TempUre leur sac. 
Lisez: d'emplir trop leur sac, comme au ms. 
S. G. 

P. 171. Gieudedez. 
P. 173. V. 1 . — Certes si liuimais me demandez. 
Ms. se. C'est le mot qui convient, ot il faut lire 
s'huimais. 



1()â (;OUlŒCTl()!NS ET UE LTIIICA I lO.^S. 

P. 175. V. 29. — Je n'ai perdu ce coup cy. 
Lisez: à ce. 

P. 17-4. V. 5. — Un compaignon si lui eslrie. 
Lisez : escrie, comme au ms. 

P. 178. V. 14. — Tu me demandes o\\ me faiz tu. 
Lisez : demande. 

P. 1 78. V* 21 . — Jouez c'est de douze quejV couche. 
Il faut supprimer le de ou le je* 

P. 180. V. . -^-Il ne m^én dei>roit pas bien venir. 
Lisez : il nen. Peut-être faudroit-il aussi lire de-- 
voity au lieu de de{>roit, 

P. 1 83. V. 18. — Sept euvres de miséricorde. 
Lisez : ces. 

P. 189. fabl. 3. V. 20 — 'Ne forcuideur que il soit trop puis- 

[sant. 
Lisez \forcuider. 

P. 191 . fabl. 4. V. 2. — L*una fourmi et l'autre à ceraseron. 
Supprimez le et. 

V. 26. — Sont ceraseron famdliens, nef^ligent. 
Lisez : famellieus y comme au ms. 

P. 193. fabl. 6. V. 18. — Qwe Je ront mains et bras au parler? 
Il faudroit lire, pour trouver la mesure : queje^ 
ront lors mains, etc. 

P. 198. fabl. 9. V. 8. — Sa de l'argent, ça de l'argent. 

Lisez : ça, au lieu de sa. De même v. i6, 24, 52, 
40 et 44- 

V. 25. — La truie qui fut désespérée. 



POtSIES d'eUSTACHE-DES- CHAMPS. 105 

Lisez : desperée, 

P. 200. fabl. 10. V. 20. — Garder Vo^ieX femmes et cnfans. 
' Lisez : femme, comme au ms. S. G. 

P. 201. fabl. 11. V. -4. — El si gartloit moult diligement. 
Supprimez moult. 



EXTRAITS 

DU MlROm DE MARIAGE. ( P. 205. ) 



P. 211 . V. A. — Croches j hanes car ce ne fust. 
Lisez: croches-haines, 

P. 211 . V. 9. Estamine paelle trouuée. 
Lisez: trowée. De même p. 212 , v. 3. 

P. 212. V. 11. Fromniaige de presse et de Brie. 
11 fa ud roi l peut-être lire : Bressey^n lieu de presse, 

P. 216. V. 28. — Ainsi s*en va leur chevance. 
Lisez : se en va, 

P. 217. V. 14. — Que les donner aux menesterez. 
Lisez: menés trez, 

P. 219. V. 2. —Et le meilras à Fessay. 
Il faut lire, pour retrouver la mesure : metteras. 

P. 219. V. 15. — Car sans vir queuurcnt leurs diffames. 
Je présume qu'il faut lire : car sans voir queur 
vrenlf etc. 



10-i COUKECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

P. 219. V. 17. — Quant au délit. Or j ert eiigraiide. 
Supprimez j^. 

P. 220, V. 29. Ly engendre mortel haine. 
Lisez: haïne. De même p 226, v. 16. 

P. 22.5. V. 8. — Et cheue quant elle desroche. 
Lisez: cheife, 

P. 225. V. 1. — Mais s'ainsis estroit suy ferrée. 
^' Lisez : serrée. 

P. 225. V. 15. — Plain decourroux et à''atayne. 
Lisez : d'atayne, 

P. 226. V. 18. — Et sa nourrice amiable. 
Avant amiable, il y avoit dans le ms. un mot 
que l'on a graté. C'étoit, je présume, le mot ^r^.y, 
qui étoit de trop pour la mesure. 

P. 226. V. 25. — Et livrer elle ce qu'il lui fault. 
Il y a un pied de trop dans ce vers. 11 faudroit 
lire el ; ou mieux encore supprimer lui, 

P. 228. V. 21 . — Que je n'achate et que je ne tiengne. 
Supprimez le second y^. 

P. 250. V. 15. — Et dit qu'elle ne se mouvra. 
Ms. mourra, 

P. 250. V. 1 5. — Et (juil ne fust despandus. 
Lisez: queîL De même p. 238, v. i5* 

P. 252. V. 1 . ^ Pasmez ckeit tous estendus. 
Lisez: chéit. 

P. 255. V. 15. — Le mareschal et bon combatable. 

Lisez : marchai. De même p.241? v.i6, et p.244> 
V. 5. 



POESIES d'elstacue-des-champs. 105 

p. ^54. V. 1 . — Et qui fu bon il le sui. 
Lisez : suï. De même p. 239, v. 9. 

P. 234. V. "ÏS. — Jusqucs à tant que de prinson vint. 
Lisez : jusquà. De même p. 224, v. 8. 

P. 235. V. 5. — Adverses gens rançonnée.* . 
Lisez : raanconnées . ou raenconnées . 

P. 256. V. 11. — Messire Robert de Cleremont. 
Lisez : Clermont. 

P. 237. V. 5. — Qui traîtreusement fut fet. 
Lisez : traîtreusement, 

P. 237. V. 15. — Traîtres fut et desloyaulx. 
Lisez : traîtres. De même p. 241, v. 3o. 

P. 240. V. 5. — Qu*ilz requièrent estre veiies. 
Lisez : véues, 

P. 241. V. 21 . — Et le jeudi ensuient ce fet. 
Supprimez et, < l 

P. 242. V. 21 . — Et bien vingt cinq hommes arind* 
Lisez: homs. 

P. 242. V. 22. — Contre six mille qui tarmé. 
Lisez : larnié. j du Mj|«»feM 

P. 243. V. 2. — Cbascuns qui puet prantlù, pille. 
11 y a un pied de trop. 

P. 243. V. 6. — Qui ont à leur poracirc failly. 
Lisez : por-adre, ou mieux por-ardre. 

P. 245. V. 8. — Deux cent mîlle flourins de pactis. 
Lisez: mil, 

P. 245. V. b. — Qui la leur terre raenconnereni. 
Lisez : rançonnèrent. 



106 COKRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

P. !â45t V. 21 . — Aux tournelles une fortiesse habile. 
Supprimez une. 

P. 246. V. 11. — Gaillons; et pas n'ont lessié. 
Lisez : ne ont, 

P. 247. V. 16. — Et le conte de Warvy. 
Lisez : JVar^y^ quatre syllabes. 

P. 249. V. 4. — Jusque Qwyïxoxï. tiers du jour. 
Lisez : jusque environ. 

P. 249. V. 15. — A Chartres, cidx^ et leur route. 
Il manque un pied. Peut-être faut-il lire èulx, 

P. 254. V. 24. — Les boys, rivières et mares. 
Lisez : mares, 

P. 255. V. 30. — A la souveraineté et demayne. 
Lisez : soui^raineté . 

P. 256. V. 17. — N'entreprand\ias la despence. 
Lisez : ne entreprand, 

P. 258. V. 7. — Le sires He Préaulx, Saint- Venent. 
Lisez iPreaulxy monosyllabe. 

P. 258. V. 16. — De Poney futprins a jeu. 
Manque un pied. 



LE PAS DE LA BERGIERE 



Le manuscrit du Pas d'armes de la Bergère a été 
fait avec beaucoup de soin et d'intelligence ; aussi 
n'avons-nous rencontré que deux fautes à corriger 
dans le texte original, provenant^ Tune de l'oubli 
d'une abréviation, et l'autre de la substitution d'un 
r à la place d'un e. 



CORRECTIONS. 



V. 61. — Viendrent aussi empereurs à* Alcmaigne . 
Il y a dans le manuscrit ^lemaingne, et il le faut 
pour rendre la rime léonime. 

V. 23. — Ung traiitié fait par ung petit diucur. 
Note. Auteur, Le ditteur, ou faiseur de dittiers, 



108 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

êtoit proprement alors un versificateur. — Corrigez 
une note pareille au vers 1078. 
V. 64. — Par Romarin. 
Le ms. porte rommarin. 

V. 84. — La quelle ara^ car bien lui afferra. 
Ms. asserra, 

V. 145. — En heaumes et en harnois de jouste*. 
Lisez: Jiéaumes; on prononçoit ainsi, ce qui fait 
qu'on trouve souvent hiaumes, d'ailleurs la mesure 
le demande. 

Il faut faire la même correction aux vers 221, 
280, 520, 554, 568, 574» ^99> 4^^^ 448, 526, 674, 
587, 655, 665, 6g5, 702, 710, 745, 76g, 784. 

V. 154. Au mais depuis une heure aprez m/iour. 
Dans ce vers, comme dans le 3oi% il faut lire : 
my^jour. L'usage le veut, et la rime l'exige. 

V. 176. — Mais cy aprez doit ensuir Tentrée. 
Lisez : eusuïr, trois syllabes. 

V. 203. — Et les brebis aloyent à séquestre. 

Pour non elle trop forment eslongier. 

L'annotateur ne paroit pas avoir compris le sens 
de ces deux vers. Séquestre est notre verbe séques- 
trer, renfermer ; eslongier, dont le sens propre est, 
à la vérité, éloigner, signifioit aussi retarder, rete- 
nir, empêcher d'approcher. 

On conduisoit les brebis au parc, afin que leur 
surveillance n'empêchât point la bergère d'assister 
au Pas, 



l.E PAS DE LA BERGFllE. 109 

V. 22(>. — .... Et puis la multitude 

Des serviteurs, qui n*tiloit)>as à pic, se 
Aucun avoit a bien servir s'estudc, 
NotCiSo/i attention, — S'estude est la troisième 
personne du présent de l'indicatif du verbe réfléchi 
iestuder o\\ s^estudier. De nombreux serviteurs qui 
étoient à cheval , s'appliquoient à bien servir tous 
ceux qui pou voient en avoir besoin. 

V. 245. — El la tousiours en ee point attendi. 
Dans ce vers, comme dans le 285% lisez : tous- 
jours, 

V. 28i. — Outre cela y avoit d'abondance, 

l ng bel et grant couvrcchief de plaisance 
Sur la crupe de leurs destriers pendant. 

Note. Caparaçon. — L'annotateur est ici d'au- 
tant moins excusable d'avoir pris une coiffure 
d'homme pour un caparaçon de cheval, qu'il trou- 
voit aux vers 5 20 et45o de quoi le tirer de son er- 
reur au sujet d'un ornement qui n'étoit point parti- 
culier aux chevaliers de la bergère. 

Corrigez la même erreur dans la notice sur le 
Pas d'armes de la Bergère , p. 41 • 

V. 287. Et au premier encontre eulx contedant. 
Lisez: contendant. Le copiste a oublié de pla- 
cer une abréviation sur \e, 

V. 318. — Un get avoit de menu vair autour. 
Lisez : au-tour, — Note. Get, lien, bande, atta- 
che. Le get, giezj gect , etc. , d'une robe ou d'un 



liO CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

manteau, étoit sa bordure fourrée, venant de ce 
qu'on disoit gecter une robe, pour la fourrer. 

V. 421 . — En grant plaisir et très grant alégrance. 
Il y a alégrance dans le ms., mais il faut lire 
alégeance ; le copiste a formé un r au lieu d'un e. 

V. -422. — Ung escuier nommé Guillaume d'Yve. 
Il y a dans le ms. Guille, avec une abréviation 
sur Ve ; il falloit lire : Guilleme, 

Y. 467. — Sans rompre lance, à luy tant mefcrmay. 
Note. Je m affermis, — Le sens de ce mot est : 
contre lui je me montrai si solide sur les étriers, 
qu'il etc. 

V. 522. — De velut noir fu son destrier couvert 
Et loquele tant de blanc que de vert. 
Note. Loquete, ^eut-éire franges, — Au lieu de 
loquetey lisez : loqueté, ayant des loquetes. 
./i«i V. 544. — Encontre lui ne fit pas long sciour. 
Lisez : séjour, 

V. 561 . — Mais au sixte monseigneur assailli 

Le dit pasteur 

Dans le ms. il y a V assailli. On a cru mal à pro- 
pos que c'étoit une faute, et, ce qui est moins par- 
donnable encore, on s'est permis degraterF l. 

V. 567. — Et l'envoya certes le pas isnel 
A la bergiere. 
Note. Isnel, prompt, vif, — Le pas isnel, est 
une pbrase adverbiale qui signifie aussitôt, à Tins* 
tant, lio ^Kioi 9 



LE PAS DE LA BERGERE. 111 

V. 570. — Gaspard Cosse ung très gentil escuier. 

Lisez : Cosse, De même au vers 709. 

V. 57à. — Sa lioussure fu d'ung drap d'Angleterre 
Tant estrange dVare qu'il se puet qiierre. 
Lisez : evre, pour œuvre. 

\. 625. — Et puis aprez Robert du Fay vint 

Sur ung destrier grison, housse de gris. 
De loquete ^i frappe entrei^int 
De blanc, si bien que niieulx avoir compris 
Ne le povoit pour avoir los et pris. 

Lisez : Fay\ deux syllabes. De même au vers 642 . 

Cette phrase est tout-à-fait inintelligible; cela 
vient de ce que , dans le troisième vers , on a pris 
deux verbes pour deux substantifs, et une prépo- 
sition avec son régime, pour un verbe. Il faut lire 
de cette manière : 

Déloqueté et frappé entre vint. 

Leçon exactement conforme au ms., doAt on a 
eu d'autant plus tort de s'écarter , qu'on le compre- 
noit moins. 

V. 678. — Housse et escu qui ne furent beiaunes. 

Lisez: béj aunes, 

V. 676. — Piiiliberl Y un dessusdis pasteurs. 
Ms. des dessusdis, et c'est ainsi qu'il faut lire, 
pour la mesure et pour le sens. 

V. 685. — Et se au tiers cop le pastour bien ouvra. 
Lisez : s'au. 

V. 697. — Et en lieu d'un couvrecbicf de plaisance, 
Vesponssette portoil à son bras destre. 



lia CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

Note. Es poussette y sac. 

L'espoussette, espoutete, espocete, etc., ëtoitiiii 
instrument servant à ôter la poussière des chevaux ; 
c'étoit aussi une pièce de toile servant à les en ga- 
rantir. 

V. 703. — Au premier cop et Jehan Cossé en l'escu. 
Lisez : Jehan Cosse, Jehan , quoiqu'ainsi or- 
thographié, est habituellement employé comme mo- 
nosyllabe. 

V. 799. — Parti en tiers comme il lui avoitpleu 
^i de frappé etc. 

Note. Ruban, — C'est une erreur, il faut lire de- 
frappé, participe passé du verbe defrapper, 

V. b29. — D'ung gent destrier grison bien se monta 
Pour recevoir et donner des hoques^ 
Des grans estas au fort rien ne conta. 
« Fors qu'à donner ces beaux cops de ro- 

l^ques. 

Lisez: hoqués et roques, 

Y. 848. — Jehan Bezelin le quel doit le pas. 
Lisez: cloïty deux syllabes. 

V. 948. — Disans premier^ cr oiiez par trois fois. 
Ms. ouez, 

y. 964. — Et la rojnc, ou se fera la dance. 

Lisez: royne. De même au vers io5o. 

V. 1059. — Les ungs disans de gracieus //a/ra^. 
A en juger par \à% fratrasies d'ArraSy le fratras 
étoit ce que C. Marot a appelé depuis coq-à-l âne , 



LE PAS DE LA BERGERE. 115 

V. 1068. — Des dis bien fais, rimez et looninies. 
Note. Leonimes ; vers dont le milieu rime m>ec 
la fin. — C'est une erreur , on appeloit alors léo- 
nime, ce que nous appelons aujourd'hui rime riche, 
rime par deux syllabes , et c'est en ce sens que le 
Pas d'armes de la Bergère est un dit léonime. 



PROVERBES 



ET 



DICTONS POPULAIRES. 



Les dictons que Ton trouve dans les manuscrits 
i85o et 7218 de la bibliothèque royale doivent 
être considérés comme une espèce d'encyclopédie 
usuelle. 

Ils se divisent naturellement en plusieurs séries, 
dans chacune desquelles sont contenues, sous la 
forme la plus simple , des notions utiles à cette épo- 
que et en quelque sorte indispensables dans le com- 
merce de la vie. 

Ces dictons ont été si maltraités par l'éditeur , 
que nous ne pouvons nous dispenser de les mettre 
en ordre et de les accompagner de quelques notes. 



i 



PROVERBES ET DICTONS. 1t5 



PREMIÈRE SÉRIE. 



Dictons sentant à qualifier les différentes réunions 
d'hommes, 

ON DISOIT : 

I Concile d*Aposloile. 6 Buvorie de borgois. 

a Parlenienz de rois. 7 Foule de vilains. 

3 Assanblée de chevaliers. 8 Tourbes de garçons. 

4 Compaignie de clers. 9 Noises de femmes. 

5 Plait de mariage. 



1 . Le nom d'asposfoile étoit Téquivalent de sou- 
verain pontife. Ce qu on appeloit concile étoit alors, 
comme aujouixiliui, une réunion faite sous l'auto- 
rité pontificale. 

2. Assanblée vient d' assanbler , en venir aux 
mains avec son advei-saire. Les chevaliers ne se 
rcunissoient que pour combattre, soit dans les tour- 
noisy soit à Tarmée. 

6. Buverie, Les bourgeois a voient Thabitude de 
se réunira côté de la bouteille. 

7. Foule, Dans les réunions populaiies , il y a 
toujours presse . on y e^i foulé. 



116 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

8. Tourbes. Les réunions des jeunes gens ëtoient 
alors encore plus tumultueuses qu'elles ne le sont 
aujourd'hui. 

(^.Noises Ajq^ réunions de femmes ëtoient bruyan- 
tes; la confusion y régnoit, et quelquefois on s'y 
querelloit.Le mot noise exprime à lui seul ces défé- 
rentes idées. 



DEUXIÈME SÉRIE. 

Dictons servant à qualifier les sons. 

ON DISOIT: 

I Abai de chiens. 9 Rechanéizd'asnes. 

a Gralëiz de gëlines. 10 Assomméis de maçues. 

3 Hurlëis de seinz« 1 1 Frappéis de basions. 

4 Martëléiz de fevres. 12 Cliqueléis de charbons. 

5 Braieries de moulins. i3 Hulëiz de lox. 

6 Tresbuchéizdecharretes. i4 Miauléis de chaz. 

7 Belléis de brebis. i5 Pipëis d'oseaux. 

8 Pisséiz de gouttières. 16 Escrois de tonnerre. 

1. Il y a abaïs dans le 7ns. 7218. C'est ainsi qu'il 
faut lire. 

2. Gratéiz ne se trouve ni dans l'un, ni dans l'an- 



PROVERBES ET DICTONS. 117 

tre des mss. Le ms. 7218 porte graieléis et celui 
qu'on a suivi porte ^/yi/^V3 de gelinnes. 

Le gtaléiz ou graiéléis ëtoit le son que reiidoit 
la poule en parlant. Je dis en parlant, parce qu'il 
s'agit ici du langage et non du chant delà poule. 

6. Il y a dans le ms. 18^0, trébuchéiz. C'est le son 
que rend une charrette qui va ordinairement en 
trébuchant, 

7. Ce dicton manque dans le ms. i85o. 

8. Il va dans le ms. i83o, goutières. Le plsséiz 
étoitle bruit que faisoit Teaii en tombant dos gout- 
tières. 

9. Rechanéiz vient de recaner , qu'on écrivoit 
rechanery c'est le chant de làne. Il y a rechaneries 
dans le ms. 7218. 

10. Assommèis vient de assommer, formé de ad 
summum ire, atteindre le sommet , la partie supé- 
rieure. 11 exprimoit le son que rendoit le choc de 
la massue, portant sur l'armure du chevalier. 

1 1 .Ce dicton manque dans le ms. 1 83o. Frappéis, 
sfm rendu par une arme qui frappe. 

i3. II y a dans le ms. 7218, ulléis de leus, 

i5. Il y a dans le ms. i85o, pipéis d'oseax , et 
dans le ms. 7218, d'nisiaus, 

16. Lisez: escrois. Il y a dans le ms. 7:^18, ej- 
croistre de tonoirre. 



118 



CORRIXTIONS 1;T nECTlFICATIOJVS. 



TROISIÈME SÉRIE. 

Dictons servant à qualifier les passions portées au 
plus haut degré. 

OIV DISOIT: 



1 Avarisce de provoir e. 
îi Convoitise de moines 
blancs. 

3 Envie de moines ners. 

4 Orgueil de templiers. 

5 Boban d'ospitaliers. 

6 Mellée de ribaus. 

7 Descort de capitre. 

8 Riote dejugléor. 



9 Angoisse de lechëors. 

10 Desloiauté de plaideor* 

1 1 Mençonge de tainturier. 

12 Envie d'escuier. 

i3 Dangers de norrice. 
i4 Gloutonie de chapions. 
i5 Famine de poures 
clercs. 



I . Il y a dans le ms. i83o, avarice de prou^oire» 
Le prouvoire étoit alors le même ecclésiastique que 
nous appelons aujourd'hui curé. 

1. Il y a dans le ms. i83o, Mans, 

4. Il y a dans le ms. i83o, templier. Nous fai- 
sons remarquer ces différences , toutes légères 
qu'elles paroissent, parce que le ms. i83o est celui 
que l'éditeur a suivi. 

5. Il y a dans le ms. j 21 S, chetweté d'ospitaliers* 



PROVERBES ET DICTOWS. 119 

Je ne pense pas que hoban ait jamais signifié vanité 
et présomption. L'idée propre du mot hohan est 
eellede pompe, appareil. 

6. Il y a dans le ms. i83o, ribaut. r 

9. Ce dicton manque dans le ms. i85o. 

11. Mençonge de tainturier se disoit pour ex- 
primer un mensonge parfait, une contre-vérité. 

12. Il y a dans le ms. 7218, em^ie d'escuiers, 
i5. Il y a dans le ms. i85o, dang'. H faut lire 

{langer, ou dangier, dépendance où Ton est vis-à- 
vis dequelqu^un. 

14. Il y a dans le ms. 7218 , glouteriie de cham- 
pions. 

i5. Famine, faim, besoin de manger. 



QUATRIÈME SÉRIE. 

Dictons servant à qualifier les états ^ les professions 
et les hahitiuies de la France. 

ON DISOIT ; 

I Personnes de Rains. 7 Li garsilleor de Roani. 

1 Seignor dcLoon. 8 Li doneor de Lisiez. 

S Gîrvoise de Canïbrai. 9 Li jureor de Baiex. 

4 Buriers de Toroai. 10 Li sorcuid^é de Coulan^ 

5 Li privé de S. Denise. ces. 

6 Li esgaré de Teroannc. 1 1 Li cloislVier de Sanz. 



ISO 



CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 



12 Li poure orgueillox de 

Tors. 
i3 Li gentil de Liège. 
i4 Li enfrun de Toi. 
i5 Li damoisel d'Amiens. 
i6 La bachelerie de Beau- 

vez. 

17 Li bordeors d'Arras. 

18 La niencede Chaalons. 

19 Li chanteors de Sens. 

20 Li cler Nostre-Dame de 

Chartres. 

21 Li chanoine de Paris. 

22 La boule de Noyon. 

23 LaribaudiedeSoissons. 

24 Li cheitif deSenlis. 

25 Li borgois de Paris. 

26 Li cointerel de Troies. 

27 La croie de Mialz. 

28 Li souffleur deLimoges. 



29 Li perdriors deNevers. 

30 Li buvéor d'Aucerre. 
3i Li maistre de Lions. 

32 Li larron de Mascon. 

33 Li musartde Verdun. 

34 Li usuriez de Mez. 

35 Li poissonnier de Nan- 

tes. 

36 Li sonnéor d'Angers. 

37 Li papelart du Mans. 

38 Li mangeor de Poitiers. 

39 Li licheor de Borges. 

40 Li museur de Avran- 

ches. 
4i La moquerie de Chas- 
teau-Landun. 

42 Camus d'Orliens. 

43 Peletiers de Blois. 

44 Li souffleur de Limoges. 



I . Il y a dans le ms. i85o, persanes. 

3. Il faut lire cewoisé^ ou mieux encore cervoi" 
sier, comme dans le ms. 7218* 

4. Il y a dans le ms. jiiS, li burrier de Toenai, 

5. Prwé se disoit par opposition à étranger. C'é- 
toitl'homme en quelque sorte de la maison. Prwéû- 
gnifioit aussi particulier, individu ; l'homme consi- 



PROVERBES ET DICTONS. 



1â1 



dëré en dehors des classes et des rangs qui parta- 
gent la société. 

7. 11 y a dans le ms. y^iS, U giierseilieurs de 
Roem en Normandie, 

8. Il y a dans le ms. i83o, lisisies, 

i3. Ce dicton manque dans le ms. i83o. 

1 4. Des quatre explications recueillies par M. Cra- 
pelet, aucune ne me paroît convenir au mot enfrun^ 
qui est ordinairement employé dans le sens de gros- 
sier, d'un abord rude, désagréable, ce qui me porte 
à croire qu'il vient de infrons, sans feuilles , sans 
extérieur, sans apparence. 

i5. Ms. 7218, // damoisel du Mans. 

17. Ms. i83o, lihordeor d'Airaz, et ms. 7218, 
// behordeur d'Arras, 

18. Ms. 7218, // routier de Chaelons, 

24. Ms. i83o, li cheitif de Senliz. 

25. Ce dicton manque dans lems. i83o. 

27. Dans un endroitdu ms. 7218, il y a, li tro- 
teur de miaus, et dans un nuire y/ar?iine de Miaus, 

32. Il y a Masconi dans le ms. i83o. 

37. Ms. 7218, // esprengneur du Mans. 

59. Il y a dans le ms. i83o, // chieor de Borges , 
et dans le ms. 7218 , et lechieur de Bourges. Je 
présume qu'il faut lire dans ce dernier, le chieur 
de Bourges . 

40. Ce dicton n'est pas dans lems. i83o, et dans 
le ms. 7218, on lit : Esvranches. 

4i. M. i83o, Cheieau^Landon. Ce dicton ainsi 



12^ CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

que les deux suivants se trouvoient à tort dans la 
septième série. 

44. Ce dicton, qui est dans le ms. 7218, aété omis 
parM.Crapelet. 



CINQUIÈME SÉRIE. 

Dictons servant à qualifier les mœurs des peuples, et 
f>t) des habitants de quelques provinces de France. 

ON DISOIT : 

1 Li plus sage homme sont en Lombardie. 

2 Li plus sage marcheant sont en Tosquanne. 

3 Li plus engigneoren Sarrazienesme. 

4 Li plus trahitre en Hongrie. 

5 Li plus traiteur sont en Gresce. 

6 Li plus serf sont en Esclavonie. 

7 Li plus ireux sont en Alemaingne. 
^ Li plus apert home en France . 

9 Li plus sot en Bretaingne. 

10 Li plus enquerant en Normandie. Ou aliax ? que 
* queriax ? dont veniax ? 

1 1 Li plus belles femes sont en Flandres. 

12 Li plus bel home en Alemaigne. 
i3 Li plusgrant en Danemarche. 

i4 Li mieldre buveor en Engleterre. 

1 5 Li plus truant en Escoce. 

16 Li plus sauvage sont en Irlande. 



I 



PROVERBES ET DICTONS. 123 

1 7 Li plus ligier en Gales. 

1 8 Li meillor lanceor en Navarre. 

19 Li meillor sailleor en Poitou. 

20 Li meillor archier en Anjou. 

Il Li meillor prégalor sont en Espaingnc. 

22 Li mieldre jugleor sont en Gascoigne. 

2 3 Li plus courtois en Provence. 

24 Li plus renoié en Bourgogne. Et reni Dieu, se ne di 

voir. 
20 Li meilleur danseur sont en Loheraine. 

26 Li meilleur mangeur de rabes en Auvergne. 

27 Li plus roignoz en Limozin. 

28 Chevalier de Champaigne. 

29 Escuier de Borgogne. 

30 Serjant de Hennaut. / Jl o ! •- 
3i Champion de Eu. 

32 Vilain de Beauvoisin. 

33 Usurier de Cahorse. 

34 Mires de Salernes. 



1. Ce dicton manque dans le ms. i85o. 

2. M. 7a 18, // meilleur marcheant sont en Tos- 
cane. 

5. Ms. 7218, li plus engingneus en Sarrasinois, 

4. Ms. 7218, li plus larron sont en Honguerie, 

5, 6 et 7. Ces trois dictons manquent dans le ms. 
i85o. 

9. Ms. i83o, en Bretaigne, 

10. Ms. i83o, Normandie,,, que querieaXf^ic, 



154 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

Ms. 7218, li plus enqaerant en Normandie, quar 

Normand dient : qui estiaus ? ou aléaus? dont ve- 

neaus? 

1 1 . Ms. 7218, //" plus legier sonten Flandres, 

i5. Ms. 7218^ liplus grant homme sonten Dane- 
m arche, 

i5. Ms. 7218, // plus chetif homme sont en 
Escoce. 

16. Ne se trouve pas dans le ms. i85o. 

18. Ms. i83o, meUleor, 

19. Ms. 7218, li meillor saussier en Poitou, 
21. Manque dans le ms. i83o. , ♦ 

23. Manque dans le ms. i83o, et dans le ms. 
7218, il y a cortois, 

24, 25 et 26. Manquent également dans le ms. 
i83o. Ms. 7218, on lit : dansseur, au lieu de dan- 
seur, dans le 25, et mengeur au lieu de mangeur. 

2g. Ms. 1 85o, Borgoigne, 
52. Il y a Beaui^oisis dans le ms. 7218. 
33. Ms. i85o, Chaorse, ms. 7218, useriers de 
Romme, 



PROVEHBES ET Dlt:TO>S. 



\û: 



SIXIÈME SÉRIE. 



Dictons servant à qualifier les étoffes 



ON DISOIT : 



I Galioz de mer. 

'X Ceiidax de Luques. 

\\ Fustaîne de Plaisance. 

4 Camelos d outre-mer. 

5 Pailes de paine. 

6 Soie d'Aumarie. 

7 Penne d'Andresie. 

8 Drap blanc de Nicole. 
1) Elsquarlate de Gant. 

10 Estamine de Verdelai. 

11 Pers de Provins. 

11 Camelin de Cambrai. 



i3 Saie de Bruges. 
i4 Pers d'Ypre. 
i5 Bureax de Bernay. 
i6 Blou d'Abe ville. 

17 Dras d'Estanfort. 

18 Bife de Paris. 

19 Saie de S. -Denis. 
10 Sarges de Boneval. 
21 Tapiz de Rains. 

0.1 Toile de Borgoigne. 
23 Coififes de Compigne, 



I . Je n'oserois pas le garantir, mais il pourroit 
se faire que le mot galioz eût été employé pour dé- 
signer tout à la fois une espèce de chaussure, et une 
espèce de navire, ce qui auroit donné lieu à ce dic- 
ton, qui dans ce cas renfermeroit un jeu de roots. 

Je préviens du reste qu'il y a voit dans cette série 



i26 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

deux dictons entièrement déplacés, on les trouvera 
à la fin de la dixième. 

4. Ce dicton n'est pas dans le ms. i85o. 

5. Lisez '. païne, "pour paiennie. 
y. Ms. 7218 , pennes d'indesac, 

18. Ce dicton se trouvoitdans la série suivante. 
i5 et i/j. Ces deux dictons ne sont point dans le 

ms. i85o. Rapprochés du 1 1^ el du 19% ils parois- 
sent de trop. 

i5. Ms. i85o, harnei, 

16. Ms. 7218, hleu d' Ahei^ile , 

1 7. Ce dicton est tiré du ms. 72 1 8, où l'on trouve 
également : dras de Nicole, 

19. Ms. i85o, soie de S, -Denis, Suivoit un dic- 
ton d'autant plus déplacé qu'on le retrouve dans la 
io« série, où il est le 17*. 



SEPTIEME SERIE. 

Dictons servant à qualifier différents objets de service 
iï<yVM. ^^ métaux. 

ON m SOIT : 

I Hennas de Pon taillé. 3 Couteax de Pierregort. 

1 Coupes d'argent de 4 EspéedeCollogne. 

■' Tors. 5 HaichedeDanemarche. 



PROVERDES ET DICTONS. 127 

6 Rasoois de Guinguant. lo Coivre de Dinant. 

; Haubcrsde Chambelin. ii Fer de L'Aigle. 

8 Crucefix de Limoges. 12 Bains de Borbon. 

9 Heaume de Poitiers. i3 Voirre de Vendôme. 



I. Ms. i85o, Ponir-alUé, 

5. Après ce dicton, M. Crapelet en a mis deux 
que Ton ne trouve point dans le ms. i85o. Nous 
les avons placés à la fin de la 9'séiie. 

6. Il y a rasooir dans le ms. i85o, et rasoirs 
dans le ms. 7a 18. 

7. Manque dans le ms. i83o. 

9. Après ce dicton venoit : estamine de J^^erdelai, 
c'est le 10' de la série précédente. 

I I . Les trois dictons qui suivoient celui-ci sont 
à la fin de la 4' série. 

i5. Ce dicton étoit dans la série suivante après 
le 5*. 



^ 



HUITIÈME SÉRIE. 

Dictons servant à qualifier f es fruits et les légumes. 

ON DISOIT : 

1 Cliasteignes de Lom- a Porrée d'Arraz. 
hardie. 3 Fromage de Brie. 



128 



CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 



4 Vin (l'Aucoirre. 

5 Lin de Berisi. 

6 Poires de S.-Riule. 

7 Sablon d'Estampes. 

8 Menuise de Dordon. 

9 Fourment de Veugues- 

sin. 
ïo Pois de Vermendois. 



1 1 Aux de Gandeluz. 

12 Oignons de Corbueil. 

1 3 Raïz de Larchant. 

i4 Eschaloignes d'Estam- 
pes. 
i5 Moutarde de Digon. 
i6 Rabes d'Auvergne. 



1 . Ms. 1 83o , Lonhardie, 

2. Ms. i85o, porée. 

5, 7, 8, 9, lo, \(d, etc. Ces dictons^, au nombre 
de six, de même que trois autres absolument étran- 
gers à cette série, et que nous avons mis, l'un à la 
fin de la série précédente, et les deux autres à la fin 
de la série suivante, ne sont point dans le ms. ï85o. 



NEUVIÈME SÉRIE. 

Dictons sentant à qualifier les animaux les plus 
communs. 

ON DISOIT : 



1 Destriers de Castele. 

2 Asnes de Navarre. 

3 Roncins de Bretaigne. 



4 Muiez d'Arragon. 

5 Palefroiz norrois. 

6 Chiens de Flandres. 



PROVERBES ET DICTONS. 



1^9 



7 Cuir d'Irlande. lo Chapons de Lodun. 

8 Cordouan de Prouvence. 1 1 Pertris de IN e vers. 

9 Oes de Biausse. 12 Lièvres de Vergelai. 

8. Ms. i85o, cordoan, 

1), 10, II et 12. Ces quatre dictons se trouvoient 
les deux premiers dans la 7% et les deux derniers 
dans la 8* série. Nous avons déjà dit qu'ils ne se 
rencontroient point dans le ms. i85o. 



DIXIEME SERIE. 



Dictons sen'ant à qualifier les poissons, 



ON DISOIT : 



1 Aloses de Bord iax. 

2 Balaine do Baione. 

3 Barbiaus de Saine. 

4 Sèches de Coustanches. 

5 Harent de Fesquant. 

6 Lamproies de Nantes. 

7 Morue de Tarantes. 

8 Loches de Barsene. 

9 Saumons de Loire. 
lo Piiqicrniax d'Eure. 



1 1 Auguilles de Marne. 

12 Borboltes de Saint-Flo- 

rentin. 

1 3 Escreveices de Bar seur- 

Aube. 
i4 Luz deChaalons. 
i5 Troites d'Andelis. 

16 Ventoises d'Aise. 

17 Ëstujons de Blaives. 

18 Congre de La Rochcle. 

'MU? 

9 



130 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

2 et 5. Ne sont point dans le ms. i83o. 
5. Ms. i83o, harant^ et ms. 7218, harens de 
Feschamp, 

7. N'est point dans le ms. i83o. 

8. Ms. 7218, de Baserne, 

10. Ms. 'j^i^f piperniaus d'Eure, 

11. M. i85o, anguilesy et ms. 7218, angmUes 
de Marie. 

i5. Ms. i83o, de Bar y simplement, et ms. 
7218, crevices de Bar-seur-Aube, 

16. Ms. i85o, vendoises. 

17. N'est point ici dans le ms. i83o, mais on le 
trouve dans la & série. 

18. Ce dicton, qu'on trouve parmi ceux de la 6*^ 
série dans le ms. i85o, est placé dans celle-ci par 
le ms. 72ï8. 



ONZIEME SERIE. 

Dictons servant à qualifier les pâtisseries. 

ON DISOIT : 

1 Tartes de Dollens. 4 Pastés de Paris. 

2 Flaons de Chartres. 5 Tripes de S. Denis. 

3 Siminiaus de Blaiigi. 



PROVERBES ET DICTONS. fol 



4. Ms. I iSo, paste: 

5. Ms. 1 1 5o, seint. 



DOUZIEME SERIE. 



ON DISOIT : 



■G' 



I Ribauz de Troies. 4 V.t d'Espaingne. 

tî Pulainsde Provins. 5 C.llesdeLoherainffne. 

3 C.n d'Angleterre. 



3. Ms. i i5o, Prouifins. 
5. Ms. ii5o, Lorraigne. 



TREIZIÈME SÉRIE. 

Li quaresme cunchie l'anj Etli las loisel; 

El li vendredis la semaine ; Et li roisel le cosnin ; 

Et li chapitres Tordre ; Et la sui la meson 5 

Et li chaillos le fumier ; Et les lentes le chief ; 

Et li fumiers lavingne\ (i) Et la menoison les braies j 

Et la laupe le pré; Et le fars la putain. 

(1) Celle ligne est dans le manuscrit. 



132 CORRECTIONS ET RtCTU IGATIONS. 

Et le grant fais le vilain ^ Et la pénitaiice le deable ; 
Et le porescc l'asne; Et la mort honist tout le 

Et le pechié l'ame ; monde. 

Explicit concile d'Apostoile. 



LES CRTERTES DE PARTS. 

Pag. 127. — Blans et noirs de chaudière. 
Note 5. Noirs de chaudière bon teint. 
Le noir de chaudière étoit le noir artificiel, qu'on 
distinguoit ainsi du noir naturel. 

P. i3i. — Et de baterie. 
Note. Batterie de cuisine. 
Batterie signifioit chaudronnerie. 

P. i3i. — Filache... peloterie. 
Note. Lainejîléey pelleterie. 
Je pense c^q filache désignoitle fil en échevaux, 
et peloterie y le fil en pelotes, ou mieux encore les 
balles pour jouera la paume. 

P. i32. — Et pelles et vairs et îçris. 
Note. Pelleterie. 
Li pelles ou pailles étoit une étoffe qu'on tiroit 
d'Orient. 

P. 137. V. 12, — Oicz con crié au point du jor. 
Lisez : con, 
P. 139. V. 25. — Oi" i a oès^ or ans poriaus. 



I 



PROVERBES ET DICTONS. 133 

Lisez: oes, monosyllabe. 

P. 141 . V. 2. — Aus frères des pies deiuandenl. 
Lisez : pies y deux syllabes. 

P. 1-42. V. 6. — J'ai rais de Tarchant, rais 
Lisez : rcûs. 

p. 144. V» 8. — Cornilles meures^ cornilles. 
Lisez : meures. De même au vers 2 1 . 

P. 145. V. 7. — Aide diex de maiste. 
Lisez : aide diex de maîsté. 



DUN MERCIER. 

P. 149. V. 13. — J'ai chainetcs de fer bele^. 
J'ai bon es cordes a vieles. 
Lisez : chaînetes et vicies. 

P. 149. ▼. 18. — Mais quant les voi presque /lemuir. 
Lisez : me. 

P. 149. V. 20. — Trop m'ont ^/cjcrea mon chetel. 
Lisez: descréu. 

P. 150. ▼. 5. — J'&i les très ceintes aguillées 
J'ai gratuites à pelelées. 
Lisez: aguiliers, et peletiers y comme au ms. 

P. 150. ▼. 11 . — J'ai canpancles de mosticr. 
Note, de cou^^ens. Mostier signifie ici église. 

P. 150. V. 15. — J'ai lacez a lacier ior manges. 
Mettez un point à la fin de ce vers , et supprimez 
celui qui est à la fin du vers précédent. 



134 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

P. 150. V. 17. — J'ai bons cornez a trécoers. 

Lisez: trécoers. 

Au dernier vers de cette page, on lit dans le ms. 
j'ai de he heax etc. C'est une faute du copiste, he 
est de trop. | 

P. 151 / V. 1. — Et coiffes laceites beles< J 

Lisez : laceites. 

P. 1 51 . V. St% —y ai fers d'alênes as vors J 

Lisez : je ai. 1 

P. 152. V. 20. — Si ai boistes de mostier maintes. ^ 

Note. Boites /dites dans le couuents. 1 
Boites de mostier signifie boite à l'usage des 

églises, servant à mettre le pain à chanter. | 

P. 153. V. 8. — Rasoers, forces guignoëres. 

Je pense qu'il faut faire trois syllabes de rasoers, 
et trois seulement au lieu de quatre, de guignoeres. 

P. 153. V. 11. — Traineax, pignes, miréors. . 

Lisez : traïneax. 

P. 153. V. 21. — A faire jaunes lor toeles. 
Liiez : toeles, 

P. 154. V. 19. — Caboz tornéiz et pelotes. 
Note. Caboz tornéis signifie bourse. 

Caboz est ici pour sabot, espèce de toupie, et ca- 
boz tornéis signifie sabot qu'on fait tourner. 



PROVERBES ET DICTONS. 155 



f 



LE DIT DES aiARGHEANS. 

Lisez: marchéans.Be même dans toute la pièce, 
ainsi que marchéandiey marchéander. 

P. 160. ▼• 15. — Et couvreorset charpentiers. 
Lisez: couvréors. 

P, 160. V. 23. -— L'uns labore, l'autre viele. 
Lisez : viéle , trois syllabes. 

P. 164. V. 6. — De sui, d'oint, de miel, de sain. 
Lisez : sain. 



PROVERBES 

AU CONTE DE BRETAIGNE 

Ces proverbes sont précédés d'une espèce de glose 
ou commentaire, formant régulièrement six vers de 
six pieds. 

Le proverbe renfermé dans un distique de mesure 
inégale avec le refrain : « Ce dit le vilains. » com- 
plète la stance qui doit être de neuf vers. 



15G CORULCTIONS ET HE(.TlHCATIOWS. 

S. 2. — Qui dechiet, mal li cliict. 
Lisez : Qui déchiet, 
Malichiet. 

S. 3. — Ce dit H vileins . 
Lisez : vilains, 

S. 6. — Plus grevez nesserois. 
Lisez : nesserois, 

S. 8. — Ainz fait d'un domaige deus. 
Je pense qu'il faudroit lire : 
^inz de un fait (pnfé) 
Deus domagé, 

S. 9. 
Il manque trois vers à la glose de cette stance, 
dont le sens est incomplet. 

S. 10. — Mètre doit qui pienre vell. 
Je pense qu'il faut lire : 

Cil metrc doit, ou mettere doit, 
Qui penre velt, ou voit, 

S. 12. — Qui n'aime son mestier. 
Ne son mestier lui. 
Au lieu de lui, je pense qu'il faut lire : 

« Ne lui son mestier. » 

S. 15. — Soi meisme déçoit. 
Lisez: méisme, 

S. 17. — Bontez est une 

Beautez est autre. 
Lisez : Bontez une est 

Beautez autre est. 






i- .li 



PROVERBES ET DlCTOftS. ^ 57 

S. 19. —Qui tant sel fort est 
A engignier. 

Lisez : Qui tant fort set 
Engigniere est, 

S. 2. — Sa dete paie fox 
Quant fait folie. 

Lisez : Sa dete fox paît (pour paie) 

Quant folie fait, ^1 

S. 24. — Tiex à son <i!cji> 

Qui a son encoinbrier. 
Lisez: desirier, etc. 

S. 25. — Bien vaut y vre desvé. 
Lisez : Bien {vaut peut-être defé) 
Vi^re desifé. 
S. 26. — Musart ^«'espreuver. 
Lisez: que^ comme au ms. 

S. 27. -— De tel fait, tel retraif. 
Lisez : De tel fait 
Tel retrait. 

S. 30. — Nus n'est si posteis. 
Lisez : postéis. 

Qui plait si a 
Qui ne plaist rien n'a. 
Supprimez le mot rien. 

S. 31 . — Poi crient qui n'en sovient. 
Lisez : Poi crient y ou cil poi crient 

Qui n'en sovient. ^^^^ I 

S. 37. — Qui au deable doit aler. 
// rCa que demorer. 



.fi 



58 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

Lisez : il ne a, 

S. AQ. — Li fiiit jugeni l'orne. 
Peut-être faudroit-il lire : 

Nous jugeome 

Par lifait Vome, 

S. 41. — Onbre et défaut d'orne 
Est tout un. 
Je pense qu'il faut lire : 
Ombre et défaut 
D'orne est tout faux, 
S. 42. — Assez dort qui riens ne fait. 
Je pense qu'il faut lire : 
Dort assez, ou dois assez 
Qui rien f et y ou qui rien fez, 

S. 44. — Mauves est hom à tuer. 
Lisez : Maui^es ert 
Hom à tuer, 

S. 46. — Qui amende et empire 
Selonc les oirs. 
Lisez : oire ou bien empir et oir. 

S. 47. — Aése qui nuist. 
Lisez : aese, deux syllabes seulement. 

S. 48. — Li finiz qui ne meure. 
Lisez: meure, 

S. 49. — Qui plus empruntera 
Plus paiera. 

Lisez, je pense : Qui plus empruntra 
Ce plus paiera. 



PROVERBES ET DICTONS. 159 

S. 50. — Se iVie^LBubeneie. 
Lisez : hénéié. 

S. 51 . — Tuit voir ne sont a savoir. 
Lisez : Ne tmt voir 

Sont à saifoir. 

S. 54. — Quanque el cors. 

Lisez : quanquest el cors. 



PROVERBES 
DE MARCOUL ET DE SALEMONS. 

Il faudroit lire partout : Marcoul li responsy ou 
Marcol U respons, 

S. 5. — O soi quanquil a. 

Lisez : quanque il a, comme au ms. 

S. 6. — Et ventre engraisser 

Fait cainture alascher. 
Lisez: engroissieret alachier yComme au ms. 

S. 11 . — Morz mielz qu*ajsoagie. 
Vorroient tex saigie 
Lisez : assoagié et saigié, 

S. 14. — Quant dame est déceue 
C'est sans desconneue. 

Lisez: décéuéet desconneue. 



140 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS 

S. 15. — Povre hom soffroiteus. 
Sont sovent cofoùeux. 
Lisez : soffroitos et coi>oitos, 

S. 21 . — Fox giet pierre dure 
Lisez : giéï. De même st. 12, giète, 

S. 22. — Parmi les plains granz sanz. 
Lisez : sax, 

S. 23. — N'a viel enuoiseure. 
Lisez : envoi séure. 



CEREMONIES 

DES GAGES DE BATAILLE, 

FAITS PAR QUERELLE. 



La première ligne de ce volume renferme deux 
inexactitudes que Ton pourra facilement corriger en 
jetant les yeux sur le fac-similé qui est en regard. 

Les notes qui sont au bas des pages 4> 5 et 1 1, 
donneroient lieu de penser que du Gange, de Lau- 
riére, et les autres dont il est fait mention, n'ont pas 
su lire le manuscrit qu'on reproduit ici. Il auroit 
été peut-être plus conforme à la vérité de dire que 
ces savants paléographes avoient eu sous les yeux 
des mss. incorrects, car celui-ci est écrit d'une ma- 
nière si lisible, qu'il est impossible à l'homme le 
moins exercé, d'y prendre un mot pour un autre. 

Dans l'ordonnance attribuée à saint Louis, on 

rencontre en plusieurs endroits des i pour des y, et 

des u pour des v; ce qui est doublement mauvais, 

d^abord , parce que l'éditeur n'a pas suivi constam- 

_ ment cette orthographe, et ensuite parce qu'elle ne 



14i2 CORRECTIONS ET RECT1FÏCAT10^S. 

pouiToit être tolërable que dans le cas où l'on se 
proposeroit d'offrir au public un exemple de la 
manière dont on orthographioit alors. 



CORRECTIONS. 

p. 3. — Nous avons nostre defiFense dessus- dicte 
aitrempée. 

Note. Réglée, disposée. 
Ce n'est ni l'un , ni l'autre. Attremper signiûoit 
proprement modérer, adoucir. Le roi dit qu'il a 
adouci, modéré la sévérité de l'ordonnance, par la- 
quelle il défendoit toute espèce de gages de bataille , 
en permettant ceux faits par querelle, 

P. 7 . — Doit. . . faire sa retenue de conseil d'armes^ 
'^ff ?> ' de chevaulx et de toute autre chose nécessaire etc. 
Ici, et à la page 9, il faut mettre une virgule en- 
tre de conseil , et d'armes. Le conseil des cham- 
pions étoit ce que nous appelons aujourd'hui les té- 
moins. L'ordonnance dit que le champion fera 
choix du conseil qui doit l'assister , des armes dont 
il doit se servir , etc. 

P. 9. — Sur la peine d'estre réputé pour récréant. 
Note. S' ai^ouer vaincu. 
Être récréant , c'étoit proprement retirer sa 



GAGES DE BATAILLE. 145 

créance. Avant le combat, chaque champion foi- 
soit une allëgation qu'il s'engageoit, non seulement 
à soutenir, mais même à faire adopter pour vraie, ce 
qui ne pouvoit avoir lieu qu'autant que l'adver- 
saire, poussé à bout, renonçoit à la sienne, etavouoit 
qu'il lui avoit faussement donné sa créance, 

P. 9. — ' Bons et souffisans pièges. 
Note. Gage, caution. 
Le piège étoit ce que nous appellerions aujour- 
d'hui un répondant, un homme qui s'obligeoit soli- 
dairement à en reproduire un autre à jour fixe et 
déterminé. 

P. 18. — Par mauvais art et briefz charroiz, etc. 

Notai. Brefs, brevets, — Notes. Chariot pour 

charmes y enchantemens, par allusion au chariot 

du roi Artus^ qui, selonles récits populaires, tra- 

versoit les airs pendant la nuit. 

Le brieféioitf si je ne me trompe, une formule 

magique, que l'on pouvoit porter avec soi ; et le 

charroiz, mot qui, je crois, vient de carmina, étoit 

une opération magique. 

P. 23. — A tout les gantelez. 
Note. Avec. 
A tout, littéralement ai^ec tout, c'est-à-dire, les 
mains armées de leurs gantelets. 

P. 49» — Quant un chevalier ou cscuier est saige 
et froit. 
Lisez : saige et droit. 



144 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

P. 54. — Une petite esquerre. 
Ici, à la page 5g et à la page 61, il faut lire es- 
quellcy qui s'écrivoit quelquefois pour eschelle. 

P. 58. — ' Misdrent aux honneurs. 
Note. Mirent^ envoyèrent de misir, 
Misdrent est la troisième personne d'un des pré- 
térits du verbe mettre. On disoit: je mis, tu mis, il 
mist, nous mismes, vous mistes, ils mistrent ; quel- 
ques copistes écrivoient misdrent, 

P. 72. — Il se tome. 
Lisez : troiwe. 



LE COMBAT 



DE TRENTE BRETONS 

CONTRE TRENTE ANGLOIS. 



Pour nv pas mulliplier nos correct ions, nous 
nous bornerons à faire remarquer ici que l'éditeur 
a fréquemment substitué des s aux z qui sont dans 
\ems,, et que, quoiqu'il ait rempli quelques-unes 
des abréviations, il a constamment reproduit les 
autres. 

On rencontre dans ce ms, plusieurs corrections 
(jui semblent avoir été faites par le copiste lui- 
même. 

Il n'est peut-être pas inutile dédire que la forme 
des caractères gothiques employés par l'éditeui", n'a 
aucun rapport avec l'écriture du ms. 

i■■^ -; Ml ;;* i'! J* 



146 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 



CORRECTIONS. 

§ 1 . V. 7. — Listoire en est vraie, et les dix en sont bons. 

Note. Discours, sentences. Dix est le pluriel de 
dit y qui signifioit vers, et pièce de vers. 

§ 1 . V. 11 . — Sy sesbatront souuent gentilz bons et clarions. 
Lisez : souvent, et clarjons. 

§ 2. V. 1 . — Bons dix quant ilz sont bons et de bonne cen- 

[tence. 
Ms. Boune. 

§ 2- V. 3. — Pour oïdr et escouter y maitent leur entente. 

Il faut, pour la mesure, faire à'ouir un monosyl- 
labe. 

§ 3. V. 6. — Que menues gens de ville ceulx qui gaingnent 

[lible. 
Menues, deux syllabes. 

§ 3. V. 1 9. — Ly un estoit un chesp et ly aultre ferre. 
Lisez: em chesp. 

§ 3. V. 20. ^ — Ly autre egressillons et ly aultre en celé. 

Il faut lire es gressillons. Ms. aultere , c'est une 
faute de copiste. 
§ 5. V. 5. — Le fait et l'entreprinse maistrey ny a celée. 

Lisez ; maistre y. 



L£ COMBAT DES TRENTE. 1^(7 

§ 6. V. 8. — Ases em parlera on en roiaulme de France. 
Lisez: ase. 

§ 6. V. 10. — Beauneront dit les nobilles barons. 
Ms. Bëaumaner ont dit lez. 

§ 6. V. 12. — Dient a Biaumaner nous y yrons volontiers. 

Ms. Dient a Bëaumaner nous nous y yrons vo- 

[lentiers. 

On a supprimé un nousy il falloit aussi suppri- 
mer j. 
§ 7. V. 4. — Gaiire de la Marche sera mon compaignon. 

Ms. Guille , pour Guillem. Faites la même cor- 
rection partout où de besoin. 
§ 7. V. 5. — Et Robin Raguenel en non de saint bon. 

Note. Ms. ennouy au lieu de huon. Il y a dans 
le ms. : en non de saint yon. 

§ 7. V. 7. — Messire GuifFrai de Bones qui est de grant re- 

[non. 

Il y a un pied de trop. Il faudroit lire : messir. 

De même au vers suivant, et § 12, v. 5; § 24, v. 

9; § 28, V. 8; § a)5, V. 12; § 3a, v. 11, et ailleurs 

si la mesure l'exige. 

§ 9. V. 2. — GuiSraï Poulart morisce de Trisquidy. 

Il manque un pied. Mettre un et entre Poulart 
et Morisce. 

§ 11.V.1. — Or a cboisy Beaumanoir tout son nombre. 

Lire : ore a cboisy Beaumanoir etc.^ sans ëlision. 
§ 11. V. 5. — Et à le^s anemis auoit Dieu tele encontre. 



148 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

K Note. Envoie. » y^i^oit vient du verbe avoier; 

conduire, diriger. 

§ 12. V. t. -— Mons Robert Bomcbourc a chois/ d'aultre 

[part. 

Ms. choysy. Lire: messir, diulieu de mons, 
§ 15. V. 18. — Et Gaule lalmant h\xehme le vilart. 

Lisez: l'allemant. 
§ 1 2. V. 26. — Et Ruoulet daspremout dardaine fu le quart. 

Lisez: Raoulet, deux syllabes. 
§ 15. V. 7. — Moult en ara grant joie de France le bernage. 
Note. A S S emblée de barons , Bernage y noWesse. 
§ 16. V. 1 1 . — Et chascun jure t)ieu qui lions fist ensimage. 

Lisez : en s' image ; à son image. 

§ 17. V. 5. — Lui et sez compaignons pie ny en demourra 

[vis. 
Lire : nen, ou faire de ny en une seule syllabe. 
§ 18. V. 5. — Je croy bien ameniente que tu es defalu. 

Lisez: à m'entente. 
§ 19. V. 2. — Remuons ceste journe'e et soit ariere mis. 

Un pied de trop. Lire : Remisons, De même liri : 
liemifer, au § 21, v. 4. 

§ 25. V. 9. — Chacun jure Dieu le filz sainte Marie. 
Lire . Dieu, deux syllabes. 

§ 24. V. 5. — A la premieie fu grant le desconfort. 

Manque un pied. 
§ 25. V. 2. — Caron de Bosctêgas fu du mariel eonfondii. 

Pour la mesure lire : Bosd'gas. 



LE COMBAT DES TRENTE. i 49 

§^. V. 1. — Grande fu la bataille en my la prari». 
Je crois qu'il faut lire: praérie, quatre ^^llaoes. 

§ 26. V. 14. — Que Englois la compereront ains loeure de 

[coniplie. 

Lire : qu'Englois raeomperont. 
§ 26. V. 36. — Jusques en la cervele lai a le fer embatii:^ 

Supprimer lui om le, ou syncoper, faisant de lui 
et a une seule syllabe. 
§ 27. V.8. — Il gist gueule bee mort et enverses. 

Manque un monosyllabe avant mort. 

S 27. V. 17. — Toux trois estoient prisonniers à Bomcbourc 

[ le devez. 
Lisez: prisons. 
§ 27. V. Ao. — Et le fiert d'uue lance sy qu'il la aconcheu. 

V Note. Rejoint. » Aconcheoir ou acconebeuir 
signifioit atteindre. 
§ 28. V. 4. — Après demoura dam crucart laleraant. 

Manque un pied. 

§ 28. V. 11. — Et dient venions Bonicbourc ure loial amant. 

Oient ^ monosyllabe. Lisez : venjons. 

§ 28. V. 16. — La comenclia un chapple moult cruel et moult 

[dolent. 

Lisez: cruel, monosyllabe. 
S 2». V. 20. — Et dardai ne da derains ly couuelt soudoiant. 
Da pourroit être une faute du copiste. 

S 29. V. 3. — Ce fu a un semmcdy que le soleil roya. 

Lisez: semmdy, - 



150 CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS. 

§ 30. V. 2, — My voie de Josselin et du chasteau da Pelmel. 
Un pied de trop. Supprimez du. 

§ 30, V. 10. — Jamais ne mangera de miche ne de gastel. 

Supprimez de, 
§ 32. V. 24. — De la bataille des trente qui ivifete sans per. 

Lire : bataill'. Ms. faicte. 



I 



LES DEMANDES 



11 se rencontre dans cette publication quelques 
incorrections, telles que : loustemps, pour tous- 
temps, mesdicies, pour mes dictes; cestassaifoîr, 
pour c'est assavoir, etc. Le lecteur pouvant lui- 
même en faire le relevé, nous n'avons pas jugé à 
propos d'en former un errata, qui du reste auroit 
été fort court. 



HISTOIRE 
PAR OLIVIER MAILLARD. ^ 



L'orthographe que l'on a adoptée pour cette pu- 
blication a cela de particulier, qu'elle n'est con- 
firme ni à celle du temps où écriypit l'auteur, ni à 
celle des plus anciennes éditions, ni à celle qu'il 
convient d'employer en ce moment. Sous ce rap- 
port , l'Histoire de la Passion auroit besoin d'être 
entièrement revue et corrigée. 



VERS SUR LA MORT, 

PAR THIBAUT DE MARLY. 



Cette publication, comme toutes celles qui ont 
été préparées par Méon , est exactement conforme 
au ms. qui, étant lui-même fort correct, ne nous a 
guère offert que deux ou trois fautes que nous si- 
gnalons ici. 

P. 9. — Plus ïempuet mesavenir. 
Lisez : Vem puet. 

Dam riens nequic meffaire. 
Lisez : quid\ 

Se por vous plaig et sosplr. 
Lisez : plaing. 



LETTRES 

Bi m^mm mu 

A ANNE BOLEYN. 



On trouve , dans l'histoire en vers d'Anne Bo-^ 
leyn, quelques c employés pour des t, deux ou trois 
fautes d'impression , et cinq ou six vers défectueux 
que nous n'avons pas jugé à propos de collationner 
avec le ms,, mais que nous croyons devoir indiquer. 



V. 175. Un pied de trop, lire peut-être : ordon* 
V. 186. Et qui, lire : et il. 
V. 186. Esbagisy lire : esbahis. 
V. i^^. ScituationyliTÇ^: situation. 
V. 195. S'absoulzy lire : se absoulz. 
V. 2o5. Un pied de trop, Wtq^: fair , ou bien 
supprimer le mot grand, 

11 ne nous a pas été possible de nous procurer le Tableau 
de mœurs au 9*^ siècie, ou ta cour du roy HoivH-tc-hon. 



TABLE. 



Pagei. 

Discours sur les publications littéraires du moyen-âge. 1 
Le roman du châtelain de Coucy et de la dame de 

Fayel. -45 

Partonopéus de Blois. 70 

Poe'sies morales et historiques d'Eustache-des-Champs. 86 

Le Pas de la Bergère. 1 07 

Proverbes et dictons populaires. HJi- 

Cérémonies des gages de bataille^ faits par querelle. 141 

Le combat de trenie Bretons contre trente Ânglois. 145 
Les demandes du roi Charles VI, et les réponses deSal- 

mon. 151 

Histoire de la Passion de J.-C, etc. 152 

Vers sur la mort, par Tliibaud de Marly. 153 

Lettres de Henri VIH à Anne Boleyn. 1 54 



rin DE LA TABLE. 




PQ Prompsault, Jean Henri Romain 
2383 Lettre à Monsier Crapelet 
P76A68 
1835 



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